‹ Traditions, coutumes, légendes et contes des ArdennesChapitre 325 sur 392 · DESCRIPTION DU CHATEAU · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU CHATEAU

« Ce château, d'une forme oblongue, était flanqué de plusieurs tours. Il était défendu au sud-ouest par un profond ravin que dominaient de petites redoutes dont on voit encore les traces dans les bois couronnant la montagne, et, des autres côtés, par des murailles prodigieusement hautes et épaisses, dont les fondements, reposant sur les roches, semblaient défier les ravages du temps.

« 11 fut longtemps — surtout avant la découverte de la poudre — réputé imprenable. Il avait quatre tours principales, avec des meurtrières, avec des mâchicoulis, d'où les hommes d'armes, en cas de siège ou d'attaque, pouvaient facilement jeter d'énormes pierres sur les assaillants ou les assiégeants ; plus, un pont-levis et portes avec herses et créneaux.

« Dans l'une des tours se trouvait la chapelle seigneuriale prenant jour au midi et au nord par de doubles fenêtres. On peut encore en retrouver les traces dans deux colonnes avec chapiteaux cubiques sur les angles du mur qui forme l'assise.

« Toutes les tours étaient pourvues d'ouvertures, de créneaux, d'étroites fenêtres garnies de barreaux de fer et de guérites pour les sentinelles. Toutes étaient reliées entr'elles par une forte muraille percée de pareils moyens de défense; à chaque embrasure il y avait des sièges en fer placés dans des renfoncements creusés tout exprès pour les sentinelles.

« Dans l'intérieur, leur abord était défendu par des créneaux et des meurtrières ; chaque porte avait ses mâchicoulis, si bien que chacune d'elles pouvait facilement soutenir un assaut.

« L'une des tours, surnommée la « tour Henri » — la quatrième — située à l'extrémité sud du préau, était l'une des plus importante. Ses basses-fosses, creusées dans le rocher, servaient ordinairement de lieu de captivité aux prisonniers ; ou les y descendait par une ouverture pratiquée à la voûte, au moyen de cordes qu'on leur passait sous les aisselles.

« La cour intérieure, connue aujourd'hui sous le nom de « Terre-Cadet, » était également entourée d'un mur d'enceinte éperonné de plusieurs tours. Après avoir traversé cette cour et passé le pont-levis, on entrait dans une seconde cour dite Salutatorium, où ne pénétraient que les fidèles, c'est-à-dire les gens du fief ou les invités du châtelain. Il y avait dans cette cour un escalier donnant accès aux caves, aux souterrains, et, au-dessus de la porte d'entrée, un corps de garde réservé aux soldats ou vassaux faisant sentinelle. Après avoir franchi le salutatorium, on arrivait à une galerie voûtée qui longeait tout le château et communiquant, par la porte d'entrée de droite, à un corps de garde creusé pour ainsi dire dans la première tour, par la porte d'entrée de gauche, à une grande salle où, très probablement, l'on donnait audience aux justiciables de la seigneurie ou même aux étrangers.

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