LE JEU DU COCHET
Le nombre des joueurs était indéterminé. On fixait en terre un bâton de quatre-vingts à quatre-vingt-dix centimètres de long, aplati à la partie supérieure; on l'inclinait à soixante degrés environ. On plaçait à l'extrémité aplatie, parallèlement à la direction du bâton, un morceau de bois portant une entaille qui l'empêchait de glisser, et qu'on appelait « coebet. »
i l ) Ce jeu ne paraît être qu'une modification de celui que nous avons décrit plus haut sous la qualification de : lou raimiou.
On traçait autour du bâton un cercle d'un rayon de un mètre cinquante centimètres ; et en avant du bâton, à une distancé d'environ sept ou huit mètres, un sillon droit.
Un des joueurs désigné par le sort, armé d'un bâton long de quarante à cinquante centimètres, se tenait dans le cercle, près du bâton incliné. Il criait : Cochet ; et les autres enfants, placés en avant, répondaient : Manqué. Aussitôt ce mot prononcé, avec son bâton il frappait un fort coup sous le cochet, afin de l'envoyer le plus loin possible. Les autres joueurs couraient ramasser le cochet et venaient ensuite se ranger en ligne droite le long du sillon. Celui qui tenait le cochet le lançait de façon à le mettre dans le cercle tracé autour du bâton incliné. Le joueur qui l'avait lancé tâchait de le rejeter au loin, avant qu'il fût tombé h terre, au moyen d'un coup de bâton ; les autres joueurs couraient de nouveau pour le ramasser et venaient encore se ranger le long du sillon. Celui qui tenait le cochet tâchait de l'envoyer dans le cercle; celui qui l'avait lancé tâchait d'empêcher, comme la première fois, au moyen d'un coup de bâton.
Tant que le lanceur réussissait à renvoyer le cochet, il restait à son poste. Mais s'il n'y parvenait pas, il quittait son poste et devenait coureur. Celui des coureurs qui avait réussi à jeter le cochet dans le cercle devenait lanceur.
Le lanceur, dans ses mouvements pour éloigner le cochet du cercle, ne devait pas sortir du cercle.
Ce jeu était un jeu de garçons et on ne jouait au cochet qu'en automne ou au commencement de l'hiver, surtout à Saint-Eti enn c-à- A mes .