Vos amici mei estis Fo. XV
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péché, qui rompt une si belle amitié : Vos éniquités, dit le
Prophète, ont mis la division entre votre Dieu et vous!
Maudit soit le péché qui, de l'amitié du Seigneur fait
tomber l'âme dans son inimitié, et la rend odieuse à ses
yeux, suivant cette parole; Dieu a en horreur l'impie et son impiéte *.
ps Que doit donc faire un pécheur qui a malheureusement
pres encouru la haine de Mieu ? Avant tout, il lui faut un mé-
HE diateur qui lui obtienne le pardon et lui fasse recouvrer
cette divine amitié qu'il a perdue. “ Pauvre pécheur, lui
dit saint Bernard, tu as perduton Dieu. Mais console-toi:
ton Dieu lui-même te donne un médiateur, et c'est son
propre Fils, Jésus. Or, de quel crédit un tel Fils ne jouit-il
pas auprès d'un tel Père?" Ah! certes, Jésus peut obte-
nir de son Père tout ce qu'il veut. Mais, 6 ciel! ajoute
aussitôt le Saint, pourquoi faut-il que les hommes se repré.
sentent comme sévère ce Sauveur qui poussa la miséri-
corde jusqu'à donner sa vie pour nous sauver ? Pourquoi
faut-il qu'on regarde comme terrible celui qui est l'amabi-
lité même? Pécheurs qui vous désespérez, què craignez-
vous ? leur demande le Saint. Si vous craignez parce que
vous avez offensé Dieu, sachez que, de ses propres mains
transpercées, Jésus-Christ attacha vos péchés à la croix,
en sorte qu'ayant par sa mort satisfait à la justice divine,
il les a déjà tous enlevés de vos âmes. Voici les touchantes
paroles de saint Bernard: “Ils se représentent comme
dur et impitoyable ce Jésus si miséricordieux, et ils don-
nent un air terrible à ce Sauveur qui est tout amabilité,
Que craignez-vous donc, hommes de peu de foi? Vos
péché il les a, de ses propres mains, cloués sur la croix « ”
1. Iniquitates vestræ diviserunt inter vos et Deum vestrum. /5 1IX. 2. 2. Odio sunt Deo impius et impietas ejus. Sap. XIV. 9. 3: Jesum tibi dedit Mediatorem ; quid non apud talem Patrem Filius talis obtineat ? De Aquæd.
4. Severum imaginantur, qui pius est ; terribilem, qui amabilisest.— Quid timetis, modicæ fidei? peccata afficit cruci cum suis manibus. /# Cant.s, 38. PRE PE 2 Po
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“ Que si vous craignez, reprend le Saint, de recourir à Jésus-Christ parce que sa majesté divine vous épouvante, car enfin, pour s'être fait homme, il ne cesse pas d'être Dieu; et si vous voulez un médiateur auprès du Médiateur, eh bien! recourez à Marie ; car elle intercédera pour vous auprès de son Fils qui certainement l'exaucera : et le Fils intercédera auprès de son divin Père, lequel ne peut rien refuser à un tel Fils!" “Mes enfants bien-aimés, conclut saint Bernard, Marie est l'échelle des pécheurs, et par elle ils peuvent remonter aux sommets de la divine grâce ; elle est ma suprême espérance, elle est tout le fondement de ma confiance #, "
Voici le langage que le Saint-Esprit fait tenir à la bienheureuse Vierge dans le Cantique des cantiques : Te suis mur, él ma poitrine est comme une tour ; c'est pourquoi j'ai paru devant lui comme celle qui a trouvé la paix. Je suis, dit la sainte Vierge, la défense de ceux qui recourent à moi, et ma miséricorde les abrite comme une tour de refuge : aussi mon bien-aimé m'a-t-il établie médiatrice de la paix entre les pécheurs et Dieu, “ Marie est donc, dit le cardinal Hugues sur ce texte, la grande réconciliatrice du genre humain avec Dicu, Par elle, ceux qui sont tombés dans la disgrâce du Seigneur recouvrent la paix ; par elle, les âmes égarées retrouvent le chemin du salut, les pécheurs le pardon, et les désespérés la miséricorde ‘.” C'est pourquoi le divin Époux comparait sa beauté à celle des pavil-
1. Sed forsitan et in ipso=majestatem vereare divinam, quod, L.cet factus sit homo, manserit tamen Deus ; advocatum habere vis et apud ipsum ? Ad Mariam recurre ; exaudiet utique Matrem Filius, et exaudiet Filium Pater
‘ioli, hæc peccatorum scala, hæc mea maxima fiducia est, hæc tota ratio spei meæ. 2e Aguwd.
4 Ego murus, et ubera mea sicut turris; ex quo facta sum coram eo quasi pacem reperiens Cut. VIH. 10
4 Ipsa reperit pacem inimicis, salutem perditis, indulgentiam reis, miseri cordiam desperatis
ee tu
Flle ne profère que des parules de paix et de miséricorde ;
facta sum quasi réperiens
Sicut pelles ons de Salomon: l'ous êtes belle, ui dit-il, comme Les patit-
Salomonis : HE : s :
dons de Salomon". Et puisque, sous les pavillons de Salomon, il n'était question que de paix, à la différence des pavillons de David, tout retentissants des bruits de guerre, le Saint-Esprit veut nous faire entendre par là que jamais cette Mère de miséricorde ne profère une parole de menace ou de vengeance contre les pécheurs, mais seulement des
paroles de paix et de pardon.
