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FE F

le Voir, autant et bien plus encore leur sera-t-il doux au

dernier moment, en leur procurant une mort calme et toute sainte.

Le père Sertorius Caputo, de la Compagnie de Jésus, engageait vivement tous CEUX qui se trouveraient dans le cas d'assister quelqu'un à l'article de la mort, de lui répéter fréquemment le nom de Marie ; car, disait-il, ce nom de vie et d'espérance, prononcé alors, suffit à lui seul pour chasser les démons et nous fortifier dans toutes les angoisses de la dernière heure. Saint Camille de Lellis ne cessait non plus d'insister près de ses religieux pour qu'ils portassent souvent les moribonds à invoquer Îles noms de Jésus et de Marie. Après avoir si bien pratiqué cette dévotion en faveur des autres, il la pratiqua plus délicieusement encore pour lui-même au moment de sa mort. Alors, en effet, comme le rapporte son historier ces noms bien-aimés de Jésus et de Marie sortaient de

1. Si consolari in omni tribulatione qua ritis, accedite ad Mariam, Mariam invocate, Mariam honorate, Mariæ vos commendate ; Cum Maria gaudete, cum Maria dolete, cum Maria orate, cum Maria ambulate, cum, Maria Jesum querite, eum Maria et Jesu vivere et mori de siderate. Fratres, si ista exercetis, proficietis ; Maria libenter pro vobis orabit, et Jesu libenter matrem suau exaudiet. Ad Vov. S. 21.

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ses lèvres avec une telle tendresse que les assistants en étaient tout enflammés d'amour. Enfin, on le vit, les yeux fixés sur les images bénies de Jésus ct de Marie et les bras en croix, exXpirer dans une paix et avec un air céleste, en même temps qu'exhalant son dernier souffle, il invoqua les très doux noms de Jésus ct de Marie,

Quoi de plus simple que d'invoquer les très saints noms de Jésus et de Marie ? Néanmoins, autant il est facile de retenir cette prière, autant celui qui la récite fidèlement éprouve de douceur à la méditer et obtient de force contre tous les ennemis du salut : et, comme dit Thomas a Kembpis, “cette courte prière : Jesus ! Marie ! est facile à retenir, douce à méditer, Puüissante à protéger!" # Bicnheureux, s'écrie saint Bonaventure, celui qui aime votre nom si doux, Ô Mère de Dieu! Combien ce nom cest glorieux et admirable, puisque tous ceux qui ont soin de l'invoquer au moment de la mort Mméprisent tous les assauts de l'enfer *"

Ah! quel bonheur de Mourir comme ce disciple de saint François d'Assise, le père Fulgence d'Ascoli, qui expira en chantant: “0 Marie, 6 Marie, la plus belle après Dieu! je veux Partir en votre Compagnie ; ” ou encore, comme le bienheureux Ienri, religieux de Citeaux, lequel, disent les annales de l'Ordre#, mourut au moment où il prononçait le très doux nom de Marie,

Prions donc, mon cher et pieux lecteur, prions Dieu de nous accorder cette grâce, que la dernière parole de nos èvres expirantes soit le nom de Marie, comme le désirait

et le demandait saint Germain: Que le nom de Marie,

1. Hac sancta oratio : 4 Jesus et Maria ! °° brevis ad le gendum, facilis ad tenendum l'cogitandum, fortis ad protegendum. [y di 18. 2. Be !drigit nomen tuum, Maria! Gloriosa et admirabile est, que illud retinenit, non ÉAPaVesunt in puncto mortis, Lu. Z Pr Ie 3 Inter ips lulcissimi nominis articulatione m

Conclusion

mas

disait-il, soit le dernier souffle de ma bouche!" O mort consolante, mort bienheureuse que celle à laquelle préside

ie protège ce nom de salut, ce nom que Dieu accorde

et qu d'invoquer alors à ceux-là seulement qu'il veut voir sauvés !

