‹ Tout ou rienChapitre 22 sur 109 · PREMIERE PARTIE, CHA.P. I · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CHA.P. I

Et son regard reprit alors une expression si calme, si indifférente, si occupée de ce qu'elle disait que James, désarçonné de nouveau, baissa la tète et se tut.

Quelques minutes s'écoulèrent pendant lesquelles James ne pouvait rien trouver qui le satisfit; cependant il sentait qu'il ne fallait pas perdre un temps précieux, et laisser échapper une occasion de s'expliquer librement qu'il ne retrouverait peut-être jamais. En proie à tant de mouvements contraires, il n'était pas étonnant que sa physionomie trahit le déchirement de son cœur.

— Vous paraissez souffrir? lui dit enfin Hannah.

— Oui, je souffre, dit-il , pour le moment présent et pour l'avenir. Pour le présent, je n'ai pas de bonheur; pour l'avenir, je n'ai pas d'espérance.

*4 TOUT OU RIEJT.

— Pas de bonheur ni d'espérance?...

pourquoi moins aujourd'hui qu'hier?

— Hier je n'en avais pas, comme demain , comme plus tard. Vous vous étonnez que je souffre? Que diriez-vous de la position d'un homme qui aimant une jeune fille plus qu'il n'est possible de l'exprimer , serait sur le point de se la voir enlever ; car il n'est pas assez aimé pour espérer que cette femme se réservera pour lui; il n'est pas assez riche pour l'obtenir de ses parents.

— Que signifie cela, monsieur?

— Cela signifie que je vous aime; et

que nous sommes chez lord Arthur, duc

de Porthland, qu'il veut certainement vous épouser, que vos parents ne vous refuseront pas à un pair d'Angleterre, et qu'il faudra alors que je meure.

— Je crois, sir James, que vous perdez

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