PREMIÈRE PARTIE, C1IAP. Vil
sa voix : en vain avait-il voulu proclamer la suprématie de la légalité et désavouer les conséquences factieuses d'une opposition légitime; on avait répondu à ses réclamations par des hourras d'enthousiasme ; on avait couvert ses avis menaçants des cris de dévouement. Mais la . partie de la populace qui l'avait mis malgré lui à sa tête avait été rencontrée par des troupes, et, trop faible pour résister, quand même elle eût été assez courageuse pour combattre, elle s'était dispersée en fuyant. Campbell frémissant de honte et de fureur , voyant sa justification aussi impossible devant des mousquets chargés et des sabres nus , que son désaveu l'avait été devant les armes improvisées des ouvriers , avait été obligé de se dérober aux dangers de la réaction du pouvoir , désespéré à la fois qu'on
I o8 „ TOUT OU RIEN.
l'eut pu voir s'insurger en insensé et fuir en lâche.
Mais n'importe! — Mistriss Campbell et sa fille n'avaient compris clans le récit qu'il leur avait fait en pleurant de colère, qu'une seule chose, c'est qu'il était sauvé. — Elles l'embrassaient toutes deux, comme si c'eût été après une longue absence; car il avait été séparé d'elles par tout son danger. — Toutefois, le premier élan de joie passé, de graves inquiétudes vinrent empêcher cette allégresse de se changer en sécurité. Gampbelldevait avoir été vu à la tète des rebelles : le peuple qù'fl avait défendu si ardemment, l'abandonnait au pouvoir qu'il avait irrité, à ses collègues qu'il s'était aliénés. 11 avait combattu pour un parti selon sa conscience; sa conscience seule l'en récompensait.