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Très-Haut est descendu parfaitement et divinement par
Marie jusqu'à nous sans rien perdre de sa divinité ct sainteté ; et c'est par Marie que les très petits doivent monter
parfaitement et divinement au Très-Haut sans rien appré-
} hender, L'Incompréhensible s'est laissé comprendre ct Ÿ contenir Parfaitement par Marie, sans rien perdre de son { immensité ; c’est aussi par cette humble Vierge que nous \ devons nous laisser contenir et conduire parfaitement sans | aucune réserve, L'Inaccessible s'est approché de nous, il ; s'est uni étroitement, Parfaitement et même personnellement à notre humanité par Marie, sans rien perdre de sa Majesté; c'est aussi par Marie que nous pouvons nous approcher de Dieu ct nous unir à sa Majesté parfaitement et étroitement, sans craindre d'être rebuté, Enfin, Celui }
qui Est à voulu venir à ce qui n'est pas, et faire AUCLCEQUIPENNTES n'est pas devienne Dieu en Celui qui Est; ct il l'a fait amane ! Parfaitement en se donnant et se soumettant entièrement à l'humble Vierge Marie, sans cesser d'être dans le temps $ $ Celui qui Est de toute éternité ; de même, c'est par Marie { que quoique nous ne Soyons rien, nous pouvons devenir { semblables à Dieu, par la grâce et la gloire, en nous don-
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nant à elle si parfaitement ct entièrement, que nous ne | Soyons rien en nous-mêmes et tout en elle, sans crainte de
\ nous égarer.
Qu'on me fasse un chemin nouveau pour aller à Jésus- Christ, et que ce chemin soit pavé de tous les mérites des Bienheureux, orné de toutes leurs vertus héroïques, éclairé ct embelli de toutes les lumières et beautés des Anges, ct que tous les Anges et les Saints y soient Pour y conduire, défendre et soutenir ceux et celles qui voudront Y Mare Maui
Cher; en vérité, en vérité, je dis hardiment, ct je dis Pose ee | vérité, que je prendrais, préférablement à ce chemin qui US serait si parfait, la voie immaculée de Marie: Posui imma- nee
à culatant vian mean ; Voie où chemin sans aucune tache
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homer 102 MOTIFS DE LA l'ARFAITE CONSÉCRATION
ni souillure, sans péché originel ni actuel, sans ombres ni ténèbres ; et si mon aimable Jésus, dans sa gloire vient une seconde fois sur la terre (comme il est certain) pour y régner, il ne choisira point d'autre voie de son voyage que la divine Marie, par laquelle il est si sûrement et parfaitement venu la première fois. La différence qu'il y aura entre la première et la dernière venue, c'est que la première a été secrète et cachée, et que la seconde sera glorieuse et éclatante; mais toutes deux parfaites, parce que toutes deux seront par Marie. Hélas! voici un mystère qu'on ne comprend pas: //ic taceat omnis lingua. 4° Cette dévotion à la sainte Vierge est un chemin assuré pour aller à Jésus-Christ et acquérir la perfection la vnie en nous unissant à lui: 1° Parce que cette pratique que or et j'enscigne n'est pas nouvelle; elle est si ancienne, qu’on assuré ne peut, comme dit M. Boudon (mort depuis peu en odeur de sainteté), dans un livre qu'il a fait de cette dévotion, en marquer précisément les commencements ; il est cepen-
dant certain que, depuis plus de 700 ans, on en trouve des marques dans l'Église. Saint Odilon, abbé de Cluny: qui vivait environ l'an 1040, a été un des premiers qui l'aient pratiquée publiquement en France, comme il est marqué dans sa vie, Le cardinal Pierre Damien rapporte que, l'an 1036, le Bienheureux Marin, son frère se fit esclave dela sainte Vierge, en présence de son directeur, d'une manière bien édifiante : car ilse mit la corde au cou, prit la discipline, et mit sur l'autel une somme d'argent comme marque de son dévouement et de sa consécration à cette auguste Souveraine. Il continua si fidèlement toute sa vie la pratique de cette dévotion, qu'il mérita à sa mort d'être visité et consolé par sa bonne Maîtresse, et de recevoir de sa bouche les promesses du Paradis pour récompense de ses services. Césarius Bollandus fait mention d'un illustre chevalier, Vautier de Birbac, qui, environ l'an 1500, fit cette consécration de soi-même à la sainte Vierge.
