CHAPITRE XXVI
dernières paroles furent dites, mais seulement de vive voix, aux officiers porteurs des dépérhes; c'est ce qui va être éclairci plus tard.
Tandis qu'il y avait ainsi doute dans l'armée française, la résolution du général Benningsen était arrêtée de livrer bataille. Depuis huit jours, toujours poussé l'épée dans les reins, parfois faisant mine de s'arrêter, puis regagnant par des marches de nuit quelque avance sur nos colonnes, c'était ainsi qu'il était arrivé à une journée de Kœnigsberg.
II n'y avait plus moyen de reculer : se laisser pousser jusqu'à cette ville et livrer bataille sous ses murs eût été jouer d'un seul coup le sort de son armée et nsquer tout à la fois le dernier rempart de la monarchie prussienne.
Benningsen avait donc rassemblé toutes ses forces, dont une partie arrivait par des routes diH'érentes de celle qu'il avait suivie. Il avait fait également venir de l'artillerie, et c'était avec 80 mille hommes et 4oo pièces de canon au moins, dont i5o de position, qu'il attendait l'armée française dans la plaine en arrière (l'Eylau. Il y avait enfin de grandes probabilités
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34C TRADITIONS ET SOUVENIRjS.
pour qu'il pùl être promptement rejoint {par le corps du général Lestocq.
Le 'S au matin, en commençant la bataille, l'armée française n'avait en ligne que le corps de Soult de 1 8 mille hommes, bientôt celui d'Augereau de 1 5 mille, la garde de g mille, enfin les 1 o mille chevaux de Murât, en tout 5a mille hommes. A partir de midi, Davout était entre en ligne avec i8 mille hommes; ce fut donc avec 70 niiUe que Napoléon soutint le fort de la bataille; Ney n'arriva que le soir vers sept heures.
En infanterie et en cavalerie» les forces des deux partis étaient à peu près égales , mais en artillerie les Russes avaient une grande supériorité.
Le champ de bataille était une vaste plaine d'une lieue carrée, légèrement ondulée par de petits monticules, entre lesquels se trouvaient plusieurs lacs : tout était glacé et disparaissait sous la neige comme sous un linceul.
Je n'ai pas l'intention de raconter les détails de cette terrible bataille ; j'en rappellerai seule^ ment les caractères principaux et quel en fut le résultat.
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