‹ traces de buddhisme en norvegeChapitre 4 sur 15 · DES TOMBEAUX · texte numérisé non relu

DES TOMBEAUX

En Afghanistan, on trouve toujours à côté des tôpes un ou plusieurs tombeaux qui se distinguent des lôpes, a l'extérieur, par l'absence de la construction cylindrique qui, dans les tôpes, joint les coupoles et les soubassements; et, a l'intérieur, par ce qu'on y trouve. Ces tombeaux sont toujours placés au nord, au sud ou k Touest du tôpe, jamais k Test.

Dans la Scandinavie , on ne peut pas distinguer par la forme les tombeaux des monuments plus sacrés; mais, la où il y a des groupes de tertres, il est k supposer que le monument le plus sacré est un des plus grands, et, lorsqu'on les ouvre, le contenu, dans tous les cas, est différent.

Chez bien des nations, on a considéré comme un bonheur d'être enterré dans le voisinage d'un sanctuaire. Par cette raison, les tombeaux sont réunis près des tôpes et des haugs

• f/rda, II, p. 19.

-" Ib., II, p. 13.

5 Ib., II, p. 26.

* Ib,, III, p. 46. Ce qui est curieux, c'est que, dans les Etat-Unis de rAmérique, on trouve des tertres artificiels formés de plusieurs couches de différentes matières, en forme de coupole, Tune sur Tautre, et quelquefois un étang à côté. (V. Transactions of the American Elhnological Society, vol. III, part. I, p. 57.) Ces tertres suggèrent Tidée d'une population provenant des Norvégiens, qui découvrirent T Amérique Tan iOOO de notre ère. (V. Antiquitatcs Amcricnnœ, cd. Ral'n )

sacrés; et, par cette raison, on trouve souvent des urnes remplies des cendres des morts cachées sous le gazon qui entoure leshaugs^

Les buddhistes de Ceyian déposent encore souvent les urnes avec les cendres des morts près des vihara's et des dagoba's *. La construction extérieure du tombeau est, ordinairement, la même que celledu tôpe, quoique souvent moins solide; mais rintérieur se distingue par Tabsence d'articles précieux et par la présence d une plus grande masse de cendre et d'ossements, quelquefois déposés dans une urne, d'autres fois sans urne, et quelquefois entremêlés de charbon.

M. Masson a trouvé, dans quelques tumuli^ k Daronta (Afghanistan), une construction intérieure particulière qu'il décrit en ces termes ' : « La masse du monument est divisée en quatre cloisons, avec des passages qui se croisent k angles droits. Ces passages s'étendent dans toute la profondeur de la construction et ont une largeur de cinq k six pieds ou même davantage... Cette particularité doit cependant être regardée comme propre k ces monuments, attendu qu'on l'a observée dans les plus anciens. »

A cette construction parait répondre la description du haug dans lequel le corps du roi des Suédois, Frey, fut déposé, et dont Snorro parle en ces termes * : « Le roi Frey étant sur lé point de mourir, ses gens élevèrent un grand tertre et y appliquèrent une porte et trois autres ouvertures. Frey étant mort, ils le portèrent secrètement dans le haug; mais ils dirent aux Suédois qu'il vivait et qu'ils le garderaient pendant trois ans. Tout le trésor fut porté au haug, et ils introduisirent l'or en dedans par une ouverture, l'argent par une autre, et le cuivre par une troisième. »

La porte,, et les trois autres ouvertures, paraissent ici indi-

* Urda, I. p. 34.

* Sirr, II, p. 196.

^ Ar. ant., p. 92-93. La pi. V présente un dessin de la construction qui est rendu dans la planche jointe à ce mémoire, fr^. 1 .

* Ynglinga Saga, chap xii

querdeux passages qui se sont croisés comme dans les tombeaux de Daronta. Quant au trésor, nous en trouvons une mention analogue dans la description du soubassement d'un tope, non loin de la ville de Cabul, dont parle M. Jacquet, d'après le récit de M. Honigberger, en ces termes * : « Le tertre sur lequel est élevé ce tôpe est intérieurement excavé et probablement soutenu par des constructions souterraines ; c'est ce qu'on peut reconnaître a des afTaissements partiels du sol et à des éboulements de terre ; la circonférence de ce souterrain parait être d'environ deux mille pas. Le propriétaire du terrain dans lequel est compris ce tertre raconta à M. Honigberger que, dix ou douze ans auparavant, comme il faisait creuser a quelque distance une rigole ou kâriz, pour la conduite des eaux k travers ses champs, les ouvriers employés à ce travail avaient découvert l'issue d'une galerie souterraine qui se prolongeait dans la direction du tertre et qui paraissait devoir aboutir sous le tôpe même; les ouvriers avaient aussitôt pénétré, armés de torches, dans cet étroit passage; mais ils n'avaient pas tardé a reparaître avec leurs torches éteintes et avaient rapporté a leur maître que de grosses chauvessouris, les seuls hôtes de ce souterrain, effrayées devoir troubler le silence et Tobscurilé de leur retraite, avaient tournoyé autour d'eux et avaient éteint les torches en les rasant avec leurs ailes; quelques jours après, ces ouvriers avaient disparu de la contrée avec leurs familles sans avoir averti personne et sans avoir même réclamé une somme de plus de cent roupies qui leur était due, tant ils avaient craint de trahir par cette démarche leurs projets de furtive émigration; les autres habitants avaient été naturellement conduits a soupçonner qu'ils avaient découvert et enlevé un trésor considérable déposé sous le tôpe, et cette conjecture avait été en partie confirmée par cette circonstance que d'autres ouvriers, après avoir pénétré de nouveau dans le passage souterrain par l'ordre du propriétaire, étaient parvenus à une grande galerie

* Journal Asiat., 111' sér., t. II, p. 250.

î:o traces

située sous l'cmplaccmenl du lôpe c*l y avaieiit trouvé plusieurs pièces d'argent a la surface du sol. »

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