traces de buddhisme en norvege
Il y a longtemps qu'en lisant divers ouvrages sur l'Inde et les pays voisins je trouvai sur les coutumes et les cérémonies religieuses des buddhistes des renseignements ' (|ui me frappaient par leur ressemblance avec celles des habitants païens de la Norvège. Je me mis donc à rassembler des noies pour ■ m'assurer si Todinisme ou la doctrine d'Odin el des Ases était, en effet, issue du buddliisme ou non; et plus je, rassemblais de notes, plus ma conviction se forlifiait que du moins une partie des doctrines d'Odin cs\f^ 'c du sein du buddhisme ; ce que >^ le mémoire.que je présente
j'ai tjlclié de ici au lei
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arcbéologu renseignemei pu qu'cffleurcp, au bvddliisme cl ment tiré un petit tresécrils que je n'ai
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drait rechercher l'origine de la mythologie Scandinave pourrait faire une riche moisson dans les Puranas, où Ton trouve des légendes frappantes par leur ressemblance avec celles de la Scandinavie. J'en citerai quelques exemples tirés du Vichnu Puranay pour attirer l'attention des archéologues sur cette mine à exploiter. On lit, à la page 425 delà traduction de M.Wilson, une légende d'un anneau nommé Syamantaka, qui chaque jour produisait huit charges d'or. On y reconnaîtra facilement le pendant du Draupner, l'anneau d'Odin, que lui forgèrent les Dvergs (génies demeurant dans la terre et sous les grosses pierres), et qui produisait toutes les neuf nuits huit anneaux pareils \ Le Çarabha des Indiens, animal à huit pieds qui habite sur les montagnes neigeuses, est évidemment identique avec SIeipner, le cheval à huit pieds d'Odin. D'après le Vichmi PuranUy p. 632, l'univers sera une fois détruit par un feu qui , sortant de la bouche du serpent Sécha dans l'enfer, consumera les enfers, la terre, et enfin l'atmosphère, la région des dieux; mais ensuite {ibid.y p. 27-32) une nouvelle terre s'élèvera sur la surface de l'Océan et y nagera comme un navire. Nous rencontrons une doctrine semblable parmi les anciens Norvégiens, d'après laquelle un feu, accompagnant le génie Surt, consumera la terre, l'univers et tous les dieux et les hommes; mais ensuite une nouvelle terre s'élèvera du fond de l'Océan. Je pourrais multiplier ces exemples, mais je dois passer à l'objet principal de ce mémoire.
* Skalda 121 ; Miiiich, Nordmœndenes Gudelœre i Uedenold (la Théologie dos NoiTégiens au temps du paganisme), p. 65, note.
nu
BUDDHISMË EN NORVEGE
AVANT L'INTRODUCTION DU CHRISTIANISME
LES TOPES ET LES IIAUGS. — RELIQUES DES SAINTS
Les premiers Européens qui connurent les budclliistes observèrent chez eux des cérémonies et des coutumes qui donnaient lieu de voir en eux une secte de chrétiens égarés. On observa, entre autres, qu'ils conservaient et adoraient les reliques de leurs saints.
D'après les légendes des buddhistes, ils avaient déjà, quel- (jues siècles avant notre ère, adopté la coutume d'élever de grands monuments pour y conserver les restes de Buddha et des plus éminents de ses disciples, quelquefois même pour conser\'er la mémoire de quelques-unes de ses -actions sur les li(Mix mêmes où elles s'étaient passées.
(](»s édifices ont ordinairement des proportions colossales
i THACES
et sonl conslruits eu pierres ou eu briques sur une base qui est quelquefois formée d'un mur régulier et quadrangulaire, et d'autres fois ne consiste qu'en un tas de grosses pierres brutes anoncelées sans ordre. On les appelle, en sanscrit, stupa, ce qui, proprement, signifie monceau, tas, tertre. Ce mot a, au fur et a mesure, été altéré et abrégé dé manière que les babitants actuels de Tllindostan et de TAfgbanislan appellent ces monuments lape, et aussi en Afghanistan hunlj ou «tour. » A Ceylan, ils portent le nom de /Mpa,ma:s plus souvenf de dagoha, mot altéré du sanscrit dhâtugopa^ .qui veut dire réceptacle de reliques précieuses. Au Tibet, on les nomme chostin ou chhodtm^.
