PREMIERE PARTIE, CHA.P. F
de laquelle sa conviction le jetait le plus souvent; mais rentré dans son intérieur, il ne voyait pas de danger pour les libertés publiques à l'empire souverain qu'il laissait prendre dans sa maison , à sa femme et à sa fille, qui n'avaient pas toutes deux d'ailleurs un caractère à en abuser; il dépouillait complètement, au sortir des débats publics, cet ombrageux esprit de contradiction dont l'armait, pour combattre le pouvoir , son désir perpétuel d'améliorer le sort du peuple. C'était vers ce but qu'il marchait avec une opiniâtreté aussi courageuse et mieux placée que celle que déploient ses compatriotes dans leurs folles entreprises, vulgairement appelées courses au clocher, où tous les concurrents sont obligés de ne se détourner de leur route pour aucun obstacle que ce soit : ravin, haie, fossé,
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rivière; s'y tuer ou s'y blesser, c'est a peine un prétexte qui dispense de ne pas achever la course. Si l'on veut donc appliquer au figuré cette comparaison toute matérielle, elle pourra donner une idée de l'inflexibilité avec laquelle sir Robert Campbell accomplissait, à travers tous les obstacles , ce qu'il jugeait ses devoirs de citoyen.
Campbell était , du reste, plus estimé qu'aimé; il affectionnait le peuple et non la popularité; il n'avait pas hésité à heurter vingt fois ses préjugés pour servir ses intérêts. Tous ses confrères savaient que c'était l'homme d'une nation et non d'un parti; et, tout en lui rendant justice, ils n'aimaient pas cette vivante critique du fanatisme ou delà partialité de la plupart d'entre eux.
Rentré chez lui, Campbell se plaisait