LES DRAGONS
Les dragons ou des serpents imaginaires, ayant des membres de divers autres animaux ou même de l'homme, jouent un grand rôle dans la mythologie et l'art d'ornementation des anciens Scandinaves. On les voit sur leurs bractéates d'or et sur divers ornements en or et en argent*. Même après l'introduction delà foi chrétienne, les sculpteurs transportaient les dragons sur les meubles et sur un grand nombre de pierres sépulcrales*; et les parois et les portes de nos anciennes églises n'ont pas d'ornements plus ordinaires que des dragons entrelacés ^
* Zeitschr, der deutschen morgenl. Gesellschaft, IX, p. iv-v.
* Sirr, H, p. 329; Forbes, ï, p. 419.
* Beskrivehe over Mynter og Medailler i den kongelige Sa7nl.t I cl., pi. I et II; Urdttf 1, pi. IX, n. 45; mon Mémoire: Descriptio omamentorum, etc., in parochia Eger repertorum, pi. II, fig. 23, 25, 26, 27; Worsaae, Afbildninger, etc., n" 322, 327, 228, 568, etc. Nous avons donne le dessin sur notre planche, fig. 14, d'après Beskrivelse, etc., pi. II, fig. 20.
* Goransen, Bautil, Worm, AntiquiUUes, Annaler for nord, Oldkyndigkedy etc.
* Voyez Touvragc de M. Dalil, sur les Anciennes conslruclions en bois
Le serpent n'occupant pas une place remarquable parmi les animaux de la Scandinavie, il serait «difficile d'expliquer le grand rôle qu'il joue dans les monuments si on ne supposait un emprunt de quelque pays où le serpent attire une grande attention, comme c'est le cas dans Tlnde qui abonde en serpents dangereux par leur venin, leur force et leur grandeur. Par conséquent les anciennes légendes de l'Inde sont remplies de récits de dragons doués de qualités extraordinaires. Ils parlent, ils raisonnent, ils ont leurs princes et leurs princesses, ils font des miracles, ils s'unissent en mariage avec les hommes, etc., etc. Le biographe de Hiouèn Thsang fait souvent mention d'étangs peuplés de dragons, près des topes ; et ces dragons sont si pieux, que, s'étant métamorphosés en hommes, ils font respectueusement le tour du tope ou stupa* Le même biographe nous apprend que les buddhistes figuraient des dragons en sculpture ; il mentionne par exemple un couvent k Patalispûtra, où se trouvaient des pavillons qui * avaient des piliers ornés de dragons ^ Parmi les ruines d'autres villes buddhiques, on a encore de nos jours trouvé des sculptures représentant des serpents et des lézards ^ Dans la cellule d'un dagoba, ouvert en 1820, près de Colombo en Ceylan, on trouva parmi les articles ordinaires des images d'argile du serpent renommé Cobra di Capello *. Le même goût pour les sculptures en bois, formant des figures entrelacées, qui était en vogue en Norvège au moyen âge, se fait encore voir dans le royaume buddhique &u Nepaul ; on y trouve a Kathmandu, la capitale, a l'extrémité d'un pont, une porte sur laquelle est placée une espèce d'écu d'armes supporté par deux serpents \
de la Norvège f et les planches qu'a publiées la Société pour l-i conservation des monuments antiques de la Norvège.
» lliouèn Thsang, p. 128.
' Hiouèn Thsang, p. 151.
•^ Sirr, II, p. 352; Kitier, die Stiipa\ p. 210; Forbes, 1, p. 415, 416.
* Ib., p. 90-91.
^ Egerton. I, p. 189-190.