La légende suivante contient une description du stupa, et peut être considérée comme son idéal,
« Alors, en présence de Bhagavat (Buddba), de la partie du sud (située devant lui), au milieu de l'assemblée, sortit un stupa fait des sept substances précieuses*, haut de cinq cents yoyanas et ayant une circonférence proportionnée. Ce stupa, s'élant élevé dans l'air, se tint suspendu dans le ciel, beau^ agréable h voir, orné de cinq mille balcons jonchés de fleurs, embelli de plusieurs milliers de portiques, de milliers d'étendards et de drapeaux, entouré de milliers de guirlandes formées jde pierres précieuses, ayant une ceinture d'étoffe de coton et de clochettes, répandant au loin l'odeur parfumée du santal et de la feuille de tamala, laquelle remplit la totalité de cet univers. La file de parasols (qui la surmontait) atteignait jusqu'aux dem(Mires (les dieux ^. »
* Des descriptions détaillées do plusieurs topes avec dessins se trouvent dans le Journal Asiatique, recueil de mémoires, etc., public par la Société Asiatique, Paris, 1822 et suiv., iu-8, 111* sér., l.U ; Ariana antiqua, a descriptive Account of the Antiquities and Coins of Afghanistan iwith a Memoir on the buildings called Topes, hv C. Masson), by IL 11. Wilson, London, 1841, in-i. Topes, pi. IMX.
* (rest-;wlue d'or, crargcnt, de lapis-lazuli, d'émeraude, de cristal de roche, de j)crlos rouges et de diamants.
5 Le Lotus de la bonne loi, p. 145.
A cette légende, qui décrit le lôpe idéal, ajoutons ce que dit M. Cunningham sur le tôpe réel.
« Le tôpe, dit-il, est un bâtiment solide, hémisphérique, variant en grandeur depuis le grand tchaytia* de Santchi, qui a un diamètre de cent six pieds, jusqu'au plus petit, à lihojpour, dont le diamètre est de six pieds. Les plus anciens tôpes étaient de simples hémisphères, comme le grand tchaytia de Santchi, qui date probablement du milieu du sixième siècle avant Jésus-Christ. Ceux dont l'époque se rapproche le plus de celui-ci sont la plupart des tôpes de Bhilsa, qui datent de la iin du troisième siècle avant notre ère. Dans ceux-ci, l'hémisphère est élevé de quelques pieds seulement sur la plinthe par l'addition d une portion cylindrique. La troisième classe des tôpes se trouve dans T Afghanistan, et remonte au commencement de l'ère chrétienne. Dans ceux-ci, Thémisphère est considérablement élevé sur la plinthe. La dernière classe, dont le Samath-tôpe , près de Bénarès, est un magnifique spécimen, a l'hémisphère élevé k une hauteur aussi grande que le diamètre du tôpe. »
Le tôpe est un édifice religieux dédié spécialement a Buddha, c'est-h-dire ou a Adhi-Buddha, le céleste, le grand auteur primitif de toutes les choses, ou a une dé ses émanations, les Manuchi-Buddhas ou les Buddhas mortels, dont le plus célèbre est Çakya-Muni, qui mourut en 543 avant Jésus-Christ. Des tôpes ont aussi été dédiés aux plus illustres disciples de Çakya et aux autres prêtres de Buddha qui, par suite d'une éminente sainteté, sont censés avoir atteint l'absorption complète dans l'esprit divin, d'où ils ont tiré leur origine.
Dans les tôpes dédiés au Buddha céleste, rien n'a été déposé; mais l'esprit divin , qui est lumière, était supposé demeurer dans l'intérieur, et était annoncé au dehors par une paire d'yeux placés a chacun des quatre côtés, a la base on au sommet du bâtiment. Tel est le grand tchaytia près d(» Kathmandu, dans le Népal, dédié a Sambhu ou Svayambii-
* Le tchaytia est un bâtiment destiné h un ohjot religieux.
nâth, ou les yeux sont placés aux côlés du sommet (the crown) du bâtiment*. Tels sont aussi les nombreux chodten's (m Chhod. r-Ten) du Tibet, qui sont dédiés auBuddha céleste, bien distingués des Dung-len's (g-Dungr-Ten) , qui sont bàlis à l'honneur des Buddhas mortels. Le premier nom signiGe (une offrande à la divinité ; le dernier, un réceptacle d'ossements (g-Dung), c'est-k-dire un bâtiment contenant les ossements ouïes reliques de quelqu'un des Buddhas mortels Dans ceux-ci les yeux occupent les côlés de la base*.
