LA SOULE
La soûle (ou le soulot) se jouait beaucoup, autrefois, dans les Ardennes. On se divisait en deux camps, chaque joueur ayant un bâton dont l'extrémité était recourbée en forme de crosse épiscopale. Aux deux bouts d'un pré aussi étendu que possible, on plantait un piquet. Chaque camp choisissait le sien pour y faire arriver une boule que Ton frappait et que l'on poussait violemment à l'aide de ces bâtons, les uns dans un sens, les autres dans le sens contraire, tout joueur, en un mot, la dirigeant vers le piquet respectif que ceux de son camp devaient toucher pour gagner. Ce jeu que nous retrouvons en Ecosse est de nos
;li Nous lisons dans J. Hubert, Géographie des Ardennes :
« Comme tes feux ne sont pas nne des particularités les moins intéressantes des mœurs d'un pays, j'indiquerai ceux qui sont principalement usités en Champagne, et d'abord les quilles. Ces quilles sont énormes et plantées à une grande distance les unes des autres; la boule, qui est fort grosse, exige de ceux qui la manient une force quasi-herculéenne. Aussi le Champenois se nioquet-il des petites quilles et des petites boules usitées dans les autres parlies du département. 11 appelle cela un jeu d'enfant.
« Après le jeu de quilles vient le jeu de fer. On [liante en lerrc une fiche de fer qui sert de but, on mesure une distance toujours très-longue, et de cette distance on lance vers le but un fer pesant une ou deux livres et souvent davantage. Ce fer a la forme d'un fer à cheval; l'objet du jeu est de faire la fourche, de fourchir, c'est-à-dire d'adresser le milieu du fer de manière qu'il soit traversé par la fiche.
« Un jeu qu'aiment beaucoup les enfants champenois est la bille. Ce jeu est un très bon exercice gymnastique; il nécessite la course et l'agilité, la justesse du coup-d'œil, l'adresse du bras et de la main. Voici en quoi consiste ce jeu : ou plante en terre un piquet gros comme le poignet, long de deux à trois pieds; on l'incline légèrement. Sur le sommet aminci de ce piquet on place, incliné aussi, un morceau de bois long de trois pouces, appelé bille. A partir du piquet on trace avec des rameaux une espèce d'arène ou d'enceinte plus ou moins étendue. Les joueurs se divisent en deux camps, les lanceurs et les recueilleurs.
« Un des premiers lance la bille à l'aide d'un bâton, et les recueilleurs tâchent de la recevoir sur leurs bâtons tous tendus en l'air. Aussitôt que la bille est lancée, le lanceur se met en course et les recueilleurs cherchent à l'attraper. L'habileté du coureur consiste à gagner un des rameaux, car dès lors il est inattaquable.
« Le soin des recueilleurs est de faire le plus de prisonniers possible et d'amener ainsi le