‹ Tout ou rienChapitre 50 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE, CHA.P. VII. Io · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHA.P. VII. Io

ses les uns par la curiosité, les autres par la crainte; des conversations interrogatives s'établissaient sur le seuil de quelques portes; d'autres se fermaient avec bruit, comme au souffle de la grande tempête qui se préparait. Déjà des cris lointains et des coups de feu se faisaient entendre. On sentait que la populace préparait quelqu'œuvre sanglante, du succès de laquelle le produit serait une révolution, et dont l'avortement serait au moins une émeute.

Mistriss Campbell et sa fille attendaient avec de mortelles angoisses Campbell qui était sorti ; elles entendaient le bruit augmenter, et tout semblait annoncer une collision terrible entre les haines envenimées de deux partis. Pour elles surtout, c'était plus qu'une sédition, c'était déjà une bataille. Elles connaissaient trop

IOO TOÎ7T OU RIEN.

Campbell pour croire que de sang-froid il eut voulu continuer la polémique de la chambre des communes à main armée sur le pavé de Londres. Mais elles craignaient l'influence au moment et les pièges de la fatalité. Elles voulaient sortir et n'osaient; elles brûlaient d'aller le découvrir et ne savaient où aller le chercher. Était-il loin d'elles?.... — Ah! l'on est toujours éloigné l'un de l'autre, dans une ville où la mort sépare chaque rue. Enfin, Campbell rentra en désordre, ses habits déchirés, blessé légèrement d'un coup de pierre qui n'était point adressé à lui. 11 avait rencontré sur sa route les ouvriers en insurrection, qui l'avaient reconnu; leur imprudent enthousiasme s'était fait de lui un drapeau et un instrument; l'émeute l'avait entraîné dans ses bras rudes, en étouffant

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