PREMIERE PARTIE, CIIAP. VI
entendue de vouloir être misérable polir ne pas être obligé. — Vous avez jusqu'à demain pour vous décider; je vous offre l'hospitalité pour cette nuit, afin qu'elle vous porte conseil.
11 sortit.
James demeura interdit devant cette table où était le portefeuille. — Il n'avait qu'à étendre la main , et il possédait une fortunelégitimement acquise, presqu'une restitution. — Pourquoi donc tout son cœur se soulevait-il à l'idée de ce simple mouvement? Il eût moins hésité à étendre la main pour frapper un ennemi; c'eût été un crime, mais non peut-être une lâcheté. Cependant Hannah l'attendait : comment reparaître à ses yeux sans une meilleure nouvelle? — Mais fallait-il lui rapporter un bonheur donné en aumône, avec un affront; et pour pos-
séder Hannah , s'en rendre indigne?...
Une heure s'écoula dans mie horrible angoisse ; car deux sentiments tiraillaient le cœur de James, sans qu'aucune influence étrangère vînt donner l'avantage à aucun. Mais il fut tiré de son abattement par un domestique de sir Watley , qui entrait , conduisant un autre homme arrivant de Londres, et tenant une lettre à l'adresse de James. C'était d'Hannah; il l'ouvrit avec précipitation ; voici ce qu'elle contenait.
« James, le bonheur pour nous n'est pas de ce monde; — ne vous avilissez point devant votre oncle, ce serait inutile: — je ne puis jamais être à vous; ne cherchez pas à me revoir, si vous êtes prudent : tâchez de moublier; on ne meurt pas de douleur, puisque je vis encore en écrivant ces lignes.
PREMIÈRE PARTIT., Cil A P. VI. 99
«Celle qui eut voulu signer au prix <l<-
son sang,
« Votre fidèle Hanitah. »
Un cheval!... — un cheval! s'écria James en insensé...
Une demi -heure après il galopait sur la route de Londres.
Univers/tas B1SLÎOTHECA