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sant, malheur à moi! je suis damné.—Comment cela ? demande Richard. — Sache, répond son compagnon, qu'en sortant de cette maison infâäme, je fus saisi par un démon qui m'étrangla. Mon corps est resté au milieu de la rue, mais mon âme se trouve en enfer. Et quant à toi, sache encore que le mème châtiment t'attendait. Mais la bienheureuse Vierge t'en a préservé pour les quelques ze Maria que tu lui récites. Heureux situ sais profiter de cet avertissement que la Mère de Dieu te donne par ma bouche.” Il dit ; et entr'ouvrant son manteau, le damné laisse voir les flammes et les serpents qui le dévorent ; puis il disparait.
Richard alors se jette tout en larmes la face contre terre pour remercier Marie, sa libératrice; et pendant qu'il songe à changer de vie, il entend sonner Matines au couvent des Franciscains: * Voilà, s'écrie-t-il, où Dieu me veut pour faire pénitence." Il se dirige aussitôt vers le couvent et demande à être reçu. Les pères, connaissant son inconduite, faisaient difficulté. Mais ilse mit à leur raconter son histoire en versant un torrent de larmes; et deux des religieux s'étant rendus à la place indiquée, trouvèrent réellement le cadavre de son compagnon étranglé et noir comme du charbon.
Richard fut donc admis et il ne songea plus qu'à vivre saintement. Plus tard il alla prêcher la foi dans les Indes, passa ensuite au Japon, et c'est là qu'il eut le bonheur et la grâce de subir le supplice du feu pour Jésus-Christ et de terminer sa vie par le martyre!
1. P. Arr, ANDR, de Bapt. Virg. — Cfr, LYRæÆUS, 77is. Mar, 1.
PRIÈRE
O Marie, 6 ma Mère bien-aimc , dans quel horrible abime de maux je me trouvrais Présentement, si tant de fois votre main Miséricordieuse ne m'en avait préservé ! Et même, depuis combien d'années ne gémirais-je pas dans l'enfer, si Vous ne m'en aviez délivré Par Vos puissantes prières ? Tant d'énormes péchés que j'ai commis m'y poussaient ; déjà la justice divine m'y avait condamné ; les démons frémissants demandaient à eXécuter la senten- Ce. Mais vous, € Marie, vous êtes ACCOUrUÉ MJC ner vous aVais pas price, je ne vous avais Pas même appelée à mon SECOUrS ; ct pourtant vous m'avez Sauvé, O ma libératrice bien-aimée que Vous rendrai-je Pour une si grande grâce €t pour tant d'amour ?
Ensuite, triomphant de Ja dureté de mon Cœur, vous m'avez amené à VOUS aimer et à mettre en Vous ma cçonfance. Hélas! dans quel abime de maux je serais encore tombé, si vous ne m'aviez miséricordieusement secouru au milieu de tant de Périls où je me suis trouvé sur le point de succomber. Continuez, 6 mon Espérance, continuez à me sauver de l'enfer et d'abord à me Sauver de tous ces péchés dans lesquels je Puis tomber, Ne Permettez pas que jamais j'en sois réduit à vous Mmaudire en enfer. Ma Reine bien-aimée, je vous aime. Comment Pourriez-vous Consentir, Vous qui êtes si bonne, à voir tomber en enfer Un serviteur qui vous aime ? ( lbtenez, je vous €n supplie, que je ne sois Plus ingrat ni ENVErs Vous ni envers mon Dieu, qui, par amour Pour vous, m'a fait tant de grâces, O Marie, que me dites-vous ? Quoi donc! je me damnerais ! Oui, je me damnerai, si je vous abandonne, Mais Comment Se peut-il que je vous abandonne ? Comment Pourrais-je oublier encore l'amour que vous avez eu Pour moi? C'est Vous qui, après Dicu, êtes l'amour de mon Cœur. Non, je
Le pécheur remercie Marie de lavoir sauvé de l'enfer, ét il se met sous sa
prate
ne puis plus me résoudre à vivre sans vous aimer, Que
ne ferai-je pas pour vous, et combien je vous aime!