Ces monuments ne servaient pas seulement à conserver les restes et la mémoire des saints, mais quelquefois aussi ceux des rois, comme M. E. Burnouf nous l'apprend : « Selon les traditions des buddhistes du Sud, dit-il, ce ne sont pas les seules reliques des Buddhas qui ont le privilège d'être conservées dans ces grandes constructions (les stupas). Je trouve a ce sujet un passage formel dans le Tupa, vamsa pâli : « Un «< tathagata vénérable parfaitement et complètement Buddha (f a droit a un stupa; un Patchtchekabuddha a droit k un stupa; « l'auditeur d'un tathagata a droit a un stupa ; un roi Tchakka- « vatti a droit a un stupa '. »
Comme la légende de l'Inde attribue a Buddha l'origine des stupas ou tôpes, ainsi l'origine des haugs (grands tertres artificiels) est, par la tradition de la Norvège, attribuée k Odin. l/auleur de ï Histoire des anciens rois de la Norvège, Snorro Sturlason, s'exprime ainsi k ce sujet* :
« Odin donna k son pays la loi qui régit les Ases. II ordonna ainsi que tous les morts seraient brûlés, et que leurs biens seraient portés avec eux au bûcher. De cette manière, dit-il, chacun viendrait au Walhalla avec les richesses qui l'accompagnaient au bûcher. Il jouirait aussi de tout ce qu'il avait luimême caché dans la terre. Mais la cendre serait jetée dans
* Un dessin de ce bâtiment est donne par M. Hamilton (auparavant Buchanan) dans son Descriptive Account ofNepaul.
* Journal of the royal Asiatic Society of Great Britain and Ircland, London, in-8, loc XIIÏ, j». 109.
'» Lo Lotus de la bonne loi, p. 4'i2-425.
^ Ynglingn Saga y chap. vm.
la mer, ou cachée dans la terre. Après la mort des' hommes braves, on élèverait des haugs (tertres) a leur mémoire. De plus, on élèverait des bautastens (cippes)sur les corps de ceux qui avaient montré du courage , coutume qui fut observée longtemps ensuite. »
Ici, il n*est pas dit expressément que les restes des braves seraient déposés dans les haugs, mais Thistoire nous apprend que cela était au moins le plus souvent le cas. Et, de même que les topes ont été et sont encore des objets de vénération et d'adoration, ainsi les haugs ont été vénérés dans la Scandinavie. On trouve même encore en Norvège des traces de cet ancien respect, car il y a des haugs qu'on croirait violés si quelqu'un se permettait de couper les herbes ou les arbres qui y croissent.
L'auteur de l'ouvrage intitulé Lalita Vistura, biographie de (lautama Buddha, rapporte qu'a sa mort huit villes se disputèrent son corps, et la lutte ne fut apaisée qu'à la condition qu'on partagerait ses restes parmi ces huit villes, dont chacune éleva un stupa sur la portion qui lui échut ^
Snorro mentionne, dans VHistoire de Halfilan Svarte (le noir), roi d'une partie de la Norvège, un fait analogue. Voici ses propres paroles :
<t II (Halfdan) était si estimé du peupiC, qu'ayant appris sa mort et sachant que son corps avait élé transporté dans le llingerike pour y être enterré, les hommes les plus éminents du Raumarike, du Vestfold et du Heidamôrk, y allèrent et demandèrent le corps pour l'emporter chez eux et l'enterrer dans leur district, croyant que celui qui l'obtiendrait pourrait espérer de riches moissons. Enfin la dispute finit par l'accord qui fut fait de partager les restes mortels du roi en quatre portions. La tête fut déposée a Steen dans le Ringerike, les
* Cité dans Ariana anl.y p. 46; C. Lasscn, Indische Alterthumskunde : Bonn, in-S, ï, p. 77-78; 11. T. Prinsep, Tibetf Tartary and Mongolia, their social and polilical Condition and the lieiicjionof Uoodfi., London, 1851, in-8, p. 139; Fa Hian, transi, hy Laidloy, p. '258; iliouen Tlisang, p. 151, 155.