3. Dei Matris nomen sit mihi ultimus linguæ loquentis motus, /# Der? Ann.

RE

Moi aussi, 6 ma douce Souveraine et ma Mère, je vous aime, et parce que je vous aime, j'aime votre saint nom, Je prends la résolution et j'espère, avec votre secours, de l'invoquer sans cesse durant ma vie et à ma mort, * Pour la gloire de votre nom, venez donc, vous dirai-je en em- Pruntant les tendres paroles de saint Bonaventure, venez vous-même, 6 ma Reine bien-aimée, à la rencontre de mon âme quand elle sortira de ce monde, ct recevez-la entre vos bras, Bien plus, vous dirai-je encore avec votre grand serviteur, ne dédaignez pas, 6 Marie, de m'accorder alors la consolation de votre douce présence : S0Y€z vous-même l'échelle de mon âme ct sa voie pour monter au ciel ; vous-même obtenez-lui la grâce du pardon et l'éternelle félicité, Enfin, 6 Marie, notre avocate, c'est à vous, s'écrie en terminant saint Bonaventure, de défendre vos fidèles serviteurs ; à Vous de prendre en main leur cause devant le tribunal de Jésus-Christ!"

EXEMPLE

Le père Rho® ct le père Lyrivus* rapportent le fait

suivant, arrivé dans le Gueldre, vers l'a: 1405.

tirée des

griffes

Une jeune fille nommé Marie, avait été ENVOYÉ par son du démon

oncle au marché de Nimègue acheter divers objets avec ordre d'aller ensuite Passer la nuit chez une tante dans la ville, La jeune fille obéit, Mais étant allée sur le soir trouver sa tante, elle fut rudement repoussée: en sorte qu'elle résolut de retourner chez elle, Surprise en chemin par la nuit, elle entre dans une telle colère qu'elle appelle

1. Inexitu animæ mex de hoc mundo, occurre illi, Domina, et susc ipe Cam — Consolare eram vultu sancto tuo ; esto illi scala et iter ad paradisum Lei; impetra ei indulgentiam pacis et dem Incis. — Sustine devotos ante tribunal Christi ; Suscipe causa eorum in manibustuis, Z%a/, #, p PS. 113.

3 Sub, del, G.es, 28.

3 Zris Mar. | 3€ 8.

PRIE III EN nt o eee

le démon à haute voix. Alors le démon lui apparaissant sous la forme d'un jeune homme, promet de l'assister en tout, mais à une condition, “Je ferai tout ce qu'il vous plaira, répond la malheureuse, — Je demande seulement, reprend l'ennemi du salut, que désormais vous ne fassiez

plus le signe de la croix et que vous changiez de nom.— Ouant au signe de la croix, dit la jeune fille, je ne le ferai A La J

plus : mais pour mon nom de Marie, je n'en veux pas chan-

ger : il m'est trop cher. — Et moi je ne vous aide pas, ” réplique le démon. Finalement, après bien des débats, ils conviennent qu'elle s'appellera de la première lettre de son nom, c'est-à-dire Emme où Emma, après quoi ils prennent ensemble le chemin d'Anvers. Durant six années que la misérable y passa avec son détestable compagnon, elle mena la vie la plus criminelle, au point d'être le scandale de toute la ville,

Un jour elle déclare au démon qu'elle veut revoir sa patrie. Il y répugnait bien; mais enfin il est forcé de céder, et tous deux arrivent a Nimègue. Or, on y représentait justement un drame emprunté de la vie de la sainte Vierge. C'en fut assez pour que la pauvre Emma, avec le peu de dévotion qu'elle avait conservée envers la Mère de Dieu, se mît à pleurer, “ Que faisons-nous, s'écrie son compagnon, et voulons-nous aussi jouer la comédie ?” Il la saisit pour l'entrainer dehors, mais elle résiste; et voyant qu'elle est perdue pour lui, de rage il l'élève en l'air et la jette au milieu du théâtre. Après avoir raconté son histoire, Emma s'en alla trouver le curé, mais il la renvoya à l'évêque de Cologne, et celui-ci au Pape, qui l'entendit en confession et lui donna pour pénitence de porter continuellement trois anneaux de fer, l'un au cou, et les deux autres aux bras. Pleine de soumission, elle se rendit à Maestricht, et s'étant enfermée dans un couvent de filles repenties, elle s'adonna aux plus rigoureuses pénitences, Au bout de quatorze ans, un matin à son

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