CHAPITRE XXVM. «tfi
presque pas de feux dans la position qu'il occupe. Tout est, du reste, fort tranquille. »
Cette évacuation de Schloditten, même après en avoir repoussé les Russes, révèle encore les doutes qui existaient dans l'esprit de Ney sur l'issue de la bataille. Il prit une position un peu plus en arrière, mais occupant toujours la route de Kœnigsbei^, de telle façon que l'ennemi ne pouvait se retirer par là sans passer sous son canon.
Nous connaissons de la guerre et les enivrements de la victoire et les effroyables misères qu'elle entraine après elle. Les deux lettres que je viens de rapporter nous montrent, ce qui est moins connu, quelles sont les incertitudes, quelles anxiétés traversent souvent l'esprit des plus habiles et des plus braves.
J'en reviens à ce qui se passait au quartief général à huit heiu'es du soir. L'Empereur avait ordonné que les feux de bivouac fussent allumés sur toutes nos lignes. C'était prouver d'abord qu'il ne craignait pas que l'ennemi put juger de sa position ; c'était endn montrer à ses propres soldats sa confiance et la leur témoigner.
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A onze heures du soir, après que l'attaque contre Schloditten eût échoué, Benningsen et ses généraux tinrent un conseil à cheval. Osterman-Tolstoi, Knoring et Lestocq émirent l'avis de préparer une nouvelle attaque pour le lendemain. H Pour la première fois, disaient-ils, Bonaparte est battu en bataille rangée; il serait impolitique au plus haut degré de détruire l'effet moral immense produit par un tel fait en se retirant devant lui. > Le général en chef ne partagea pas cet avis. Déjà on connaissait le nombre des hommes mis hors de combat : il était de plus de 17 mille, des milliers de soldats en outre avaient abandonné leurs régiments ; on ne pouvfiit pas compter sous les armes plus de 4o mille hommes. Les vivres manquaient complètement. Sans doute l'armée russe avait en grande partie maintenu ses positions, mais ses communications sur Kœnigsberg pouvaient être coupées à droite, ses derrières étaient menacés à Anklappeti, toutes ses réserves étaient épuisées, on ne pouvait plus compter sur aucun renfort, tandis que le corps de Ney était arrivé et que celui de Bemadotte pouvait arriver pendant la
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