‹ Tout ou rienChapitre 59 sur 109 · PREMIERE PARTIE, CHAP. VIII. I .J l · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CHAP. VIII. I .J l

n'êtes qu'un ange, vous êtes une créature plus noble, mais moins belle, plus élevée, mais moins aimante. Vous êtes parfaite là où une femme serait sublime. Oui, vous avez le devoir gravé clans le cœur, là où cette autre femme aurait un nom chéri; vous avez de la raison en place de tendresse , de la vertu en place de passion!... Ce n'est pas ainsi qu'on aime...

— Je vous rends justice, mais j'aimerais mieux vous rendre grâces. — Pardonnezmoi ce blasphème ; mais j'eusse préféré une vraie femme avec ses faiblesses courageuses et son égoïsme dévoué, abandonnant jusqu'à sa conscience, immolant jusqu'à son devoir, une femme qui aurait été ingrate et criminelle pour moi, comme je l'eusse été pour elle.

— James, James, votre raison s'égare.

— Je vous pardonne tout ce que vous

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dites. Que Dieu vous le pardonne de même , si vous y croyez.

— J'y croyais, mais moins qu'à votre amour; vous savez si je puis croire à votre amour maintenant.

— Miladi Porthland ne vous opposerait que le silence; Hannah Campbell, peut' être à tort, peut laisser paraître devant vous encore sa douleur.

— Eh bien I alors, si vous m'aimez , comment pouvez-vous voir autre chose que moi sur la terre. — Moi, il me semble que l'amour, c'est l'anéantissement de tout, excepté d'un seul être, aux yeux de celui qui aime. — Hannah , il eu est encore temps, aimez-moi, votre père sera sauve; dites à lord Arthur que vous ne l'aimez pas, demandez-lui grâce pour vous et pour moi... Savez-vous que je me tuerai, Hannah, si je vous perds... — que je le

tuerai peut-être?... — Ah! si vous êtes une femme sortie des entrailles d'une autre femme, au nom de ce qu'il y a de plus sacré au monde, aimez-moi...

— Vous me déchirez, dit Hannah d'une voix à demi brisée, vous m'ôtez toutes mes forces.. — mais, morte ou vive, j'accomplirai le sacrifice...— Non, je ne puis être à vous , j'aime mieux agir contre ma vie que contre ma conscience. — Mais pardonnez-moi, James; oh! ne m'en veuillez pas d'avoir rendu à mon père l'existence qu'il m'avait donnée , de lui avoir sacrifié ce qui ne m'appartenait pas. — Oh! cette idée serait trop horrible, James, que vous ne me pardonniez point... — Pardonnez-moi, et soyez.heureux, fallût-il que vous m'oubliassiez pour cela. — Dites, James, me pardonnez-vous ?

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James la regardait avec un œil stupirîe.

Me pardonnez-vous? répéta-t-elle, me pardonnez-vous mon malheur et le vôtre ?

— Je pardonne à mon oncle la mort de ma mère, répondit James, en lui serrant le bras avec fureur.

Il sortit précipitamment.

Que Dieu me soutienne! murmura Hannah, en tombant à genoux.

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