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CS te Lot

dans l'autre; s'ils le sont en celui-ci, ils ne le seront pas dans l'autre ; si Dieu les punit en celui-ci de concert avec nous, la punition sera amoureuse, ce sera la miséricorde qui règne en ce monde qui châtiera et non la justice rigoureuse; le châtiment sera léger et Passager, accompagné de douceurs et de imérites, suivi de récompenses dans le temps et l'éternité, Mais, si le châtiment nécessaire aux péchés que nous avons commis est réservé dans l'autre monde, ce sera la justice vengeresse de Dieu, qui met tout à feu et à sang, qui fera ce châtiment ! Châtiment épouvantable, 4orrendum, ineffable, incompréhensible, guis norit Dotestatem ire tuæ ? châtiment sans miséricorde, judicium sine miséricordia, sans pitié, sans soulagement, sans méri-

ce monde ou ES, Sans bornes et sans fin. Oui, sans fin ; ce péché mordansl'autre. tel d'un moment que vous avez fait, cette pensée mauvaise

et volontaire qui a échappé à votre connaissance, cette parole que le vent a emportée, cette petite action contre la loi de Dieu, qui a si peu duré, sera punie une éternité, tant que Dieu sera Dieu, avec les démons dans les enfers, sans que ce Dieu des vengeances ait pitié de vos effroyables tourments, de vos sanglots et de vos larmes, capables de fendre les rochers. À jamais souffrir, sans mérite, sans miséricorde et sans fin! Y pensons-nous mes frères et Sœurs, quand nous souffrons quelque peine en ce monde! Que nous sommes donc heureux de faire un si heureux échange d'une peine éternelle et infructueuse en une passagère et méritoire, en portant cette Croix avec patience ! Combien avons-nous de dettes non payées! Combien avons-nous de péchés commis, pour l'expiation desquels, même après une contrition amère et une confession sincère, il faudra que nous souffrions dans le Purgatoire des siècles entiers, parce que nous nous sommes contentés en ce monde de quelques pénitences fort légères! Ah! payons dans ce monde à l'amiable, en portant bien notre Croix ; tout est payé à la rigueur jusqu’au dernier denier, jusqu'à une parole

Re sn EUEIS

oiseuse dans l'autre, Si nous pouvions seulement ravir au démon le livre de mort où il a Marqué tous nos péchés et la peine qui leur est due, que nous trouverions un grand débit de Compte, et que nous serions ravis de souffrir des années entières ici-bas, plutot que de souffrir une seule journée en l'autre,

Ne vous flattez-vous Pas, mes Amis de la Croix, d'être les amis de Dieu ou de vouloir le devenir Résolvez-vous donc à boire le calice qu'il faut boire nécessairement pour être fait ami de Dieu; Calicem Domini biberunt et ŒMICÉ Si Dei facti sunt. Le bien-aimé Benjamin eut le calice CRC ANRE autres frères n'eurent que le froment : Je grand favori de Jésus, il faut Jésus-Christ à eu SON Cœur, a monté au Calvaire ctabuau "T7 calice: Potestis bit re calicem ? Il est bon de désirer la gloire de Dieu, mais la désirer et la demander sans se résoudre à tout souffrir, c'est une folle ct exXtravagante demande HeScÉtiS quid petatis. oportet per multas lribulationes ; | faut, Portet, c'est une nécessité : C'est une chose indispensable : il faut que nous entrions dans le Royaume des cieux par beaucoup de tribulations et de croix. Vous vous glorifiez

avec raison d'être les enf

ants de Dieu, glorifiez-vous donc des coups de fouet que ce bon Père vous a donnés et vous donnera dans la suite, car il fouette tous ses enfants, Si Vous n'êtes pas du nombre de ses fils bien-aimés, vous êtes, à malheur! 6 quel coup de foudre! vous êtes, comme dit

saint Augustin, du monde des réprouvés, Celui qui ne gémit pas dans ce monde, comme un pèlerin et un étranger, ne se réjouira pas dans l'autre monde comme un citoyen du Ciel, dit le même saint Augustin, Si Dieu le Père ne vous envoie pas de temps en temps quelques bonnes Croix, c'est qu'il ne se soucie plus de vous, c'est qu'il est si vous êtes

en colère contre vous ; il ne vous regarde plus que comme Hu un étranger hors de sa maison et de sa protection, ou Comme un enfant bâtard qui, ne méritant pas d'avoir sa

De

ER Ar or A PR —

portion dans l'héritage de son père, n'en mérite pas les soins ct la correction,

Amis de la Croix, écoliers d'un Dieu crucifié, le mystère de la Croix est un mystère inconnu des Gentils, rejeté des Juifs et méprisé des hérétiques et des mauvais catholiques ; mais c'est le grand mystère que vous devez apprendre en pratique dans l'école de Jésus-Christ et que vous ne pouvez apprendre qu'à son école, Vous chercherez en vain dans toutes les académies de l'antiquité un philosophe qui l'ait enseigné ; vous consulterez en vain la

