PREMIERE PARTIE, CHAP. XII
Un enfant! s'écria lord Arthur; j'ai un enfant î Moi qui cherche des devoirs à remplir, en voilà une longue suite qui est capable d'occuper à elle seule toute ma vie; et dire que, si ce courrier fut arrivé une minute plus tard, je n'aurais jamais embrassé mon fils!..
Pas un soupçon sur la légitimité de cet enfant ne vint à l'esprit de lord Arthur, tant se montrait éclatante à tous les yeux, autres que des yeux jaloux , l'admirable pureté de la vertu d'Hannah.
Lord Arthur, après avoir relu cette lettre , ouvrit pour la forme les dépèches ministérielles, déterminé à n'y répondre que par un désaveu formel de la ligne de conduite qu'on lui traçait , et par une demande d'être remplacé dans sa mission, demande dont les conséquences
lui eussent permis de revenir voir sa patrie et son fils.
Quelle fut sa surprise d'apprendre que le ministère était renversé, et que le gouvernement, animé d'un nouvel esprit, lui transmettait des intentions tout-à-fàit conformes aux désirs qu'il avait précédemment exprimés! Ces récentes instructions, données sur la nature de ses pouvoirs , ne lui permettaient plus de les abandonner sans honte.
On dit qu'un malheur n'arrive jamais seul, pensa lord Arthur,... ni un bonheur non plus : mais lorsqu'il arrive deux événements heureux, ils se contrarient l'un l'autre.
Il désarma son pistolet, et prit encore un verre de punch.