Charta libertatis
MARIE, NOTRE SALUI 263
damnés!" En effet, on ne saurait douter de ce qu'avance saint Bernard, à savoir que “ Marie ne peut manquer ni de Puissance ni de bonne volonté pour nous sauver" La puissance ne lui manque pas ; car il est impossible qu'une seule de ses prières reste sans cffet, selon ce que dit saint Antonin : * Impossible que la Mère de Dieu ne soit pas
exaucée 1: où, comme dit également saint Bernard, * ce
g que cherche Marie, elle le trouve ct celle ne peut essuyer un refust;" de telle sorte que jamais elle ne demande en vain ct que toujours elle obtient ce qu'elle veut. Ce n'est pas non plus la volonté de nous sauver qui pourrait lui faire défaut ; car clle est notre Mère et elle désire plus vivement notre salut que nous ne le désirons nous-mémes, S'il en est ainsi, comment se pourrait-il encore qu'un fidèle serviteur de Marie vint à se perdre ? = C'est un pécheur! dit-on, — Eh bien! qu'il continue à implorer cette bonne Mère et qu'il ait en même temps la volonté de se convertir, Marie prendra à cœur de lui obtenir les lumières nécessaires pour sortir de son misérable état, la douleur de ses péchés, la persévérance dans le bien et finalement une bonne mort, Quelle mère se refuserait à sauver son
fils de la mort, quand elle n'aurait qu'à demander pour lui
grâce au juge ? Et nous Pourrions seulement penser que Marie, cette mère si tendre Pour ceux qui la servent, laisserait un de ses fils tomber dans la mort éternelle, quand d'un mot elle peut le sauver !
La dévotion
Pieux lecteurs, si nous sentons que le Scigneur nous à CR donné de l'amour et de la confiance envers la Reine du Marie, grâce ciel, ah! remercions-le. Car, dit saint Jean Damascène, Dieu fait cette grâce à ceux-là seulement qu'il veut sauver.
1 Patrocinarix damnatorum
2. Nec facultas ei deesse poterit, nec voluntas. /» Lssumpt s. à, 3. Impossibile est De param nor LUS CS CS 17.84 4 Quod quærit, invenit ; et f 1potest. /e Aqued.
Voici les paroles par lesquels le Saint ravivait si bien son espérance ct ravive la nôtre: “O0 Mère de Dieu, si je mets
ma confiance en vous, je serai sauvé ; si je suis sous votre
protection, je n'ai rien à craindre ; car vous ètre dévoué,
c'est avoir des armes qui assurent la victoire, armes que Dieu n'accorde qu'à ceux qu'il veut sauver!" De là cette salutation qu'Érasme adressait à la bienheureuse Vierge: “ Salut, Ô terreur de l'enfer et Espérance des chrétiens ! Plus votre dignité est sublime, plus ferme aussi est notre confiance en vous *;" et c'est cette confiance qui nous
donne l'assurance de notre salut,
Vierge
de Bou-
Secours
Efforts du démon pour persévérer dans la dévotion envers la divine Mère! On lit
nous la ravir
Mais aussi quel dépit pour le monde de voir une âme
1. CRASSET Per, Dév, p. 1 tr Lq 6 2. Salve, inferorum Formido, christianorum Spes! quo major est tua pra
cellentia, hoc certior est nostra fiducia. an. ud [”
MARIE, NOIRE SA (l 265$
dans la vie du père Alphons: \lvarez, grand serviteur du Marie, qu'un jour, Gurant une oraison où il ressc ntait da Vantage les tentation impures dont l'enfer avait coutume de l'assaillir, le démon lui dit : Cesse tes dévotions envers Marie et je cesserai Je te tenter,
Le Scigneur apprit à sainte Catherine de Sienne, comme le rapporte Louis de Blois, que, dans sa bonté pour nous, ilavait, en considération de son Fils unique dont Marie est la Mère, décrété qu'aucun pécheur ne deviendrait la proie de l'enfer, s'il implorait dévotement cette puissante Protectrice. Dans ma bonté, dis ut le Seigneur, j'ai voulu, pour le Verbe incarné, accorder à Marie, sa Mère, ce grand privilège : aucun homme, si pécheur soit-il, Pour peu qu'il l'implore avec respect et dévotion, ne tombera jamais au pouvoir de l'enfer es
Et déjà le l'rophète-Roi, en demandant à Dieu de le préserver de l'enfer, alléguait l'amour avec lequel il s'ap- Pliquait à honorer Marie : Seigneur, j'ai aimé dx bear, de totre Maison... Ne perdez Las Mon ame avec les imp PE | dit Votre maison, parce que Marie fut la demeure que Dieu lui-même choisit ici-bas pour l'ha'ter au jour de son Incarnation et Y trouver son repes, :cion ce qui est écrit : La Sagesse s'est biti une demeure?
* ILest bien sûr, disait saint Ignace martyr, que jamais on ne verra se perdre un homme ayant à cœur la dévotion envers la bienheurcuse Vie ge, Mère de Dieu!" + Ah l'ses
1 Mariæ, Filii mei Genitrici, a bonitate mea concessum est, propter in carnati Verbi reve rentiam, ut quicumque, etiam Peccator, ad eam cum dev ta “éneratione recurrit, nullo modo diripiatur a demone infernali, Come un. fl. hp, 3,0, tv.
2. Domine, dilexi decorem Domus tu. ; ne perdas cum impiis, Deus animam meam, /* Xxv. 8