‹ Traditions, coutumes, légendes et contes des ArdennesChapitre 21 sur 392 · JI · texte numérisé non relu

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jours très en vogue dans les Grandes-Landes, sous le nom de gourré (I). Dans le pays de Liart, la soûle s'appelait le jeu du battoir parée que la « balle » était lancée avec un battoir semblable à celui dont se servent les lessiveuses, et encore au gant dont se servent les Basques pour jouer à la balle.

LA CLÎGNETTE

De tous les jeux enfantins qui furent en usage dans le pays d'Àttigny, la clignctte est un des plus anciens et des plus populaires.

Ce jeu consiste en une course faite sans que le coureur soit obligé de suivre un tracé précis, mais qu'il doit exécuter dans un espace de terrain fort circonscrit. Le nombre des joueurs est illimité. Cbaque joueur doit éviter la rencontre ou le contact — selon les conventions — de « celui qui l'est » et doit poursuivre les autres à outrance jusqu'à ce qu'il soit remplacé par celui qu'il a rencontré ou touché.

Toici quelques unes des formules — le plus souvent un assemblage de mots sans aucun sens — servant à designer celui qui l'est. C'était une sorte de mélopée rythmique. Celui qui la psalmodiait se plaçait au centre des joueurs placés en cercle, et, allant de droite à gauche, il en frappait un légèrement à chaque mesure. Celui sur lequel finissait le dernier mot « était dehors, » c'est-à-dire qu'il sortait immédiatement du cercle et l'opération recommençait jusqu'à ce qu'il ne restât plus qu'un joueur ; c'était alors lui qui « Tétait » :

camp ennemi à sa ruine. Autrement ils ne peuvent devenir lanceurs que si ils ont rcijaqué la bille sur leurs bâtons. — Je ne parle pas du tir a Voie, jeu barbare, autrefois si commun au temps de la Toussaint, et qui heureusement disparaît tous les jours. »

Nous avons donné dans l'un de nos précédents chapitres la description île ce tir à l'oie.

Au sujet de nos jeux qui pourraient avoir une origine antique, voir l'intéressant ouvrage de M. Becq de Fouqcieues : Les Jeux des Anciens. 11 eût été trop long de faire des rapprochements, les jeux étant un peu les mêmes dans tous les pays. Voir Rolland : Mutes et Jeux de l'enfance.

(1) Ce jeu de la soûle est très ancien et très populaire dans toute la France; il fut souvent entre deux villages un sujet de rivalités, donnant naissance à des luttes sanglantes et mortelles. La police et la gendarmerie durent parfois intervenir pour séparer des joueurs qui s'assommaient, s'entretuaienl. Autrefois même, Charles V fut obligé de défendre ce jeu, ainsi que le témoigne. son Ordonnance de 1369 ainsi conçue : « Défendons tous jeux de dés, de tables, de paulmes, de quilles, de palets, de « soûle » et autres jeux qui ne chéent point à exercer ne habiliter nos sujets à faits d'armes en la défense du royaume. » — Peyron, La Tour-d' Auvergne et Le Boeuf prétendent que la soûle avait été instituée en l'honneur du soleil. Pareillement, Emile Souvestre et .M. Loris de Lapkade qui, dans son curieux travail sur les Erreurs- et préjuges populaires, écrit : « Le culte du démon a longtemps existé en Basse-Bretagne sous le nom de Saint-Soul, personnification populaire d'une divinité païenne, Soul, le soleil, dont le culte symbolique a duré jusqu'au siècle dernier, malgré les ordonnances du Parlement et les ordonnances du clergé. »

Voir une note de M. Certecx dans la Reçue des Traditions; L. Bmnne.mére : Les Jeux publics chez les Gaulois, et E. Souvestre : Les Derniers Bretons, pour l'interprétation mythique de ce jeu.

« On donne ce nom de soûle, dit Souvestre, à un énorme ballon de cuir rempli de son que l'on jette en l'air et que se disputent ensuite les joueurs partagés en deux camps opposés. La victoire reste au parti qui a pu s'emparer de la soûle et la porter sur une autre commune que celle où le jeu a commencé.

« Cet exercice est un dernier vestige du culte que les Celtes rendaient au soleil. Ce ballon, par sa forme sphérique. représentai! l'astre du jour, on le jetait en l'air connue pour le l'aire toucher ii cet astre, el lorsqu'il retombait on se le disputai! comme un objel sacré. Le tnol lui-même de soûle vient du celtique héaul (soleil) dans lequel l'aspiration initiale a été changé eu s, ainsi que dans tous les mots étrangers adoptés par les romains : ce qui a donné seaul ou soul. »

Voir encore Lecoelu : Le Boccceje normand, t. II, p. 138-170.

C'é I tait une a I gace Qui cas I sait la I glace Au fin I cœur de l'é I té :

Coram' I père vous mon I fez.

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