aulres portions furenl emportées et déposées dans des liaugs qui portèrent ensuite le nom de Halfdanhaugs (tertres de Halfdan * . »
On voit, par ce récit, que le peuple attribuait k son roi un certain degré de sainteté. Il parait que la royauté était combinée avec une espèce de sacerdoce, car Snorro nous apprend dans un autre endroit* qu'aux grandes fêtes, lorsque les viandes des sacrifices étaient cuites et prêtes k être servies, le roi avait le devoir à remplir de bénir les mets.
Il y adestôpes et deshaugs qu'on a explorés avec beaucoup de soin, et dans lesquels on n'a rien trouvé. II peut néanmoins se faire que des reliques aient été déposées dans ces monuments, car elles ont souvent été si petites, qu'il serait presque miraculeux qu'elles eussent été retrouvées dans de si grandes masses de pierres, de terre ou de briques. Il y a, pour citer un exemple, un dagoba, ou tôpe, a Ceyian, qui a été bâti suf un cheveu que Buddha avait a son front, sur son œil gauche'. L'historien de Hiouen Thsang fait plusieurs fois mention de stupas élevés sur des cheveux ou sur des ongles coupés de Buddha \
Il peut donc se faire qu'un monument où on ne trouve rien puisse contenir quelque relique ; mais il faut aussi convenir qu'il y a des monuments qui n'en contiennent aucune.
Dans la manière de traiter les restes des morts, l'analogie ne se borne pas au brûlement et à l'érection de tôpes ou de haugs, mais, de même qu'en Scandinavie* les cendres des hommes moins importants furent, ou mises dans des urnes et ^posées en ferre, ou jetées dans l'eau, ainsi les buddhistes de Geyiaa mettent les cendres de leurs morts dans des urnes qu'ils déposent dans la terre, et les buddhistes de Népal jettent les cendres de leurs morts dans l'eau *^.
* Haldon Svartes Saga, chap. ix.
* Hakon den Godes Saga, chap. xvi-xix.
^ Journal of the royal Asialic Society of Great Uritain and Ireland, Loiidon, iii-8, XIII, p. 172.
* IlioucD Thsang, j). OG.
'^ (].-F. EgfTton, Journal of a winlers Tour in hvlia, with a visil lo
Dans les ciineliùres cingalais, on remarque une grande variété de petits tas coniques, élevés sur les restes des morts*. De même on voit en Norvège, ça et la, un certain nombre de petits tas autour des grands.
Nous passerons a la comparaison des (opes et des haugs, quant k la forme extérieure, la grandeur, la construction intérieure, leurs accessoires, l'inventaire de leurs cellules, etc. Et ce sont parliculièrement les haugs de la Norvège, qui me sont le mieux connus, qui entreront dans cette comparaison. Nous sommes cependant convaincu que ce qu'on lira ici sur ces haugs peut se dire de tous les tertres de ce genre qui sont épars sur la vaste zone qui s*étend depuis le mont Caucase jusqu'en Norvège, en y ajoutant la basse Allemagne, les Pays-Bas, une partie de la France septentrionale, et TAngleterre*.
FOUiME DES MOiNUMENTS.
Les monuments tumulaires de l'Europe ^ composés de pierres, de sable ou de terre entassée, ont reçu la forme la
tlie court of Nepaulf London, 1855, 2 vol. in-8, ï, p. 196-97; F. Artli. Ncal, Narration of a résidence in Siani, London, 1852, in-8, p. 65-65.
* Forbes, Eleven Years in Geylon^'l, p. 921.
^ M. W. Grimm, grand connaisseur des antiquités allemandes, fa>t dans son ouvrage, Deutsche liunen, p. 265, cette obsei^ation pour les pays situes entre le Cauease, au sud, et la Baltique et la mer du Nord, au nord-ouest. Mais oB verra que cette observation doit s'étendre de plus vers le nord et Touest. Un archéologue russe, M. Tysjkjevitsj, remarque que les mômes objets se trouvent aussi bien dans les tunmli de la Russie méridionale que dans les tuinuli Scandinaves. (Voy. Antiquarish Tidsskrift, 1852-1854, p. 175.)
