‹ Toussaint Louverture, poëme dramatiqueChapitre 13 sur 65 · TOUSSAINT, LE PÈRE ANTOINE · texte numérisé non relu

TOUSSAINT, LE PÈRE ANTOINE

TOUSSAINT dépose les papiers snr la table et lit d’abord l’adresse de la lettre, pais il l’ouvre, court de l’œil & la signature et s’écrie en élevant la lettre avec orgueil dans sa main.

Bonaparte!

LE MOINE

Qu’un nom a sur nous de pouvoir!

Lui, le premier des blancs, moi, le premier des noirs l Ta fierté jusqu’ici n’était pas descendue

Jusqu'à prendre la main que je t’avais tendue! Mais puisqu’il reconnaît à la fin son égal,' Voyons si le langage est digne, il lit.

“ Général, «

A part.

C’est la première fois que des Français l’arbitre De ses doigts dédaigneux laisse tomber ce titre. Son orgueil à la fin fléchit devant le mien!

LE MOINE

Ou bien, pour te séduire, il exalte le tien.

TOUSSAINT, lisant.

« Général, revêtu de la force publique,

* « Par le vœu de l’armée et de la République,

« Après avoir vaincu, pacifié, soumis;

« Sur terre sans rival, sur mer sans ennemis ;- « J’ai porté mes regards vers la terre où vous êtes;

« Là m’attendent aussi d’importantes conquêtes.

U s’arrête avec susceptibilité, puis reprend.

« Oui, je veux conquérir, mais à la liberté,

« La race qui m’ignore et qui vous a porté.

« Des droits qu’elle a rêvés, oui, cette race est digne,

« Mais, pour qu’ils soient sacrés, il faut que je les signe. » L’insolent! c’est un dieu jetant l’arrêt fatal.

LE MOINE

Ce langage est d’un maître et non pas d’un égal. Poursuis.

TOUSSAINT, continuant.

« La République, à ma voix réformée,

« Pour la représenter vous envoie une armée;

« Elle va renforcer vos drapeaux triomphants.

« Songez- y, ces soldats sont mes braves enfants ;

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