‹ Traditions, coutumes, légendes et contes des ArdennesChapitre 92 sur 392 · LES POUX DE LA SORCIÈRE · texte numérisé non relu

LES POUX DE LA SORCIÈRE

Autrefois, à Omont, s'arrêtait à l'entrée du village nue vieille mendiante : elle s'asseyait sur une pierre et peignait sa chevelure d'où les poux tombaient par milliers. Cette affreuse mégère transmit un jour par sortilège, à un jeune homme d'Omont, cette vermine qui grouillait sur elle, et malgré qu'il employa tous les remèdes connus et inconnus, matériels et spirituels, il ne put jamais se débarrasser de cette nuée de bêtes qui pullulaient dans ses cheveux. Or, un matin que le pauvre affligé bêchait mélancoliquement son jardin, voilà que passe près de lui la sorcière. « Hélas ! brave femme, lui dit la mère du jeune homme qui ne la connaissait pas, voyez donc le malheur arrivé à mon fils; il ne peut se débarrasser de ses poux. » La sorcière se contenta de ricaner, mais par mégarde toucha, de la main, l'épaule de sa victime. Aussitôt tous les poux revinrent sur elle, et ils y crûrent tellement qu'ils dévorèrent la sorcière dont il ne resta bientôt plus que les os.

Los sorciers ont toujours été, et partout, des donneurs de poux. C'était là un de leurs grands maléfices, et souvent ils étaient, autrefois, reconnus à ce signe que la vermine les couvrait ou que les poux les dévoraient. Les similaires à cette légende ardennaise sont très nombreux, mais il nous suffit d'avoir constaté, en général, ces simples rapprochements. On pourrait consulter notamment, à ce sujet, le curieux ouvrage de Lecoeur, que nous avons souvent cité : Le Boccage normand.

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