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sonnable et juste d'affirmer que Dieu veut faire passer par les mains de Marie et dispenser par son entremise toutes les grâces de la Rédemption, et cela afin de glorifier cette sublime créature qu'il a choisie pour être la Mère de son
notre commun Rédempteur, et qui de son coté l'a, durant sa vie, plus que toutes les créatures ensemble, honoré et aimé. Nous reconnaissons, nous aussi, conformément à la distinction posée plus haut, que Jésus-Christ est l'unique Médiateur de justice et que lui seul nous obtient par ses mérites personnels toutes les grâces et le salut, Mais nous n'affirmons pas moins que Marie est Médiatrice de grâce. Sans doute, tout ce qu'elle obtient, elle ne l'obtient que par les mérites de Jésus-Christ et pour l'avoir demandé et sollicité au nom de Jésus-Christ ; mais il est également vrai que lorsque nous demandons des grâces, nous nc les obtenons que moyennant son intercession,
Il n'y a certainement en cela rien qui contredise l'enseignement sacré, rien qui soit plus conforme au sentiment de l'Église, Car, dans les prières publiques que nous récitons avec son approbation, l'Église nous enseigne à implorer sans cesse la divine Mère et à l'invoquer tout à la fois comme 4e salut des infirmes, le refuge des pécheurs. le secours des chrétiens, notre vie, notre Espérance Et dans l'office qu'elie "it réciter aux fêtes de la sainte Vierge, elle nous donne clairement à entendre par tant de textes de la Sagesse qu'en Marie est toute espérance: Æ# mor est toute
espérance de v'ic ct de vertu; en Marie toute grâce : Æ# moi
est toute grâce de voie et de vérité”. Bref, en Maric se trouvent la vie et le salut pour toute l'éternité: Celui qui mec
1. Salus infirmorum, Refugium peccatorum, Auxilium christianorum, Vita Spes nostra 2 In me omnis spes vitæ et virtutis In me gratia omnis vix et veritatis,
Lccli. XXAV. 25.
MARIE, NOTRE MÉDIATRICE AE
rouvera, trouvera la vie et puisera Le salut dans L Seigneur |: et encore : ( CUX qu me font conneêtre, auront la ri cternclie ? Autant de textes qui expriment la nécessité de l'intercession de Marie,
Et combien ne sommes-nous pas confirmés dans notre sentiment par l'autorité d'un si grand nombre de théologiens et de saints Pères qui l'ont adopté!
Or il n'est pas permis de dire avec l'auteur déjà mentionné, que, pour exalter Marie, ces théologiens et ces Pères de l'Église ont parlé par hyperbole ct qu'ils ont donné dans des exagérationset de pieux excès, Exagérer de cette façon, c'est sortir des limites du vrai: accusation qu'on ne peut, sans inconvenance, porter contre les saints, attendu qu'ils ont été conduits par l'Esprit de Dicu, cct Esprit de toute vérité, Et ici qu'on me permette une courte
digression pour exprimer une idée qui m'est bien chère, ‘
Quand une opinion est de nature à rehausser en queique manière la gloire de la sainte Vierwe, et qu'on lui trouve du reste un fondement plausible, sans y rien découvrir de contraire à la foi, aux décrets de l'Église, ni à la vérité, c'est marquer peu de dévotion envers la Mère de Dieu que de ne pas embrasser, et plus encore de combattre cette opinion, sous prétexte que le sentiment opposé pourrait bier être vrai, Pour moi, je ne veux pas être du nombre de ces esprits parcimonieux et je ne voudrais pas que mon lecteur en fût. Soyons plutot avec ceux qui croient pleinement et fermement tout ce que, sans crreur, on peut admettre à la gloire de Marie. Cette pleine et entière créance à toutes ses grandeurs est un des hommages les plus agréables que la Mère de Dieu puisse recevoir de nous : ainsi l'enseigne l'abbé Rupert ?
+ Qui me invenerit, inveniet Vitam, et hauriet salutem à Domino Qui elucidant me, vitam sternam habebunt Zec/i. XX 30 Ejus magnalia frmiter credere.
L'enseigne ment formel des
Pères et
théologiens
L'un des uractères de la dévotion en vers Marie la foi à ses
grandeurs
DE
CHAPITRE CINQUIÈME À Au surplus, pour nous oter la crainte d'aller trop loin dans notre culte pour Marie, c'est bien assez que nous ayons l'autorité de saint Augustin, Or, selon lui, tout ce qu'on peut dire à la louange de Marie est peu de chose en com-
paraison de ce qu'elle mérite vu sa dignité de Mère de
Dieu; et encore l'autorité de la sainte Eglise qui nous
fait chanter dans son office: Pous êtes bienheurcuse, anguste Vierge Marie, et souverainement digne de tout éloge *. “ Mais revenons à notre proposition ct voyons ce qu'en Mare disent les saints.
comparée à
Selon saint Bernard, Dieu a comblé Marie de toutes ses
un aqueduic :
te râces afin qu'aucun de ses bienfaits ne descende sur les
ue, hommes sans passer par elle comme parun canal de bénéls grâces. Giction. “ Elle est, dit-il, un aqueduc toujours rempli, afin que tous reçoivent de sa plénitude”, ” Le Saint fait en outre à ce sujet une réflexion fort importante, Il pense que si, avant la naissance de la sainte Vierge, tous ne trouvaient pas sur la terre ces courants de la grâce, c'est parce que ce bienheureux aqueduc n'existait pas encore. * Mais, ajoute-t-il, Marie a été précisément donnée au monde afin que par elle, comme par un divin canal, arrivent continuellement de Dieu aux hommes les grâces et les dons célestes ‘.”
De même donc qu'Holopherne, pour réduire la ville de Béthulie, fit couper les aqueducs, ainsi le démon met-il tout en œuvre pour faire perdre aux âmes la dévotion envers la Mère de Dieu; car, ce canal des grâces une fois fermé, l'ennemi du salut vient facilement à bout de réduire