CHAPITRE XXVII
nuit. A ces considérations, il faut en ajouter une qui pouvait bien n'avoir pas échappé au général russe : c'est que les 7 mille hommes de la garde impériale à pied n'avaient pas tiré un coup de fusil dans la journée'. Or, les Prussiens qui en arrivant pendant la bataillé avaient fait un peu pencher la balance en faveur des Russes, n'étaient pas plus de 6 à 7 mille ; la considération avait donc sa valeur.
Benningsen ordonna la retraite; elle se fit pendant la nuit, sans être inquiétée; le.s Russes prirent la route de Kœnigsberg et s'arrêtèrent à Wittenbei^ qui n'en est qu'à trois lieues ; les Prussiens du général Lestocq se retirèrent par Domnau et Friedland. L'ennemi avait abandonné plusieurs milliers de blessés.
On a dit que Napoléon avait eu un instant l'intention de se retirer. Que Napoléon ait pu prévoir l'éventualité d'une retraite, cela est possible, c'était son devoir comme général ; mais qu'il ait donné aucun ordre à cet égard, c'est ce qui n'est fondé sur aucun renseignement sérieux.
' CotretpaDdaDCe de Napoltoo, tome XIV, n* i ijyS.
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2S8 TRADITIONS ET SOCVENIRS.
Et pourquoi se serait-il retiré? A quel moment? Ce n'était pas après la grande chai^; la crise était passée, Davout arrivait, et ses succès contre l'aile gauche des Russes étaient incontestables. Serait-ce au moment où les Prussiens arrivèrent et où Kutschitten fut repris? Mais Davout n'en occupait pas moins la plus grande partie du terrain qu'il avait conquis , et se trouvait à Anklappen et Klein-Sausgarten encore très-avancé sur l'aïle gauche des Russes. Ce fut alors qu'arriva Ney à Schmoditten et Schloditten, menaçant les communications de l'ennemi. Dès lors, il n'y avait plus de chances pour les Russes , et toutes les raisons qui décidèrent Benningsen à se retirer étaient autant d'arguments pour faire rester Napoléon.
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