‹ TournyChapitre 59 sur 494 · II. — La Gestion du Patrimoine · texte numérisé non relu

II. — La Gestion du Patrimoine

Le futur intendant commence d'appliquer ses précoces talents à la gestion de son marquisat.

Ce marquisat était un beau domaine de 240 acres, auquel se rattachaient 17 fiefs nobles et 6 en roture, situés entre Vernon, Pressagny et Tourny, les uns dominant la vallée de la Seine, les autres épars sur l’étendue du plateau. Les raisins müûrissaient aux espaliers de Pressagny; la forêt de Vernon était riche en essences ; le blé poussait dru; le chanvre était abondant; les pommiers étaient partout chez eux, en forêt, dans les vergers, dans les champs et sur le bord des routes. Les villages cecupaient les carrefours. Le chef-lieu avait donné son nom au marquisat. Avec ses sept cents habitants, Tourny était moins qu’une ville; mais ses marquis étaient fiers de leurs droits seigneuriaux, de leur pressoir, de leur moulin banal, de leur château qui avait eu l'honneur d’être le quartier général d'Henri IV, au cours des opérations du siège de Rouen.

Le père du futur intendant s’était montré, dans la gestion du marquisat, tel qu'il était à l'ordinaire, cupide, äâpre au gain, dur et même malhonnête. Il n'avait pas craint de dépouiller plusieurs de ses tenanciers pour arrondir ses biens. Il avait traîné en justice une veuve et ses jeunes enfants; il les avait trompés odieusement, et il avait ainsi mérité d’être dénoncé à son tour par ses. victimes comme un mauvais seigneur.

Quand il mourut en 1726, ceux qu’il avait spoliés se retournèrent vers son fils avec la plus grande confiance. Le marquis, tout en défendant ses intérêts dans la limite de ses droits, trouva moyen de garder à travers les procès sa réputation intacte, d’imposer le respect, et même de se faire aimer.

Tout le temps qu’il résida à Tourny ou à Paris, il consacra au marquisat les meilleurs de ses soins. Il fit arpenter son domaine,

SX: P., Étude Delestré. contrat de mariage de Tourny.

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