MÈRE ADMIRABLE
V'énérée chez les Dames du Sacré-Cœur, à Rome.
LE te suspiramus gementes ct fleut. sin hace lacrvmarum salle
Nous soupirons vers vous, nous tous qui gémissonset pleurons dans cette vallé:
de larmes,
Combien l'intercession de Marie HOUS est Hécessaire
Pour nous saure, .
y LIL soit non seuler :t permis, mais Rae méme utile et saint de nous adresser uritité aux bienheureux du ciel, et en PRET Mn culier à leur Reine, à la très sainte de Marie Vierge Marie, afin qu'ils demandent et obtiennent Pour nous la grâce de Dieu, c'est là une vérité de foi; et toujours les hérétiques qui repoussi-
rent l'invocation des saints comme injuricuse à Jésus-Christ, notre unique Médiateur, furent condamnés par les coaciles, En effet, si le prophète Jérémie après sa mort intercède Vérité de foi pour Jérusalem !, si les vicillards de l'Apocalypse présen-
tent à Dieu les oraisons des justes *, si saint Pierre promet
1 27 Mach. XV. 14 2. Apoc.\1 S
Qui
intéresse la gloire de Jéses-Christ,
à ses disciples de ne pas les oublier dans l'autre vie !, si saint Etienne prie pour ses bourreaux *, et saint Paul pour ses compagnons de voyage *, en un mot, s'il se peut que les saints prient pour nous, pourquoi ne pourrions-nous pas à notre tour supplier les saints d'intercéder pour nous? Et même, puisque saint Paul réclame les prières de ses disciples quand illeur dit: A/es frères, pries pour noust; et que saint Jacques exhorte les fidèles à se recommander mutuellement au Seigneur: Prées les uns pour les autres afin que vous soyez sauvés *, il s'ensuit que nous aussi nous pouvons nous recommander aux saints.
Que Jésus-Christ soit notre unique Médiateur de justice et que lui seulait par ses mérites personnels obtenu notre réconciliation avec Dieu, qui songe à le nier? Mais, d'un autre côté, quelle impiété ne serait-ce pas de nier que Dieu se complaise à nous accorder ses grâces à la prière des saints et surtout dela divine Mère, la sainte Vierge Marie, elle que Jésus-Christ voit avec un si grand bonheur entourée de notre amour et de nos hommages!
Qui donc ignore que tout honneur accordé à une mère 1ejaillit sur son enfant ? Car la gloire des fils sont leurs pères’, dit la sainte Écriture. “Non, non, s'écrie saint Bernard, qu'on ne s’imagine pas obscurcir la gloire du Fils par les louanges qu'on donne à sa Mère ; car il est hors de doute qu'autant nous honorons Marie, autant nous glorifions son divin Fils,” Et selon saint Ildefonse, il s’en faut bien que
. 11 Pet y. 15.
Act. VIL. 59.
. Act, XXNU. 24 —Æph. 1 16.— Phil. 1 4—Col. 1.3 Orate pro nobis Z. 7hess. V. 25.
. Orate pro invicem, ut salvemin!. Je. V. 16. Gloria Filiorum, patres eorum. Pro7. XVII. 6. . Nonest dubium, quidquid in laudibus Matris proferimus, ad Filiu tinere. 2e Zaud. V. M hom 4
Las 1
La TS. Vierge offrant une
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les honneurs rendus à la Reine et à la Mère, ne remontent pas jusqu'au Roi, son Fils. “Toute la gloire, dit-il, qu'on décerne à la divine Mère rejailiit sur son Fils: et c'est jusqu'au trône du divin Roi que s'élèvent les hommages adressés à la Reine du ciel!” Car enfin, c'est au mérites
1. Redundat ad Filium, quod impenditur Matri; transit honor in Regem, qui defertur in famulatum Reginx. De Virginit S. M. ce. 12
saint lidephonse (Murillo).
PR SSSR OS
L'homeur de Jésus-Christ, comme chacun le sait, que Marie doit ce de Marie, FA À ee : ans de Mare, brivilège unique de se voir établie la médiatrice de notre
salut; médiatrice non certes de justice, mais de grâce et
d'intercession. Ainsi l'acclame saint Bonaventure: “ Marie
est la très fidèle médiatrice de notre salut.” Ainsi parle
également saint Laurent Justinien : “ Comment ne serait-
elle pas toute pleine de la grâce, elle que le Seigneur a
faite l’échelle du paradis, la porte du ciel, la vraie médiatrice entre Dieu et les hommes ?”