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Cette dévotion a été pratiquée par plusieurs particuliers jusqu'au Xvire siècle, où elle est devenue publique,
Le Père Simon de Roias, de l'ordre de la Trinité, dit de la rédemption des captifs, prédicateur du roi Philippe I, Fr mit en vogue cette pratique de piété par toute l'Es DANE et Los-kios et l'Allemagne ; et, à l'instance de Philippe III, il obtint en de Grégoire XV de grandes indulyences à ceux qui l'em- vraie
È À À x ? dévotion brasseraient, Le R, Père de Los-Rios, de l'ordre de saint RE
Augustin, s’appliqua avec son intime ami, le Père de Roias, à étendre cette dévotion par ses écrits et ses paroles dans les mêmes pays: il Composa un gros volume intitulé : Uierarchia Mariana, dans lequel il traite, avec autant de piété que d’érudition, de l'antiquité, de l'excellence et de la solidité de cette consécration à Marie, Les R R. Pères Théatins, au siècle dernier, l’établirent dans la Sicile et la Savoie ; le R. Père Stanislas Thanicius, de la Compagnie de Jésus, la fit merveilleusement connaître dans la Pologne, Le Père de Los-Rios, dans son livre cité ci-dessus, rapporte les noms des Princes, princesses, Aucs et cardinaux de
différents royaumes, qui ont embrassé cette pratique,
Le R. Père Cornelius à Lapide, aussi recommandable POur Sa vertu que pour sa science profonde, ayant reçu commission de plusieurs théologiens d'exuminer cette dévoti- lui donna, après l'avoir examinée mürement, des louange. dignes de sa piété, et plusieurs autres grands Personnages suivirent son exemple, Les RR. Pères Jésuites, toujours zélés au service de la trés sainte Vicrge, présentèrent, au nom des Congréganistes de Cologne, un petit traité du saint esclavage, au duc Ferdinand de Bavière, pour lors archevêque de Cologne, qui lui donna son approbation et permit de le faire imprimer, exhortant Dean) tous les curés et religieux de son diocèse à propager autant ce lérulle qu'ils le pourraient cette Pieuse pratique, Le cardinal de * Rs Bérulle, dont la mémoire est une bénédiction par toute la ses écrits la
vraie
France, fut un des plus zélés à l'étendre en F : TÉ dévotion.
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104 MOTIFS DE LA PARFAITE CONSÉCRATION toutes les calomnies et persécutions des critiques et des libertins : ils l’accusèrent de nouveauté et de superstition ; ils écrivirent et publièrent contre lui un libelle diffamatoire, et ils se servirent, ou plutot le démon se servit, par leur ministère, de mille ruses pour l'empêcher de répandre cette dévotion en France; mais ce grand et saint homme ne répondit à leurs calomnies que par sa patience, et à leurs objections, contenues dans ce libelle, que par un petit écrit où il les réfute victorieusement, en montrant que cette pratique est fondée sur l'exemple de Jésus-Christ, sur les obligations que nous lui avons, et sur les vux que nous avons faits au saint Baptême; et c'est particulièrement par cette dernière raison qu'il ferme la bouche à ses adversaires, leur faisant voir que cette consécration à la sainte Vierge, et à Jésus-Christ par ses mains, n'est autre chose qu'une parfaite rénovation des vœux et promesses du Baptême. Il dit sur cette dévotion plusieurs
belles choses, qu'on trouvera dans ses ouvrages.
On peut lire dans le livre de M. Boudon les noms des Se différents Papes qui ont approuvé cette pratique de piété, dévotiona des Théologiens qui l'ont examinée, les persécutions qu'on ae lui a suscitées et qu'elle a vaincues, et les milliers de percutions.… sonnes qui l'ont embrassée sans que jamais aucun Pape l'ait condamnée ; et on ne le pourrait faire sans renverser
en +
les fondements du christianisme. Il reste donc constant
que cette dévotion n’est point nouvelle, et que si elle n'est
pas commune, c'est qu'elle est trop précieuse pour être goûtée et pratiquée de tout le monde,
2° Cette dévotion est un moyen assuré pour aller à Notre-Seigneur, parce que le propre de la sainte Vierge est de nous conduire sûrement à Jésus-Christ, comme le propre de Jésus-Christ est de nous conduire sûrement au Père éternel. Et que les spirituels ne croient pas faussement que Marie leur soit un empèchement pour arriver à l'union divine. Car serait-il possible que cel.e qui a trouvé
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grâce devant Dieu Pour tout le monde en général, et pour chacun en particulier, fût un empêchement à une âme pour trouver la grande grâce de l'union avec Jésus-Christ ? Scrait-il possible que celle qui a été toute pleine et sura. à bondante de grâces
