‹ Tout ou rienChapitre 89 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XIII. 2 1 "J · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. XIII. 2 1 "J

pardon demandé avec larmes. C'était je ne sais quel infernal regret de ne pouvoir haïr librement, ou plutôt je ne sais quel dévorant et impuissant dépit de ne pouvoir aimer à son aise. Hannah pleurait, attestait la fatalité, et demandait à James d'accepter l'avenir pour réparation. James alors s'accusait de sa douleur ; puis mistriss Campbell arrivait; Hannah essuyait bien vite ses yeux rougis. Mais rien n'échappait à la tendresse inquisitoriale d'une mère. Celle-ci ne parlait point; mais son attitude, son regard, révélaient ce qu'elle savait , et ces trois personnages étaient perpétuellement vis-à-vis l'un de l'autre dans une position gênante et cruelle.

James qui avait, depuis le changement de ministère, retrouvé un emploi , vivait d'une machinale existence d'attente. Il

n'avait qu'un seul ami dont nous n'avons pas encore parlé, parce que son influence avait été paralysée par les passions de James, et que les circonstances avaient toujours rendu son rôle nul dans notre histoire. C'était un jeune médecin assez célèbre , nommé Brilding. Certes , si James avait eu assez de sang -froid pour l'écouter, ses conseils eussent été pour lui des plus salutaires. C'était un homme trop positif et trop froid ; mais il ne pouvait trop l'être vis-à-vis James qui tombait dans l'excès contraire. Il travailla plusieurs mois à le distraire de ses soucis : il y réussissait quelquefois; mais le changement qu'il opérait n'était pas de longue durée.

Un soir enfin qu'il le voyait plus triste que de coutume, il l'emmena chez lui pour prendre du thé; et là, il voulut lui

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