PRKMIKRE PARTIS, CHAP. II
thur; il n'y avait pas moyen de dire un mot à l'oreille d'Hannah, pas moyen d'obtenir un regard ou un signe de son pardon. Cependant lord Arthur, ayant aperçu dans la rivière un poisson dont les couleurs lui parurent d'une richesse et d'un éclat extraordinaires, appela tout le monde pour le voir. Hannah, qui, jusque là, quoique visiblement préoccupée, était restée au courant de la conversation, demeura seule à une extrémité du bateau, sur le bord duquel elle était assise, tandis que tout le monde se portait vers l'autre; elle ne paraissait même pas avoir entendu lord Arthur. James profita de ce moment, et interrogea, avec un frisson de terreur et d'angoisse , les yeux d'Hannah. Celle-ci lui répondit d'abord par un regard sévère; puis, peu à peu, soti
expression s'adoucit, et bientôt James crut voir sur sa physionomie un rayon tellement céleste d'une douce pitié , qu'il ne put s'empêcher, tant il était hors de lui , de saisir la main d'Hannah , et de la porter à ses lèvres, sans s'apercevoir que tout le monde se retournait , après avoir admiré le merveilleux poisson. Hannah, épouvantée, se leva si brusquement, en retirant sa main, que le bateau en reçut une secousse, et la lui rendit à son tour ; elle perdit tout à coup l'équilibre et tomba par- dessus le bord dans le canal, laissant un lambeau de sa robe dans la main de James , qui voulut en vain la retenir, et qui poussa un cri déchirant, auquel un autre cri répondit, un cri de mère!
James, à cette vue, poussé par un mouvement irrésistible , mit le pied sur