‹ Tourouvre et ses souvenirsChapitre 3 sur 13 · L OCCUPATION GAULOISE · texte numérisé non relu

L OCCUPATION GAULOISE

ovale, environ trente pieds de long, sur vingt de large, avec à peu près deux mètres d'élévation. Dans ces derniers temps surtout, on l'eût dit comme affaissé sous la pesanteur des siècles.

C'est ce témoin des âges lointains, si longtemps muet, que nous devons tout d'abord interroger, pour connaître quelque chose de la vie de ces temps reculés.

Un jour, il y aura bientôt de cela quarante ans, de témoin muet il devint singulièrement parlant, sous la pioche du démolisseur, qui s'unissait alors à la faux du temps pour le faire totalement disparaître. Mais, avant de céder aux efforts du destructeur, ses entrailles entr'ouvertes rejetteront au dehors ce qu'elles recelaient depuis des siècles.

L'urne funéraire que ce tumulus renfermait se trouvait, en effet, presque à fleur de terre, sans aucune dalle ou maçonnerie pour la protéger. Aussi l'instrument du destructeur heurta facilement cette urne, et, comme ses coups étaient portés sans aucune précaution, elle céda sans peine sous leurs atteintes, et s'en alla en morceaux avec ce qu'elle renfermait. Mais, sitôt qu'elle fut brisée, il s'en exhala un parfum qui embauma l'air assez longtemps. J'ai recueilli ce témoignage de la bouche même de celui qui fit cette découverte (i). Quelles étaient la forme et la dimension de ce vase ? Sa destruction et l'éparpillement de ses fragments n'ont

*(i) Ce fut un brave homme du nom de Privé, mort aujourd'hui, maihabitant alors le village de Mézières. Il s'était rendu acquéreur de ce petit coin de terrain pour l'exploiter. Sans attacher grande importance .1 sa découverte, il en remit simplement les objets découverts à M. 1 abbé Burel, alors curé d'Autheuil, et qui aimait à collectionner les antiquités. C'est de ce dernier que nous les tenons, et nous les destinons au Musée de la Société percheronne, dont le siège est à Mort.igne.

pas permis de pouvoir le préciser. 11 semblait être double, car l'extérieur était d'un grès rouge fort grossier, tandis que l'intérieur était de terre brune.

Son contenu, surtout, était d'un réel intérêt, car, au-dedans de cette urne, se trouvaient deux statuettes, avec deux fioles en verre, de teinte bleu verdâtre. Tout cela était mêlé à une certaine quantité d'ossements calcinés. Au-dessous de son anse, assez fortement accusée, l'une de ces fioles portait ces caractères, qu'il est difficile d'expliquer aujourd'hui : VV. WC. Quant aux deux statuettes, nous les étudierons plus en détail tout à l'heure.

Ces ossements calcinés attestent bien que l'on se trouve ici en présence d'une de ces antiques sépultures que l'estime publique d'une population ou l'affection d'une famille notable aimaient à décerner à un défunt de marque (i). Fut-ce un guerrier? C'est possible. Mais, pourtant, l'absence de toute espèce d'armes dans cette sépulture nous porterait à en douter.

Quelques lignes, extraites des Coutumes et cérémonies observées par les Romains, nous font connaître les usages de ces temps pour certaines funérailles solennelles.

« Pour brûler le cadavre, on élevait un bûcher en forme d'autel ou de tour, construit avec du bois fort combustible, autour duquel on mettait des cyprès. Quand on était arrivé au bûcher, on y plaçait le corps, qu'on arrosait des liqueurs les plus précieuses, et les plus proches parents y mettaient le feu en détournant le visage. On y jetait aussi les

i Nous possédons une poignée de ces ossements : ils nous ont été remis par M. l'abbé Burel, qui les avait lui-même recueillis sur place, au moment de leur découverte.

Fiole à parfum trouvée dans le tumulus de Mézieres

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