^ Le lecteur comj»reudra que je ne parle que d'une partie de FEurope ; mai^ je jirends la liberté de me servir de ce mot, faute d'un terme convenu
plus naturelle d'un amas, celle d'un cône tronqué et arrondi en haut.
* Les lôpes de TAsie se sont développés au fur et a mesure, depuis le stupa originaire, c'e^l-h dire le tertre coniforme *, qu'on a remplacé, pour faire la cellule intérieure plus solide, par un mur quadrangulaire surmonté d'une construction conique, et enfin on a élevé cette construction en plaçant, entre elle et le soubassement, un cylindre *. Or les haugs de la Norvège et le** tôpes de l'Asie paraissent avoir eu la même forme originaire, et la seule différence entre ces monuments, qui subsistent dès l'antiquité, c'est la forme plus développée des tôpes, qui ont néanmoins toujours conservé la coupole conique, tenant le milieu entre le cône et l'hémisphère.
Par une exception assez rare, on trouve, en Norvège et au Tibet, des monuments carrés de la même espèce *.
11 y a, aussi en Norvège, des tumuli portant un petit tumulus sur le sommet*, comme pour imiter les tôpes avec leur soubassement, lequel, en Afghanistan, est, le plus souvent formé de pierres Jetées ensemble sans ordre. En Julland et à Bornholm, on trouve des tumuli d'une construct'on pareille '.
I our désigner la partie dont je parle, et pour éviter une longue énuniératicii de pays.
* A Ainaravati, ville sur le bord méridional du fleuve Krichna, dans le Guntnr Sircar, on a découvert un tertre nommé Dipaldima, c'est-à-dire le. tertre de lumière, qui a environ 128 pieds de diamètre et 16 pieds de haut. Dans le centre, il y avait un étang, et la base a été entourée d'une double rangée de pierres richement sculptées, dont plusieurs avaient été enlevées ou détruites. Dans les environs, il y a un grand nombre de tertres artificiels. (Ariana ant., p. 32-33.) Dans le sud de Tlnde, il y a plusieurs groupes de tertres semblables. (Voy. la dernière note au § 17.)
* Voy. §i.
* Voy. Lloyd's Narration, etc, and Girard's Account of an attempt ta penetrate to, etc , H, p. 69; Uliengren och C. G. Brunius, ISordiska Fornlemningar, Stockholm, 1823, 2 v. in-8, II, n. LXXIV. (Antiquit. du Nord.)
* Un tumulus semblable, situé dans la paroisse d'Ullensager, est décrit dans VUrda, H, p. 288-289. Un autre est situé dans la paroisse de Uaus, diocèse de Bergen. Je Tai vu en 1849 à moitié démoli.
» V. Anliquarisk Tidsskrift, 1846-1 848> p. 142.
Il est douteux que des tours murées, semblables aux lôpes, aient Jamais été en usage en Scandinavie ; cependant on trouve des tours en ruines qui donnent l'idée d'une destination pareille. Ainsi il existe près des côtes orientales du Gothland, île de la Baltique, quelques restes de tours, partie rondes, partie carrées, que les habitants des environs appellent kastals (châteaux). On voit deux de ces tours dans la paroisse d'Euya, dont une près de l'église : la forme en est ronde, leur diamètre est de trente-trois pieds, et les murs ont une épaisseur de six pieds et demi ; les pierres qui forment la face intérieure sont travaillées au ciseau et unies, mais le côté extérieur des murs est composé de pierres rudes, et Tespace qui est autour est encombré de pierres, de sable et de chaux. Non loin de ces tours, il y a des restes d'une autre tour qui est aussi ronde ^
M. C. Save, qui a donné la description de ces tours, émet l'opinion qu'elles ont servi de fortifications contre les pirates du moyen âge, et raconte qu'une fois les habitants des environs se sont défendus quelque temps dans une de ces tours contre Valdemar, roi de Danemark. Mais il ne s'ensuit pas que leur destination primitive ait été de servir de moyen de défense.