a fallu qu'il se soit incarné en elle, empéchät qu'une âme ne fût parfaitement unie à Dieu ? Il est bien vrai que la vue des autres créatures, quoique saintes, Pourrait peutêtre, en de certain temps, retarder l'union divine ; mais non pas Marie, comme j'ai ditet dirai toujours sans me lasser, Une raison pour laquelle si peu d'âmes arrivent à la plénitude de l'âge de Jésus-Christ, c'est que Marie, qui est, autant que jamais, la Mère du Fils et l'Épouse féconde du Saint-Esprit, n'est Pas assez formée dans leurs cœurs. Qui veut avoir le fruit bien mûr ct bien formé doit avoir l'arbre qui le produit ; qui veut avoir le fruit de vie, Jésus. Christ, doit avoir l'arbre de vie, qui est Marie, Qui veut
si unie et si transformée en Dieu, qu'il era «
die
rtains
fais spirituels
avoir en soi l'opération du Saint-Esprit, doit avoir son Qui veu te
fruit
doit
fertile et fécond, Comme nous l'avons dit ailleurs. À
Soyez donc persuadé Que plus vous regarderez Marie en vos oraisons, contemplations, actions et souffrances, sinon d'une vue distincte et aperçue, du moins d'une vue générale et imperceptible, plus parfaitement vous trouve-
de vie,
Épouse fidèle et inséparable, la divine Marie, qui le rend ner
avoir
wie
rez Jésus-Christ, qui est toujours avec Marie, grand, puis- PINS sant, opérant et incompréhensible, Ainsi, bien loin que la chercherez
arie,
divine Marie, toute perdue en Dieu, devienne un obstacle plus vous
aux parfaits pour arriver à l'union avec Dieu, il n'y a point . eu jusqu'ici, il n'y aura jamais de créature qui nous aide plus efficacement à ce grand ouvrage, soit par les grâces qu'elle nous Communiquera à cet effet, personne n'étant rempli de la pensée de Dieu que par elle, dit un Saint : Nemo cogitatione Dei répletur nisi per te ; soit par le soin qu'elle aura toujours de nous garantir des illusions et tromperies du malin esprit,
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I n'y a pas d'illusic
Celui qui craint
ses oraisons, qu'il
se confie À Marie,
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Là où est Marie, là l'esprit malin n'est point; et une des plus infaillibles marques qu'on est conduit par le bon esprit, c'est quand on est bien dévot à cette bonne Mère, qu'on pense souvent à elle et qu'on en parle souvent. C'est la pensée d’un Saint, qui ajoute que, comme la respiration est une marque certaine que le corps n'est pas mort, la fréquente pensée, l'invocation amoureuse de Marie est une marque certaine que l'âme n'est pas séparée de Dieu par le péché,
Comme c'est Marie seule qui a fait périr toutes les lise et le Saint-Esprit qui la conanteremisti in universo mundo ;
hérésies, comme dit l'I
duit: Sole cunctas hæ&re
quoique les critiques en grondent, jamais un fidèle dévot de Marie ne tombera dans l'hérésie ou l'illusion du moins formelle ; il pourra bien errer matériellement, prendre le mensonge pour la vérité, et le malin esprit pour le bon, quoique plus difficilement qu'un autre; mais il connaîtra tôt ou tard sa faute et son erreur matérielle; et quand il la connaîtra, il ne s'opiniâtrera en aucune manière à croire et à soutenir ce qu'il avait cru véritable.
Si donc, sans craindre l'illusion, qui est ordinaire aux personnes d'oraison, quelqu'un veut avancer dans la voie de la perfection et trouver sûrement et parfaitement Jésusrand cœur, corde magno
Christ, il doit embrasser avec un £ et animo volenti, cette dévotion à la sainte Vierge, qu'il n'avait peut-être pas encore connue. Qu'il entre dans ce chemin excellent qui lui était inconnu et que je lui montre: Excellentiorem viam vobis demonstro. C'est un chemin frayé par Jésus-Christ, la Sagesse Incarnée. notre unique chef; le membre, en y passant, ne peut se tromper. C'est un chemin aisé, à cause de la plénitude de la grâce et de l'onction du Saint-Esprit qui le rempli; on ne se lasse point et on ne recule point en y marchant, C'est un
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SE U ne À À JÉSUS PAR MARIE 107
chemin court qui, en peu de temps, nous mène à Jésus- Christ, C'est un chemin parfait, où il n'y à aucune boue, aucune poussière, nila moindre ordure du péché. C'est enfin un chemin assuré. qui nous conduit à Jésus-Christ et
entour sa Mère de
{ à la vie éternelle d’une manière droite et certaine, sans détourner ni à droite ni à gauche. Entrons donc dans ce chemin, et marchons-y jour et nuit, jusqu'à la plénitude de l'âge de Jésus-Christ,
Sivième motif. Cette dévotion donne une grande liberté intérieure, qui est la liberté des enfants de Dieu, aux per-
. u x « Marie ne Sonnes qui la pratiquent fidèlement, Car, comme PARCERE rare
dévotion on se rend esclave de Jésus-Christ, qu'on se
Consacre tout à lui en cette qualité, ce bon Maitre, pour récompense de la captivité amoureuse où l'on se met : 1 ôte de l'âme tout Serupule et toute crainte servile, qui