LE VAUDEVILLE, ARLEQUIN
arlequin , sortant en se bouchant les oreilles. Ah! les barbares !.. . les barbares !. . . la salle n'y résistera >)as.. . Je conçois qu'on ait pu faire tomber une ville au son !e la musique.. . si elle ressemblait à celle-là.
Eh bien , Arlequin ?
ARLEQUIN
Sangodémi ,que vois-je? . . Ali! cette fois , c'cs tbienui c'est mon petit maître, que je suis aise de vous voi r ici ,hi lu, hi.
Eh bien , tu pleures !
arlequin, pleurant.
Quand vous saurez que la salle.. .
LE VAUDEVILLB.
Eh bien ! est-ce qu'elle ne serait pas terminée ?
arlequin, pleurant toujours.
Au contraire, j'ai arrangé ça pour le mieux.. . nous aurons des galeries , des balcons et des loges. Air : A soixante ans.
C'est en tremblant qu'à tous les yeux j'expose Ce simple essai de mon faible talent; Ce que j'ai faitseraitbien peu de cbose , Sans le secours d'un plus bel ornement. Et chaque soir, quand vous verrez nos places, Doublant d'éclat , offrir à l'œil ravi Mille beaute's disputant à l'envi Et de jeunesse et d'attraits et de grâces : Le beau spectacle !
le vaudeville , regardant les loges.
Ah! je le vois d'ici.
Il n'y a pas de quoi se désoler.
arlequin, de même.
Ça n'est pas ça.. . Cette salle que j'ai rebâtie, en conscience, quoiqu'architecte. . . eh bien !. . elle est pleine. Déjà !. . . ma foi, tant mieux.
arlequin.
Elle est pleine d'étrangers qui veulent s'en emparer.
Serait-il possible ?
ARLEQUIN
Monsieur Saint-Martin, monsieur l'Ambigu, madame la Gaîlé, le café d; 'Apollon , les Ombres Chinoises.. . jusqu'à monsieur VOde'on qui vient d'arriver appuyé sur la Petite Rose.... Ils se disent tous de la famille.
Si nous sommes parens. . . c'est d'un peu loin.
ARLEQUIN
Et ils veulent partager la succession.
Comment , de mon vivant. . . un instant, Messieurs. Air du vaud. d'Angélique etMelcour.
Pourquoi prenez-vous mes bons mots ?
% Vais-je prendre vos mélodrames ?
Pourquoi prenez-vous mes pipeaux.?
Vais-je prendre vos fers, vos flammes ? Bornez-vous à peindre à nos yeux :
L'horreur, la haine , l'épouvante , Et ne chantez qu'aux jours heureux Où toute la France chante.
ARLEQUIN
Eh puis, tout-à-1'lieure encore j'ai vu une poissarde et un malin.. . qui disaient qu'ils s'appelaient les Fariétés.. . et ils viennent de se faufiler par la porte des acteurs.
Oui, cette porte-là. . . leur a souvent réussi.. . Passe encore pour eux , du moins ils sont gais.
ARLEQUIN
Mais vous ne savez pas. . . ils couraient un grand danger.... ils étaient poursuivis par des gens à pied qui avaient dea éperons et des moustaches.- . et ils venaient emprunter au "Vaudeville des armes pour se défendre.
Dès que c'est pour rendre service au voisin, on peut laisser un peu empiéter sur ses droits, mais pour les autres nous en ferons justice.
chœur , en dehors.
Air : Un moment.
Gai , gai , soyons fous ,'
Gai , gai , gai , divertissons-nous ;
Gài , gai , soyons fous ,
Nous sommes chez nous.
ARLEQUIN
Tenez, c'est une scène de vaudeville qu'ils répètent, je vois d'ici des soldats.
Et si j'avais là ma troupe.
chœur des acteurs du Vaudeville , qu'on entend en dehors f du côté opposé.
Air de la Boulangère.
Enfin nous sommes de retour
Dans notre cher asile :
Par nous la folie et l'amour
Yont ranimer la ville j
Plus de tristesse , plus d'ennui :
Voilà le Vaudeville
Chez lui , Voilà le Vaudeville.
ARLEQUIN
Ce sont eux.
Nous sommes sauvés.
Air de la Boulangère.
Entendez- vons ces chants joyeux?
Fuyez de mon asile , Fuyez, mélodrame ennuyeux ,
Fuyeux troupe iuhahile :
Chacun chez soi rentre aujourd'hui :
Voilà le Vaudeville
Chez lui , Voilà le Vaudeville.
{Il entre en frappant sur son tambourin.)