J'espère que je vous iimerai dans le temps et durant toute l'éternité, à vous qui Ctes de toutes les créatures sorties des mains de Dieu, la plus belle, la plus sainte, la plus douce, la plus aimable! Ainsi soit-il!
Marie secourt ses serviteurs dans le purgatoire.
EUREUX, bien heureux sont les ane î ? Là \ fidèles serviteurs de Maric! Car non ne : seulement ils reçoivent ici-bas toutes
sortes de secours de cette Mère si compatissante, mais il ressentent sa protection jusque dans le purgatoire, où elle leur vient en aide et les conso- Le, Hit même, les âmes dans le purgatoire ayant encore plus besoin de secours, puisqu'elles souffrent tant et ne peuvent s'aider elles-mêmes, c'est aussi aux âmes du purgatoire que cette Mère de miséricorde prend d'autant plus à cœur d'accorder son assistance. * La bienheureuse Vierge Marie, dit saint Bernardin, règne en souveraine sur le purgatoire !” Elle a donc le haut domaine sur
cette prison des àmes et elle y exerce une pleine autorité,
soit pour soulager ces saintes épouses de Jésus-Christ, soit
même pour les délivrer entièrement de leurs peines.
Et d'abord Marie soulage les âmes du purgatoire,
1, Leata Virgo in regno purgatorii dominium tenet. /ro Zest. 1
MARIE, NOTRE SALU"1
Le
Purgatoire
Le même saint Bernardin applique ce texte de l'Ecclésiastique :
à l'auguste Vierge 1
J'ai marche sur Les flots de la Marie mer ! et cela, comme le Saint le fait dire “parce que, me considér
; : ; soulage les à Marie elle-même,
âmes du
ant comme la Mère de tous mes lrratoire
+ In fluctibus maris ambulavi, Zec/i AXIS.
CHAPITRE HUITIÈME Toutes et à dévots serviteurs, je les visite, je pourvois à leurs besoins ne et les aide dans leurs tourments !" Or, les peines du pursurtout es gatoire sont comparées aux fofs, parce qu'elles ne durent Ro qu'un certain temps, à la différence des peines de l'enfer, qui ne passent pas; de plus, elles sont comparées aux In fuctibus flots de la mer, à cause de leur extrême amertume, anbues Condamnés à souffrir dans ce lieu de tourments, les serviteurs de Marie y ressentent souvent sa douce influence et ses consolations. “Voyez donc, s'écrie Novarin, combien il importe de se consacrer au service de cette bonne Reine! Car elle ne saurait oublier ses serviteurs dans leurs souffrances au milieu de ces flammes. Et, ajoute-t-il, bien que Marie secoure toutes les âmes du purgatoire, cependant celles qui lui furent le plus dévouées ont surtout part à ses bontés et reçoivent surtout son assistance” “Je suis, disait notre divine Mère apparaissant à sainte Brigitte, je suis la Mère de toutes les âmes qui souffrent en purgatoire, parce que toutes les peines qu'on y endure pour les péchés commis ici-bas, je sais trouver moyen de les adoucir sans cesse et à/chaque instant par mes maternelles prières #,” Même par Quelquefois même la sainte Vierge ne dédaigne pas de
sa présence,
pousser la miséricorde jusqu’à descendre dans cette sainte
prison pour visiter et consoler elle-même ses fidèles serviteurs. J'ai pénétré dans les profondeurs de l'abême*, dit-elle, Cet abîme, ajoute saint Bonaventure en lui appliquant ce texte des Proverbes, n'est autre que le purgatoire, où Marie descend pour consoler par sa présence les saintes
1, Scilicet, visitans et subveniens necessitatibus et tormentis devotorum meorum, quia filii sunt.
2. Vides quantum referat hic Virginem colere, cum cultorum suorum in purgatorii flammis existentium non oblivigcatur; et licet omnibus opem et refrigerium ferat, id tamen præcipue erga suos præstat. Umbra Virg. exe. 86.
3 Sum Mater omnium qui sunt in purgatorio; quia omnes pœnæ quæ debentur purgandis pro peccatis suis, in qualibet hora propter preces meas quodammodo mitigantur. Æev. 1. 4. ç. 138.