PREMIÈRE PARTIE, CIIAP. III
voulu m'envier même de vous suivre?
— J'eusse été morte que ma réputation me survivait encore ; vous l'entraîniez dans votre suicide insensé, que vous deviez à ma mémoire de retarder plus long-temps; mais rien ne prouvait encore que j'eusse péri.
— Mais c'est que le désespoir de vous sentir sauver par un autre, par un rival, était aussi affreux que la terreur de ne plus vous voir; c'est que j'avais perdu la raison à force de douleur, en pensant qu'il fallait que je cédasse le droit de vous sauver à l'homme en qui il devenait celui de vous posséder plus tard.
— Toujours cette fatale pensée!... Oui, c'est toujours ainsi L.c'estaveeles craintes imaginaires que nous amenons des maux réels. Votre jalousie sans preuves et sans fondement vous a entraîné comme un
vertige à la plus grave imprudence. Qu'en est-il résulté? c'est que mes parents, qui vous accueillaient avec plaisir, se sont vus dans la nécessité de cesser de recevoir un homme dont l'amour compromettrait leur enfant , tant qu'il ne serait pas légitimé; et il ne peut l'être. Vous êtes sans fortune, et mon père aussi : votre seule ressource vous abandonnerait si vous entriez dans ma famille. Mon père m'a annoncé la résolution qu'il a prise de ne plus vous recevoir, résolution qu'il a prise avec regret, parce qu'il avait du plaisir à se trouver avec vous, mais irrévocablement, parce qu'il s'agit pour moi des intérêts les plus graves; et, pour me prouver sa confiance en moi , c'est moi-même qu'il a chargée de vous l'annoncer.
James s'approcha d'Hannah, et lui dit