LE JEU DE LA POTÉE
On faisait neuf trous en terre, profonds d'environ quinze centimètres, larges de vingt à vingt-cinq, disposés comme un jeu de quilles et distants les uns des autres d'à peu près cinquante centimètres.
Les quatre trous des coins s'appelaient les chiens, parce qu'ils gardaient le jeu; celui du milieu s'appelait la potée; les quatre autres s'appelaient les six.
A quelque distance des neuf trous, était un autre trou où l'on mettait les enjeux : c'était un bouton ou un liard par joueur.
Pour régler l'ordre suivant lequel on jouerait, chaque joueur, d'un point déterminé à l'unanimité, lançait une boule; et les diverses distances dont les joueurs s'approchaient de la potée marquaient le rang de chacun d'eux. Cette boule était en fer, en pierre ou en bois. Comme elle servait à chacun des joueurs pour marquer leur rang, elle leur servait aussi pour jouer. Celui qui avait le dernier rang indiquait aussi l'endroit d'où était lancée la boule pour le jeu.
Quand la boule n'allait dans aucun des neuf trous, on ne gagnait ni ne perdait; quand elle allait dans l'un des quatre chiens, on mettait à la masse un bouton ou un liard; quand elle allait dans un six, on prenait à la masse un bouton ou un liard; quand elle allait dans la potée, on prenait toute la masse. La masse gagne'e, on la reconstituait comme en commençant.
Celui qui l'avait gagnée indiquait l'endroit d'où l'on jouerait la deuxième partie; même chose pour les autres parties, et à chaque partie le premier joueur était celuw^iii venait à la suite du joueur qui avait gagné la masse.
On ne jouait à la potée que pendant le Carême : c'était un jeu de jeunes garçons.