PREFACE
faits et de choses, qui savent encore asse; faire revivre le passé pour le faire apprécier.
Ce premier travail a, depuis, été retouché et complété ; nous l'avons aussi enrichi de quelques illustrations, qui ne pourront qu'ajouter à l'intérêt du livre, et mieux fixer ce cju'il veut faire revivre.
Séez. le 10 novembre 1911, trente-troisième anniversaire de notre installation à la cure de Tourouvre.
ET
SES SOUYKNIRS
L'nccupation gauloise. — Un tumulus sur le territoire de Tourouvre. — Ce que contenait l'urne funéraire qu'il renfermait.
— Funérailles solennelles de ce temps. — Fioles à parfums.
— La fabrication du verre. — Deux statuettes de divinités païennes. — Ce qu'elles représentent.
Sur ce coin de sol régional, auquel Tourouvre appartient, aux temps préhistoriques, l'ère des révolutions géologiques, close depuis longtemps, avait laissé à la nature de faire son œuvre, pour donner à chaque pays son cachet propre. Les agglomérations importantes n'existaient pas alors ; la forêt et les marécages se disputaient la plus grande partie du sol. La forêt, surtout, avait prépondérance ici : sa densité sombre semblait farouche au voyageur et presque impénétrable à l'envahisseur: mais elle abritait, à côté de vastes réserves de gibier, une population humaine assez nombreuse.
Trop nomades, alors pour imprimer trace de leur passage ou de leur court séjour, ces populations n'ont point laissé après elles de ces débris de civilisation, qui puissent nous éclairer d'une manière précise sur leurs mœurs et leurs usages.
Au VIe siècle avant Jésus-Christ, les Celtes, venus de la Frise et du Jutland, s'emparaient de la Gaule, et, par leur fusion avec la population survivante à leur conquête, devenaient eux-mêmes Gaulois. « C'était une espèce superbe d'hommes, à la l'ois douce, brutale, naïve et puissante, aux statures élevées, aux corps blancs et mous, aux chevelures blondes et aux yeux bleus (i). »
Souvent sollicités par leur humeur vagabonde, par leur amour des héroïques prouesses, et aussi par ce qu'ils entendaient dire de la douceur et de la fertilité des régions méridionales, plus d'une fois, ils tentèrent fortune de ce côté.
Mais, malgré tout, la grande majorité des Gaulois resta en Gaule et s'y fixa à demeure. C'est ainsi qu'ils formèrent des tribus, dont chacune occupait un pays distinct, d'où la tribu des Carnutes, à laquelle appartiendra Toiirouvre. C'est eux qui nous donneront ici la première trace d'un monument de main d'hommes.
A l'une des extrémités du territoire actuel de Tourouvre, au fond d'un ravin inculte et solitaire, au pied d'une colline assez accentuée, près de l'étang de la Fonte, exista, jusqu'à la fin du siècle dernier, un tumulus gaulois. Le poids du temps l'avait comme déprimé, mais, pourtant, il offrait encore, au-dessus du niveau du sol, dans sa forme
i Histoire de la Gaule, par Camille Juixian, membre de l'Institut.