‹ Toute la lyreChapitre 36 sur 79 · LES JARDINS DE LA MARGRAVE SIBYLLE · texte numérisé non relu

LES JARDINS DE LA MARGRAVE SIBYLLE

Le jardin était plein de bonne compagnie. Sibylle dans un coin, avec quelque ironie, Tenait sa cour, menant du bout de l'éventail Des ducs, des financiers, des prélats, son bétail ; Les terrasses étaient tout en charmille, et mainte Rhadamire y jasait avec quelque Araminthe ; Dans l'ombre au fond d'un antre, un vieux faune courbé Faisait du bel esprit avec un jeune abbé ; Deux philosophes gris, se prodiguant le geste, ^ Disputaient, et mêlaient le Phédon au Digeste ; L'un répondait Quia quand l'autre disait Cur ; Les grottes rayonnaient, et, dans le clair-obscur. On voyait les bras nus et les gorges de marbre Des déesses riant parmi les branches d'arbre, Pendant que les marquis en manteaux espagnols Leur lisaient des sonnets siffles des rossignols.

^ V. Zoo

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