LE MEUNIER ET CHRISTOPHE
Chantons un tour plaisant, ) Arrivé, il n'y a pas longtemps, ) A Christophe, le bon enfant.
La chose est véritable.
Sa femme avait pour amant Un meunier fort aimable.
Christophe s'en va au marché Pour y vendre ou acheter.
N'a pas trouvé à débiter Son beurre, ni son fromage.
Il fut bientôt décidé A vendre son ménage.
La femme voit venir de loin ) , .
Christophe plein de chagrin. \
Elle dit au meunier soudain :
Je vois venir Christophe,
De crainte qu'il ne vous voie,
Mettez-vous dans le coffre.
Christophe, tout en entrant, ) .
Dit : Femme, fait mauvais temps ; j
Je n'ai pas trouvé à débiter,
On ne m'a fait aucune offre.
Je me suis décidé,
Je veux vendre mon coffre.
La femme lui dit : Mon ami, ) , .
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Tu me parais bien étourdi. \ 11 faut vendre mes habits Et nos chemises, Christophe, Je veux vendre mes joyaux Et laisser là le coffre.
(LXXXI1I) Recueilli daus le pays de Sedau.
Christophe s'en va en criant : ) ^ . Argent de mon coffre ! \ Je le veux vendre dix-huit francs, Il est bon et valable.
Je ne sais pas ce qu'il y a dedans, 11 pèse comme le diable.
vu
Celui qui le lui marchandait, | ^ .
C'était un garçon boulanger, ) '
Dit : Je vous en donne quinze francs,
11 est payé au double.
Le meunier qui était dedans,
La cervelle lui trouble.
Et vous, jeunes garçons rebelles ) Qui allez voir les belles, ; Je vous en prie, n'allez pas, N'allez pas chez Christophe Vous faire, comme le meunier, Renfermer dans le coffre.