DES ÉTANGS
L'eau étanl nécessaire pour les ablutions religieuses, ou a souvent placé les tôpes au voisinage de quelque source, on on a construit des aqueducs pour amener l'eau nécessaire. Mais la où la position ne permettait ni l'une ni l'autre chose, on a creusé des étangs auprès des tôpes.
Ainsi M. Sirr* nous apprend que, parmi les ruines de l'ancienne capitale de Ceylan, Anuradjapura, où plusieurs dago- • bas ou tôpes se voient encore, on trouve huit grands étangs et un plus grand nombre de petits, qui sont encadrés de pierres taillées. Sur le côté de quelques-uns des derniers, il y a un certain nombre de cellules ou petites chambres hautes de cinq pieds, longues de dix et larges de sept> Les prêtres buddhiques de nos jours racontent que, dans l'antiquité, ces cellules ont été des lieux de prière et de contemplation religieuse. Le 'pavé de ces cellules est au niveau de l'eau quand les étangs sont pleins. On y trouve aussi beaucoup de puits dont la mai^elle est en granit. Le plus grand et le plus profond est près du dagoba de Ru^anwelli-saye, et l'encadrement est construit de manière a former des degrés qui décroissent en descendant. M. Sirr fait mention d'une tradition qu'il a apprise des indigènes et qu'il trouve vraisemblable, portant que, vers le fond du puits, il existe une entrée k un passage secret qui mène a Ruwanwelli. Cette tradition, dit-il, est soutenue par une relation historique qui mentionne une entrée
Sirr, II, u. 298-299.
secrète dans ce dagoba, laquelle n'était connue qu'au roi et au prêtre officiant. C'était par Ik que le roi entrait lorsqu'il voulait adorer les reliques de BuddhaS qui y étaient déposées . M. Chapman* rapporte aussi une tradition d'un roi, Bhâtiyo, qui fut introduit par les prêtres dans ce même dagoba, où on lui montra de grandes images des dieux faites d'or pur, etc. '.
11 est certain qu'il y a des lôpes avec de semblables passages souterrains, qui conduisent vers le centre du monument.
M, Massouv observa les traces d'un passage de ce genre dans un tôpe k Tchahar-Bagh*, mais il n'eut pas les moyens de l'examiner ; il s'assura seulement qu'il était dans la direction de la mystérieuse enceinte du monument. M. Honigberger reconnut un passage souterrain du même genre près d'un tôpe, k des affaissements partiels du sol et k des éboulements de terre ; et il fut informé par le propriétaire du terrain qu'il existait un passage souterrain, long d'environ deux mille pas, qui conduisait vers le centre du tôpe *.
L'historien chinois HiouènThsang rapporte un événement qui prouve la supposition d'une entrée souterraine dans un tôpe. 11 raconte que les prêtres tirèrent les reliques sacrées d'un tôpe, les adorèrent et les rapportèrent dans le tôpe®. Puisque les tôpes n'ont jamais d'entrée visible, il faut que l'entrée dont il est question ici ait été sous terre.
Le même historien Hiouèn-Thsang fait mention de plusieurs étangs sacrés appartenant aux tôpes. Il dit, par exemple, kla page 130, qu'un stupa (lôpe) était bâti sur une ancienne maison dans laquelle était un puits qui fut creusé jadis pour ser-
* Si ce que la tradition rapporte est vrai, on doit supposer qu'on a pu vider le puits et le remplir en peu de temps.
« Joùm, ofthe R. As. Soc, XIII, p. 174-75.
^ A quelque distance du dagoba, un prêtre montra à M. Foibes une dulle de pierre longue de douze pieds et large de neuf pieds et demi, qu*il signala comme couvrant Tentrée du monument. (Forbes, I, p. 225.)
* Ar. ant., p. 103.
» Joiirn. Asiat., III, vS.: T. H, p. 254.
« lliouen Thsang, p. 216.
2i TRACES
vir aux cércmonies religieuses. Et, à la page 128, il parle (l'un étang de dragons près d'un stupa.
Eu Norvège, où presque partout raccès à Teau est facile, on a rarement eu besoin de creuser des étangs pour se procurer Teau nécessaire pour les cérémonies religieuses. Pourtant ou trouve a VigerOe, ile près des côtes du Sôndmôr, diocèse de Bergen, un grand baug, près duquel il y a une excavation dont Tévéque Neumann a donné la description ^ Elle est rectangulaire, longue de cinquante-quatre pieds, lai^e de quarante, elle a une profondeur verticale d'environ six pieds, et ses côtés sont réguliers et inclinés. Cette excavation attire l'attention de tous ceux qui visitent la localité, et a donné naissance a des explications diflërentes. On a cru qu'elle a été faite pour en retirer la terre et s'en servir pour élever le tertre voisin. D'autres sup- |M)sent que c'était une cave sous une maison. Mais sa régularité n'est pas compatible avec la première opinion, et, si elle eût jamais été surmontée d'une maison, il en serait resté des traces, ne seraient-ce que des pierres d'une substruction, ce dont on ne fait pas mention ; et l'inclinaison des côtés est aussi incompatible avec une destination semblable. 11 n'y a donc guère d'autre explication a trouver, si ce n'est de supposer que c'était un étang, quoiqu'il soit actuellement h sec. De tels changements, en effet, ne sont pas sans exemple. Comme la situation de cet étang près d'un grand tertre artificiel est comparable a RuwanwelliDagoba avec son étang, on a aussi soupçonné ici un passage souterrain. M. Strôm, qui, il y a environ quatre-vingts jans, a donné une description du district de Sôndmôr, conclut, par des affaissements du terrain, qu'il y a un passage souterrain vers le grand baug *.
Outre l'excavation dont nous venons de parler, il y en a d'autres dans des positions semblables. Près de grands haugs, par exemple, a Indre-Holmedal, diocèse de Bergen, on trouve une excavation de cinquante pieds de longueur et
* IJrda. l fiO.
î Sondmorx Ueshrivehc, II, p. 41.
(l*aulaDl de largeur S et une autre k Yttre-Holmedal dont les dimensions ne sont pas indiquées* ; une a Sielôe, longue de cinquante pieds et large de vingt-quatre pieds ^ une aTysnaes. longue de quarante-huit pieds et large de seize pieds \
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