PREMIÈRE PARTIE, Cil A P. I
la raison. Qui a pu vous faire croire que lord Arthur songe à moi?
— Et bien alors dites- le -moi donc, dites-moi que je suis un fou, un insensé; dites-moi qu'un tel malheur est impossible, dites-moi aussi d'espérer.
— Je ne vous dirai pas cela, monsieur.
— Oh! s'il y a sur la terre quelque chose qui puisse vous toucher, je l'invoquerai pour que vous ne me refusiez pas d'espérer. Si vous saviez , miss Hannah , ce que c'est que mon dévouement pour vous; non, vous seriez touchée; non, vous comprendriez1 que la femme qui rencontre un tel amour doit l'accueillir et le conserver à tout prix, tant qu'il peut être encore légitimé. Dites-moi, miss Hannah , que vous ne me haïssez pas, dites-le-moi, je vous en conjure.
— Savez-vous nager, monsieur? répon-
dit froidement Hannah, en jetant négligemment les yeux sur un canal assez profond devant lequel ils étaient arrivés sans que James s'en fut aperçu.
James demeura atterré sous l'impression glacée de cette interruption peu sentimentale; mais un bruit de pas se fit entendre à son oreille, et en détournant la tète il aperçut lord Arthur qui arrivait et qui aurait infailliblement assisté à la fin de sa brûlante déclaration, si miss Hannah n'avait prudemment changé la nature de l'entretien.
J^ord Arthur s'appfocha de miss Hannah avec une physionomie gracieuse et gaie, sans paraître le moins du monde contrarié ou déconcerté de la trouver tète à tète avec James.
Après quelques mots de politesse, il parla de la partie sur l'eau projetée, et
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se tournant vers James, il lui répéta la question qu'Hannah avait faite.
— Je ne sais point nager, monsieur, répondit James, qui, en présence de lord Arthur qu'il haïssait , avait repris tout son sang-froid; car après l'explosion de l'amour, la haine et la colère elles-mêmes ne sont plus que de la tranquillité.