‹ Traditions, coutumes, légendes et contes des ArdennesChapitre 256 sur 392 · LA BATAILLE DE ROCROI · texte numérisé non relu

LA BATAILLE DE ROCROI

On raconte, dans le pays de Rocroi où cette bataille a laissé un souvenir ineffaçable, que chaque année, le 10 mai, avant le lever du soleil, en se plaçant à l'ouest du lieu où le combat s'est livré, on voit l'ombre des deux armées Espagnole et Française surgir du sol, s'élever lentement vers le ciel, se mesurer au milieu des nuages, s'altaquant, se défendant avec fureur, se confondre dans une épouvantable mêlée, et retomber enfin en vapeur dans la plaine.

On voit même aussi, nous écrit Mme veuve Carruel, d'Haybes-sur-Meuse, les Espagnols, genoux en terre, demandant grâce, et le duc de Eueutes assis sur sa chaise. Cette chaise, dans laquelle le général impotent se tint assis pour commander ses troupes, fut longtemps conservée à Rocroi chez les descendants de Noël de Champagne, gouverneur de la ville, quand se livra la bataille. Puis elle fut envoyée à Louis XV. Où est-elle maintenant ?

Le petit ruisseau qui traverse le champ de bataille de Rocroi, depuis cette époque a changé son nom et s'appelle « l'Eau noire, » tant ce jour-là le sang y coula à flots. Rencontrant sur la frontière belge un autre petit ruisseau « l'Eau blanche, » ils mêlent leurs eaux et ils forment le « Virvine » qui se jette dans la lieuse à Vireux.

M. Charles Laurent, archiviste des Ardennes, vient de publier, d'après des documents jusqu'à ce jour inédits, une fort intéressante petite plaquette : Avant et après Rocroi.

Page 1