‹ Toussaint Louverture, poëme dramatiqueChapitre 20 sur 65 · SCÈNE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE NEUVIÈME

TOUSSAINT, ADRIENNE

AORIENNE.

Et moi puis-je rester, mon oncle?

Enfant chérie !

A part.

* Mes pleurs à cette voix sont tout prêts à couler.

Haut.

* Fleur au milieu d’un camp qu’un soldat peut fouler,

* Hélas ! il fallait mieux naître sur une tombe

* Que sur un sol fouillé par l’obus et la bombe !

Écoute, approche-toi, réponds-moi sans effort.

Aimes-tu ton pays ?

ADRIENNE

Moi ?...

Mais, jusqu’à la mort?...

ADRIENNE

Mon oncle et mon pays , n’est-ce pas même chose ? IV’es-tu pas seul pour moi tout ce qui le compose?... Ai-je un autre pays que l’ombre de tes pas ?

Que me serait la terre où tu ne serais pas?

* Pauvre amour! La réponse est douce, mais aiaèr£; •

A part.

* Mon vieux cœur est ému tout comme un cœur de mère.

* Quoi ! de tous ses instincts le vieux noir triomphant

* Ne peut voir sans pleurer ce visage d’enfant.

A Adricnne.

Mais si je te disais:- Va, seule, je t’envoie Mourir pour tous les noirs ?

ADRIENNE

Oh ! j'irais avec joie 1 Partout où vous diriez, oui, mon oncle, j’irais !

Car ce serait pour vous encor que je mourrais !

Mais si je te disais : Loin de moi , va-t-en vivre , Adricnne ! Je vais où tu ne peux me suivre.

Que ferais-tu ?

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