PRKMIKI1E PARTIE, CHAP. III
L'histoire de la promenade sur l'eau avait circulé sous mille formes, et comme il arrive toujours , c'étaient les rameurs les plus bizarres et les plus ridicules qui avaient obtenu crédit. Du reste , on l'avertit sérieusement à plusieurs reprises qu'il devait rendre ses visites moins fréquentes chez un membre aussi déclaré de l'opposition , dans l'intérêt de la conservation de sa place. James n'en tint pas compte, et ne pouvait trouver probable que le gouvernement se formalisât de ses visites chez un orateur populaire^ lorsque Campbell ne blâmait pas sa présence dans un ministère de l'état.
Cependant il fallait bien que James retournât chez Campbell. Après bien des hésitations, il reprit la route si connue de la demeure du membre de la chambre des communes.
!\l\ TOUT OU RIEN.
Hannah était seule. C'était un coup du sort. Elle était visiblement souffrante et triste. James attribua uniquement le changement qu'il remarqua en elle à son indisposition, et, en regardant ses joues pâles, il ne vit pas ses yeux rouges.
ïl se sentit glacé et interdit devant elle: il était coupable envers Hannah de tant de maladresse, que c'était presqu'une offense. Puis il tremblait d'apprendre la réponse qu'on n'avait point encore faite à son aveu. Il n'osait parler; ce fut Hannah qui rompit le silence la première.
— Malheureux! qu'avez-vous fait? lui dit-elle enfin. Pourquoi avez-vous appris au monde entier un secret que j'aurais voulu ignorer moi-même ? Pourquoi me compromettre par un acte de désespoir si inutile, ou du moins si prématuré?
— Je vous crovais morte; auriez-vous