Le En conséquence, Suarez remarque sagement que, “si
dienden nous nous adressons à la sainte Vierge pour obtenir les
grâces de Dieu, ce n’est nullement par défiance de la misé-
ricorde divine, mais plutôt par une juste défiance de notre
âmes.
propre indignité; en sorte que nous recourons à Marie afin que ses mérites suppléent à notre indigence ?, ” Nécessité Re k à e de recourir à l'intercession de Marie, et personre n'en peut
l'interc
C'est donc une pratique très utile et toute sainte que de
er douter sans blesser gravement la foi. Mais le point précis Mae: que nous entendons établir, c'est que l'intercession de Marie nous est en outre nécessaire pour le salut ; néces-
saire, disons-nous, non pas d’une nécessité absolue, mais,
à proprement parler, d'une nécessité morale. Et cette nécessité, hâtons-nous de le dire, procède uniquement de
la volonté de Dieu, en vertu de laquelle aucune grâce n'est accordée aux hommes sans passer par les mains de Marie.
Vérité Tel est le sentiment de saint Bernard ; et on peut bien ne dire, avec l’auteur du Æègne de Marie, que c'est le sentirecoune. ment généralement suivi de nos jours par les théologiens
et les docteurs de l'école. Véga, Mendozza, Paciucchelli,
1. Maria fidelissima Mediatrix nostræ salutis. Spec Z. W.lect 9
2 Quomodo non est plena gratia, quæ effecta est paradisi Scala, cœli Janua, Dei et hominum verissima Mediatrix ? S. in Ann. B. M.
3. Ut dignitas intercessoris suppleat inopiaw nostram; unde, Virginem interpellare, non est de divina misericordia diffidere, sed de propria indignitate timere. De /nc.p. 2. d 23 s.3
ES a .
RL LL le
MARIE, NOTRE MÉDIATRICE 167 Segneri, Crasset, Poiré, et une foule d’autres savants écrivains l'ont adopté. Il n'y a pas jusqu'au père Noël Alexandre, auteur du reste si réservé dans ses propositions, qui ne reconnaisse, lui aussi, cette disposition par laquelle Dieu veut que nous n'attendions aucune grâce, si ce n'est moyennant l'intercession de Marie. Voici ses propres paroles : “ Dieu veut que nous espérions de sa bonté tous les biens, mais de telle sorte que, conséquemment à son plan, nous suppliions d'abord la Vierge-Mère d'interposer en notre faveur sa toute-puissaute intercession !, ” et il cite à l'appui de son sentiment la célèbre sentence de saint Bernard : “ C'est la volonté de Dieu que nous ayons tout par Marie 2”; Ainsi s'exprime également Contenson sur ces paroles: Æcce Mater tua. En les adressant du haut de la croix à saint Jean, c'est, remarque ce théologien, comme si Notre-Seigneur avait dit: “ Personne ne participera à l'effusion de mon sang que par l'entremise de ma Mère. Mes plaies sont, à la vérité, les sources de toutes les grâces, mais les divers ruisseaux ne s'en épancheront sur aucune âme que par le canal de Marie. Jean, mon disciple, je vous aimerai autant que vous aimerez Marie ® ”
Cette proposition, que tous les biens qui descendent de Dieu sur les hommes, passent par les mains de Marie, n'est guère du goût d’un certain auteur moderne, lequel, après avoir traité, avec science et piété, de la vraie et de la fausse dévotion, se montre ensuite bien avare, quand il
1. Deus vult ut omnia bona ab ipso exspectemus, potentissima Virginis Matris intercessione, cum eam, ut par est, invocamus, impetranda. Æp. 50. in calce Theol.
2 Sic est voluntas ejus, qui totum nos habere voluit per Mariam, De Agued.
3 Quasi diceret: Nullus sanguinis illius particpes erit, nisi intercessione Matris mexæ Vulnera gratiarum fontes sunt ;sed ad nullos derivabuntur rivi, nisi per Marianum canalem. Joannes discipule, tantum a me amaberis, quantum eam amaveris 7#eol. ment. et cord. t 2 | 10 d 4ciI
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