Les habitants de l'Afghanistan nomment souvent aussi les tôpes bourdijes, ou châteaux, et, k Khotpour, on voit un tôpe qui paraît être la tour angulaire d'une forteresse*. Il faut encore remarquer que les anciennes tours de Golhiand se trouvent ordinairement dans le voisinage des églises. Or, quand nous considérons que les fondateurs des premières églises chrétiennes aimaient a choisir les lieux où les païens se rassemblaient pour offrir leur hommage aux dieux '.il deviendra
' M. Sàve parle aussi d'une tour carrée près de Téglise de Gothem ou Gautunrty nom qui pouvait faire penser h Gotama ou Gatttama Buddha ; mais le nom est probablement une altération de Godheim (demeure de Dieu).
* Ariana antiqua, p. 64.
^ Sulp. Severus (éd. Amstelod., 1G65), p. 458, dit : « Nam ubi fau.i dcstruxerat (Martiuus) stalim ibi aut ccclcsias aut mouasleiia construcbat. » D'un CHSlrum olim cuUnniy on Francbe-Comté, parle Jonas Bobbiensis iu Vitri S. Columhani (f 015), rap. xvii ; in .{et. Bcned., 2, 12, 13.
vraisemblable que les tours dont il s'agit aient servi au culte païen.
Dans la province septentrionale de la Norvège, nommée Finmark, on voit également çà et la, près des bords de la mer Glaciale, des constructions rondes, hautes de quelques pieds, sans toits, et vides en dedans, soil de forme conique, soit se rétrécissant dans le haut, constructions dont personne ne connaît la destination. Deux voyageurs qui ont passé plusieurs années dans le Finmark et qui, dans leurs courses, ont souvent rencontré et regardé ces tours, ont vu chez moi les dessins des tôpes, dans VArunia antiqua, et m'ont assuré qu'ils trouvent beaucoup de ressemblance entre les tôpes et les constructions du Finmark.
SYMUOLISMK DU TOPE.
Au commencemeiU, le tôpe ne doit pas avoir été autre chose que ce que le nom indique, un tas ou* tertre, de la forme la plus simple et la plus naturelle, celle que le haug de la Scandinavie conserve toujours; sans quon paraisse avoir eu la pensée de symboliser par la aucune idée abstraite. Mais, lorsqu'on eut commencé de construire le tôpe en pierres ou en briques avec du ciment, et qu'on en eut augmenté la hauteur, il reçut une forme qui mil l'imagination en mouvement, et elle y découvrit un symbole, ce qui ne doit pas avoir été sans influence sur les architectes des tôpes postérieurs. Il parait, cependant, qu'on ne fut pas d'accord sur l'idée symboliqtie : quelques-uns y virent l'image du linga (membvum virile), le symbole de la fertilité et de la renaissance. Cette explication est adoptée dans la légende rapportée dans le Notiv. Joiini. Asiat., t. VII, p. iii , note "2 : « Biuldha coupa les boucles de cheveux du front de sept cents brahmanes et
^fllialriyas, ou, en d'autres roots, les fit buddhistes. La moitié des cheveux monta au ciel, Taulre moitié des cheveux tomba la terre, et il en sortit des tchaitiyas (tôpes) innombrables,
la forme des lingas. » — C'est le même symbolisme qui a „^jé le nom de dâgoba (ou tope) a la pierre, en forme de Qiga, qui est debout dans les cavernes de roche qui servent 1r temples, par exemple a Ajunteh et a Ellora^ C'est a cela |R*ii faut rapporter entin les pierres en forme de linga (dont Kms parlerons ci-après, § 12) qu'on place, dans le Penrijâb, Hir les tombeaux des hommes pieux, comme pour témoigner Ôiie, par leurs vertus, ils auraient mérité un tôpe, si leurs ad- Ihirateurs avaient pu en faire les frais.
•. On peut tirer une autre interprétation du symbolisme par la comparaison qu'un auteur cingalais établit entre le tôpe et W&e bulle flottante sur Teau : symbole de la vanité du corps liiiinain, comparaison dont, à ce qu'on dit, Buddha se servait auvent dans ses sermons*.
On a aussi donné une troisième interprétation, que voici: les Hindous se servent de petits autels de poche, faits de cristal en forme d'une coupolç appuyée sur une plinthe carrée, qa*on nomme bhupura, la cité de la terre'; le nom qu'on donne a la coupole n'est pas indiqué, mais on est tenté, pour ne pas dire forcé, d'y voir le symbole du ciel, qui est la voûte de la terre.