CHAPITRE XXVIII
cette mésaventure, ce n'était pas tout à fait de leur faute, ils étaient tout aussi braves que leurs camarades, mais leur arme avait été victime d'une idée fausse, malheureuse : on s'était fort épris, au commencement du siècle, de l'idée de former des hommes qui fussent à la fois de bons fantassins et d'excellents cavaliers. Le matin, comme, on l'a souvent répété, on leur démontrait que la cavalerie était impuissante contre l'infanterie, et le soir que l'infanterie devait inévitablement être culbutée par de bonne cavalerie. Une fois qu'on eut des hommes munis de cette double instruction, lorsqu'il s'agit d'aller en Pologne, on pensa à la mettre à profit. Il y avait 5 à C mille dragons formés par le général Baraguey-d'Illiers; on n'avait pas pour le moment de chevaux pour les monter, on les fit partir à pied, et ce ne fut qu'après avoir fait ainsi 4 ou 5oo lieues, qu'on leur en donna. Il est assez facile de comprendre qu'une cavalerie ainsi formée ne pouvait avoir la même expérience, la même habitude que celle composée d'hommes qui n'avaient fait que le métier de cavalier et n'avaient pas cessé de le faire. Aussi
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no TRADITIONS ET SOUVENIRS.
tes dragons en Pologne ne fîirent-ils pas toujours heureux : d'où vint le nom de gibier de Cosaques, que des camarades peu charitables leur donnèrent à cette époque. Ajoutons que ces gibiers de Cosaques, peu d'années après, étant redcTcnus en Espagne tout simplement des cavaliers, formèrent une des cavaleries les plus belles et les plus redoutables de l'Europe. On peut à cet égard interroger les Anglais.
Cependant approchait le moment arrêté dans la pensée de Napoléon pour commencer son mouvement rétrograde. Le 1 6 février, les maréchaux reçurent leurs instructions. Le jour fixé, tous les avant-postes devaient rester dans leurs positions ordinaires , afin de masquer le mouvement de retraite. On devait commencer par faire filer tout ce qui pouvait encombrer la marche de l'armée : la grosse cavalerie prendrait les devants; puis les corps d'armée se mettraient en marche : Davout à la droite, se dirigeant par Bartenstein sur Heilsbei^, Soult au centre marchant sur Liebstadt , Bemadotte sur Wormditten; enfin le major général écrivait à Ney : « L'Empereur, Monsieur