‹ TournyChapitre 421 sur 494 · V. — Périgueux · texte numérisé non relu

V. — Périgueux

A Périgueux, Tourny avait perdu l'espoir. de mettre d'accord les consuls élus et Je sieur Dambois, maire titulaire et perpétuel qui avait acquis l'office en 1743, au prix de 35000 livres. Suivant une ordonnance de l’intendant, datée du 5 août 1749, les gages du maire avaient été fixés à 901 livres 2 s. 6 d., déduction faite du dixième. Ils avaient été payés au maire une seule fois, le Corps de ville ayant presque aussitôt contesté les préroyatives du sieur Dambois. Entre le maire et les consuls, le procès continua d'année en année ?. A

Dans les derniers mois de 1750, l'affaire du Terrier le it un

moment perdre de vue. Comarrieu avait réclamé l'hommage au

1 À D. Gr, .C 469,9 avril 1756, lettre dé, Fourny. 20 sieur Sauret, de la subdé-

égation do Sarlat, minute. | 2, Pour la suite de l'affaire, voir l'arrêt du Conseil du 24 janvier 1796, À, N., E 2357.

roi pour le comté et baronnie de Périgueux, banlieue, appartenances et dépendances. L'assemblée générale des habitants convoquée pour en décider ne fut pas assez nombreuse ! Comarrieu fit alors procéder par saisie féodale sur les domaines non avoués. Le maire, le Corps de ville et les bourgeois se mirent d'accord un moment pour intervenir auprès de l’intendant, afin qu'il engageât Comarrieu à surseoir aux poursuites ?,

Ce péril une fois écarté, la zizanie reprit de plus belle à Phôtel de ville, Les sept consuls élus le 14 novembre 1751 refusèrent de prêter serment. Le 4 décembre, Tourny rendit une ordonnance pour les y contraindre. L’ordonnance parvenue à Dambois, fut par lui renvoyée, sans qu’il en fit aucun usage. Le Conseil prit alors un arrêt, le 28 janvier 1752, pour confirmer l'ordonnance et pour attribuer à l’intendant la connaissance des contestations nées et à naître, entre Dambois et les Consuls 5.

I semble bien que Dambois préférât la justice du Parlement à celle de l’Intendance. Il portait sans cesse à la Cour souveraine les procès qu'il intentait à la Communauté 4, La matière était d’ailleurs si ingrate, que Tourny ne se pressait pas d'intervenir. En vain le ministre lui remontrait-il l'arrêt du 28 janvier 1752, et le pressait-il de liquider une bonne fois toutes ces querelles par un acte d'autorité 5. Finalement, le Pouvoir central dessaisit Tourny par un arrêt du Conseil daté du 19 juillet 1755, qui renvoyait au Parlement de Bordeaux toutes les contestations entre le maire et les consuls de Périgueux, concernant l'exercice de leurs offices t.

L'affaire n’en fut pas plus avancée. La ville continua de s’en-

1. Len est rendu compte dans le procès-verbal de Ja délibération du Corps de ville, en date du 12 mai 1750, A. C., Périgueux, B B 30.

2. Voir la délibération du 30 juillet 1750, A: C., Périgueux, B B 31.

3. À. N., E 2319, 28 janvier 1752, arrêt du Conseil. En vertu de cet arrêt, l’ordonnance de l’intèendant rendue le 4 décembre 1751 fut enregistrée le 4 avril suivant, À. C., Périgueux, B B 36. L

4. M. de Baudry, intendant des finances, en informe Tourny dans une lettre du 12 août 1752, A. D., Gir., © 7928. :

». Voir notamment la dépêche ministérielle adressée à Tourny, le 12 février 1754, A: N:, O1 510, è

6. AN, E192847 19 juillet 1755, arrêt du Conseil. L'intendant. s'était contenté d'adresser à Saint-Florentin un mémoire sur la question, daté du 5 octobre 1754; À. D:, Gir., C 415. Saint-Florentin dessaisit sans doute l'intendant, dans l'intention

de restreindre sa compétence, et peut-être aussi comme par punition de.sa prétendue négligence

Page 1