C'est lumière des sens et de la raison: il n'y a que Jésus-Christ Bi ae qui puisse vous enseigner ct faire goûter ce mystère par

l'on goûte la

Croix.

sa grâce victorieuse, Rendez-vous donc habiles en cette science suréminente sous un si grand Maître, et vous aurez toutes les autres sciences, puisqu'elle les renferme toutes éminemment : c'est notre philosophie naturelle et surnaturelle, notre théologie divine et mystérieuse et notre pierre philosophale qui change, par la patience, les métaux les plus grossiers en précieux, les douleurs les plus aiguës en délices, les pauvretés en richesses, les humiliations les plus profondes en gloire, Celui parmi vous qui sait mieux porter sa Croix, quand il ne saurait d'ailleurs ni @ ni b, est le plus savant de tous. Écoutez le grand saint Paul qui, à son retour du troisième ciel où il apprit les mystères cachés aux anges même, s'écrie qu'il ae sait et qu'il ne Réjouisse. Veut savoir que Jésus-Christ crucifié. Réjouissez-vous, pare « Pauvre idiot, pauvre femme sans esprit et sans science ; ignorants, sisi vous savez souffrir joyeusement, vous en saurez plus Dane qu'un docteur de Scrbonne qui ne sait pas si bien souffrir que vous. Vous êtes membres de Jésus-Christ, quel bonheur! Mais quelle nécessité de souffrir en cette qualité! Le Chef est couronné d'épines, et les membres seraient couronnés de roses! .Le Chef est bafoué et couvert de boue dans le chemin du Calvaire, et les membres seraient couverts de parfums sur le trone! Le Chef n’a pas un oreiller

AUX AMts DE LA CROIX

Pour se reposer, et les membres seraient délicatement

Couchés sur la Plume et le duvet! Ce serait un monstre inouï, Non, non, mes chers Compagnons vous y trompez pas | | côtés, ornés à |

de la Croix, ne

ces chrétiens que vou a mode, délicats à merveille à l'excès, ne sont pas les vrais disciple; ni les Vrais mem oufrir bres de Jésus crucifié : Vous feriez injure à ce Chef cou-

ronné d'épines ct à là vérité de l'Évangile, Contraire, () mon Dieu !

S Voyez detous Le vrai

” , chréien * levés ct graves

bien

que de croire le que de fantômes de chrétiens, bres du Persécuteurs les Plus traitres Main ils font le signe

qui se croient être les men Sauveur et qui sont ses * Parce que, tandis que de la de là croix

dans leur cœur! Si vous te

Si vous vivez de la même

» ils en sont les Chnemis S conduits par le même Esprit, vie que Jésus-Christ, votre Chef tout épineux, ne vous attendez

qu'aux épines, qu'aux Coups de fouets, qu

aux clous, en un mot, qu’ Parce qu'il est nécessaire que le le Maitre et le me

si

êtes

à la Croix, FEES disciple soit traité comme de Je, ne mbre comme le Chef, et si le Ciel vous Pr présente, Comme à sainte Catherine de Sienne, une couronne d'épines et une Couronne de rose

S, Choisissez avec clle la couronne d'épines sans balancer, et vous

!? dans la tête Pour ressembler à Jé

sus-Christ, Vous n'ignorez Pas que vous êtes le Ÿ du Saint-Esprit, et que vous devez,

Pierres vives, être placées p

l'enfoncez

S temples vivants comme autant de ar ce Dieu d'amour au bâti-

Les ment de la Jérusalem céleste ; attendez-vous donc à ctre see taillées, Coupées et ciselées Par le marteau de la Croix j tillés, vise autrement vous demeureriez comme des pierres brutes DE Ï qu'on emploie à rien, qu'on méprise et qu'on rejette loin de

soi. Prenez garde de faire reg ÿ frappe, et Prenez garde | Main qui vous tourne, P,

imber le marteau qui vous au ciseau qui vous taille et à la eut-étre que cette habile et amou- | eux architecte veut faire de vous une des Premières pierres de son édifice éternel, et un des plus beaux Portraits de } son Royaume céleste. Laissez-le donc faire, il vous aime,

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il sait ce qu'il fait, il a de l'expérience ; tous ses coups sont adroits et amoureux : il n'en donne aucun de faux si vous ne le rendez inutile par votre impatience. Le Saint-Esprit compare la Croix tantôt à un van qui purifie fut le bon grain de la paille et des ordures : laissez-vous donc en stance, comme le grain du van, balloter et remuer : commele vous êtes dans le van du Père de famille, et bientôt vous

grain de blé

dans le van, Sercz dans son grenier : tantôt à un feu qui ôte la rouille du fer par la vivacité de ses flamm notre Dieu est un

sans rés

feu consumant qui demeure, par la Croix, dans une âme pour la purifier sans la consumer, comme autrefois dans le buissons ardent ; tantot à un creuset d'une forge où le bon or se raffine, et où le faux or s'évanouit en fumée, le bon en souffrant patiemment l'épreuve du feu, le faux en s'élevant en fumée contre ses flammes: c'est dans le creuset de la tribulation et de la tentation que les vrais Amis de la Croix se purifient par leur patience, tandis que ses ennemis s'en vont en fumée par leur impatience et leurs murmures.