Elle n'apporte
du ciel en conséquence que la paix. d
Nous trouvons
une figure de Marie dans la colombe de Noé, dont il est rapporté * que, de retour à l'arche, elle portait dans , son bec un ra- } ete F $ meau d'olivieren
et RIRE" ; < signe de la paix l'arche de @ È ’
Noé ; p Ê accordée par Ni S Dieu au genre humain, “ Cette RTE | Ë très fidèle co- Not, er Li , . lombe de Noé, : . c'est vous, à Marie, dit saint Bonaventure ; car, vous inter-
posent comme une très fidèle médiatrice entre Dieu et l'univers englouti sous les eaux du péché, vous avez rendu aux hommes la paix et le
1. Formosa. . sicut pelles Salomonis. Cun£. 1. 4 2. Gen. NUL 11 CE Re
MARIE, NOTRE AVOCATE 31 salut" Marie est donc la céleste colombe qui apporta au monde, perdu par le péché, le rameau d'olivier, signe de miséricorde ; car, dit un auteur, elle nous donna dans Jésus-Christ la source de la miséricorde, en méme temps que, par la vertu des mérites de son divin Fils, elle nous
obtint toutes les grâces dont Disu nous comble , Etde
méme que Marie nous donna la pair du ciel, comme le lui dit saint Épiphane : * Par sous la puis céleste fut accordée au monde" ainsi etce par tro ie Marie que s'opère continuellen. \ réc | les pécheurs avec Dieu, De là ce lingage que lui prete À bert-le-Grand :
“ Véritable colombe de Noé, c'est moi oui apporte à
l'Église, avec le rameau d'olivier, la paix universelle 4 Elle
ne cesse de
Une autre figure non moins es presse de Marie, fut cet
arc-en-ciel, dont saint Jean a dit: //r avait autour du THUNDER
à Dieu notre un arc-en-ciel". Car, ainsi que l'explique le cardinal Vitale, pe ‘ semblable à cet arc déployé autour du trône de Dieu,
Marie se tient sans cesse devant le tribunal du divin juge afin d'adoucir la rigueur de ses sentences et de mitiger le: châtiments que méritent les pécheurs". C'est égaleme:! Marie que le Seigneur avait en vue quand il disait à Noé : Fe placerai mon arc dans les nues et il sera un sigue d'allian
entre moi ct la terre... ele verrai ct Je me souviendrai de l'alliance éternelle.“ Marie. dit saint Bernardin de Sienne,
1. Tuenim es illa fidelissima Columha Noe, quæ inter Deum et mundum, diluvio spirituali submersum, Mediatrix fidelissima extitisti. Spee. #17 lect 9
2 Nam ipsa Christum nobis detulit, Fontem misericordiæ. SPINELLI dur. Deip. e. XVI
3 Per te pax cœlestis donata est mundo //ow. in Land. BH. M.
4 Ego sum Coiumb1 Noe, Ecclesiæ ramu: ivæ et pacis deferens univer salis. Bil Mar. Cant. ». 16
5 Etiris erat in circuitu sedis. .{poc. 14 4
6 Iris in circuitu sedis est Maria, qua mitigar Dei judicium et sententiam contra peccatores. Sfec S. Seript. de PB. V
7: Arcum meum ponam in nubibus, et erit Signum fæderis inter me et inter terram… ; videbo illum, et recordabor fæderis sempiterni. Gen. IX. 13
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est bien véritablement l'arc-en-ciel de l’éternelle alliance! Car, de même qu'à la vue de l’arc-en-ciel, Dieu se rappelle ses promesses de paix, ainsi, à la prière de Marie, il remet aux pécheurs les injures qu'il en a reçues et conclut la paix
avec eux *, ” Elle Voilà pourquoi Marie est encore comparée à l'astre des
Mise nuits. Belle comme la lune , dit le Cantique des cantiques ;
ion D et saint Bonaventure en donne cette raison : “ De même mnéiane que la lune, placée entre le ciel et la terre, renvoie aux Corps terrestres tout ce qu'elle reçoit des corps célestes, Pt ainsi la Vierge, Reine du ciel, se tient sans cesse entre {ue Dieu et les pécheurs, pour incliner le Seigneur à la miséricorde en leur faveur et pour les éclairer eux-mêmes afin de les ramener à Dieu ‘."” Fe Relever les âmes tombées des hauteurs de la divine miséricorde, grace et les réconcilier avec Dieu: voilà quel fut, à proraison d'être Prement parler, l'office dont le Seigneur chargea Marie, en deMaie: la plaçant sur la terre,
Res Paisses vos chevreaux*, lui Git-i dans le temps même exercer la qu'il la créait. On sait que les chevreaux représentent les D pécheurs ; et de même que les élus, figurés par les brebis, AA se trouveront dans la vallée de Josaphat à la droite di Juge, ainsi les pécheurs seront relégués à la gauche. Or, dit l'abbé Guillaume, ces chevreaux vous sont confiés, Ô
Marie, afin que vous les changiez en brebis: de telle sorte
qu'après avoir mérité par leurs péchés d'être à la gauche, ils se trouveront par votre intercession placés à la droite‘
1. [psa est Arcus fœderis sempiterni. /ro Fest. S. J] $ La. 1. ce. 11
2. Fructus iridis est recordatio divini fœderis ; et per Virginem gloriosam, offensa reis remittitur, fedus stringitur. /» Apoc. iv
3 Pulchra ut luna. Can. vi. 9
+ Sicut luna inter corpora cælestia et terrena est media, et, quod ab illis accipit, ad inferiora refundit; sic et Virgo Regina inter nos et Deum est media, et gratiam ipsa nobis refundit. SrANX Polvantk lit M t.6