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CHAPITRE XXVU

Constatons d'abord la supériorité des Russes en artillerie, comme nombre de pièces et comme calibre. L'artillerie des divisions avait au moins i5o pièces de la et a5o pièces de 6 ou obusiers. Toute l'artillerie à cheval avait en outre été réunie et formait une réserve de 60 pièces. Les Français n'en avaieat pas en tout plus de. deux cents. Ce prodigieux développement de l'artillerie ne vint donc pas, comme on serait disposé à le croire, de Napoléon, qui avait fait ses campâmes d'Italie avec 4o pièces de canon.

La bataille d'Kylau fournit l'exemple d'une des plus grandes charges de cavalerie qui aient été faites, d'un des plus grands et périlleux efforts qui aient jamais été tentés par la cavalerie. On était au commencement de la bataille; l'Empereur avait fait porter en avant le 7* corps commandé par Augereau, pour attaquer le centre des Russes, tandis que leur gauche devait être attaquée et tournée par le maréchal Davout. Ce corps, égaré au milieu des tourbillons de neige, perdant sa direction et se jetant trop à gawdie, tomba au milieu des réserves de l'armée russe; mitraillé, chaîné, il disparut presque

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eii entier. Il fallait masquer le vide qui s'était fait dans notre centre, arrêter le succès des Russes là où s'accumulaient toutes leurs forces. L'Empereur ordonna à Murât de se jeter avec sa cavalerie sur le centre. Tout se précipite alors : dragons, cuirassiers, grenadiers à cheval de la garde; deux lignes de l'infanterie russe sont renversées, foulées aux pieds, on arrive jusqu'à la troisième adossée à un bois. La lai^e trouée qu'on venait de faire était jonchée de cadavres, mais il fallut revenir, et l'infanterie russe avait eu assez de fermeté pour se reformer après le passage de cet ouragan, en faisant face en arrière; il fallut donc encore la renverser pour se frayer un passage. Là périrent : les généraux d'Hautpout et Corbiiieau , Dalilman colonel des chasseurs de la garde impériale. Malheureusement les détails manquent sur la manière dont fut dirigée cette grande charge.

Dans le désordre causé par cette formidable attaque, une colonne russe s'avança jusqu'au cimetière d'Eylau oii était l'Empereur, et arriva à quelques pas de lui. < Jamais rien de ma vie ne m'a plus impressionné, raconte le général

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