Regardez, mes chers Amis de la Croix, regardez devant vous une grande nuée de témoins qui prouvent sans dire mot ce que je vous dis. Voyez, comme en passant, un Abel juste et tué par son

Le frère ; un Abraham sainthomme

FF juste ct étranger sur ob.

la terre; un Loth juste et chassé de son pays; un Jacob juste et persécuté par son frère; un Tobie juste a Job et frappé d'aveuglement ; un Job juste et appauvri, humiversécutés lié et frappé d'une plaie depuis les pieds jusqu'à la tête.

sont

nosmodètes, Regardez tant d’apôtres et de martyrs empourprés de

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leur sang ; tant de vierges et de confesseurs appauvris, humiliés, cha Paul : Regardez notre bon Sésus, l'auteur cle consommateur

ses, rebutés, qui tous S'écrient avec saint

de la foi que nous avons en lui et en sa Croix : il à fallu qu'il ait souffert Pour entrer par la Croix dans sa gloire, Voyez, à côté de Jésus-Christ un glaive perçant qui pénè tre jusqu'au fond le cœur tendre et innocent de Marie, qui n'avait jamais CU aucun péché, ni originel ni actuel, Que ne Puis-je m'étendre ici sur la Passion de l'un et de l'autre, pour Montrer que ce que nous Souffrons n'est rien CN COMparaison de ce qu'ils ont souffert! Après cela, qui de nous Pourra S'exempter de Porter sa croix ? Qui de nous ne volera PAS avec rapidité dans le lieu où il sait que la Croix l'attend! Qui ne s'écricra Pas avec saint [ynace, martyr: Que Le Ju, que la Potence, que les bêtes et tous es lourments dy démon tuennent fondre sur Moi, afin que JE e de Fesus- Christ ?

S enfin, si vous ne voulez pas souffrir Paticmment ct porter votre croix avec résignation, Corime les prédestinés, vous la Porterez avec murmure et impatience comme les réprouvés : Vous serez semblables à ces deux animaux qui traïînaient l'Arche d'alliance en Mugissant; vous imi. terez Simon de Cyrène qui mit la main à la Croix même de Jésus-Christ, malgré lui, et qui ne faisait que murmurer en la portant, 1] VOUS arrivera enfin ce qui est arrivé au Mauvais larron qui, du haut de sa Croix, tomba dans le fond des abimes, Non, non, cette terre maudite où nous vivons ne fait point de bienheureux : 09 ne voit pas bien

clair en ce Pays de ténèbres : on n'est point dans une Parfaite tranquillité sur cette mer orageuse : on n'est point Sans combats dans ce lieu de tentation et ce champ de bataille : on n'est Point sans piqûre sur cette terre couverte ; il faut que les Prédestinés et les réprouvés y

d'épine.

Portent leur croix, bon gré mal gré. Retenez ces quatre

versie M

Ne murmurons Pas comme Simon de

CYrène

frire pour être glorifié

1 tant souffrir ben gré, mal gré,

Choisis une des troi croix du Calvaire

Choisis une des Croix que tu vois au Calvaire, Choisis bien sagement, car il est nécessaire

De souffrir comme un saint où comme un pénitent, Ou comme un réprouvé qui n'est jamais content,

C'est-à-dire que, si vous ne voulez pas souffrir avec joie comme Jésus-Christ, ou avec patience comme le bon larron, il faudra que vous souffricz malgré vous comme le mauvais larron ; il faudra que vous buviez jusqu'à la lie du calice le plus amer, sans aucune consolation de la grâce, et que vous portiez le poids tout entier de votre Croix, sans aucune aide puissante de Jésus-Christ, Il faudra même que vous portiez le poids fatal que le démon ajoutera à votre Croix par l'impatience où elle vous jettera, et qu'après avoir été malheureux avec le mauvais larron sur la terre, vous alliez le trouver dans les flammes.

Mais si, au contraire, vous souffrez comme il faut, la Croix deviendra un joug très doux que Jésus-Christ portera avec vous; clle deviendra les deux ailes de l'âme qui s'élève au ciel; elle deviendra un mât de navire qui vous fera heureusement et facilement arriver au port du salut, Portez votre Croix patiemment, et par cette Croix bien

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