GRANDE ARMÉE - 6' CORPS
Nordbausen, le i8 octobre 1806, Ordbe de hoovehekt.
Les deux divisons d'infanterie partiront de Nordhausea le 19.
La 2* partira & 6 heures prédses et marchera h Hasefeld. Le 20 & Halberstadt, où elle recevra de nouveaux ordres.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
La 3* diviûon partira à S heures du matin et marchera à BenekenstetD. Le 20 à Halberstadt, où elle recevra de nouveanz ordres.
Le 10* de chassears prendra la même nrate que la 3* diviaioD et éclairera la marche.
Le quartier-général prendra également la même route.
Les cheft de coq» sont prévenus qa'il sera défendu d'entrer dans aucun des lienz sosmenUonnés.
Le maréchal saisit cette occasion pour rappeler les soldate français à l'honneur et à leur devoir.
Des d^ts inouïs ont été commis sans aucon avant^ pour ceux qui en sont les auteurs : quelques misérables souillent un nom dont tous les militaires doivent soutenir l'éclat.
MM. les ofQders sont prévenus que ceux d'entre eux qui se distinguent dans le miûntien du bon ordre et de la disâpliae seront cités à l'ordre et i-écompenséa ; ceux qui souffriront te pillage et l'insubordination seront notés et rappelés à leurs devoirs.
Le maréchal, plein de confiance dans l'honneur des Grenadiers françiùs, recommande & chaque compagnie la surveillance sur les U^neurs et les pillards; tout Grenadier qui en arrêtera sera récompensé > . . ■ .
Le Maréchal Commandant en chef,
D.qit.zeaOvGoOt^lc
Nordfa4iueD, le 18 octobre 1806.
A Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Prince de Neuchâtel et Valanffin.
Monsagneor,
J'û rhoDDear de reodre compte à Votre Altesse qu'après la bataille d'Iéna, où je n'ai pu engager que mon avaut-garde qni s'est couverte de glcùre, et qui D'à été soutenue par le reste de mon corps d'armée que vers trois heures après midi, j'ai porté le corps sur Weimar et pris position en arrière de cette ville.
. Le IS, je me suis remis eu marche sur Eriiirt afin de ne laisser aucun rel&che à l'ennenû.
Les deux divisions d'infanterie parties fort tard, et retardées encore par le déûlementdes colonnes de cavalerie* ne purent arriver devant ta ville qu'à 10 heures du soir.
L'ennemi occupant encore cette place, j'envoyai un de mes aides de camp en parlementtire pour la sommes.
Cet officier trouva un parlementaire de S. A. le prince Murât, occupé de rédiger une c^itulation.
Je savais que l'ennemi filait en partie sur LangeosaUa dans le plus grand désordre, et que si je pouvais l'attein-' dre, de concert avec l'artillerie du Prince, nous frapperions on très^jrand coup.
Il me paraissait de la plus haute importance de bm»' qner cette opération, de laisser à cet e0et quelques bataillons d'infanterie, et de soutenir avec le reste le mouv^ ment que la cavalerie du Prince devenue disponible aurait pu faire'pour atteindre l'ennemi en déroute.
D.qit.zeaOvGoOt^lc
J'avais déjà ordonné à mes divisions de passer la Géra sur le pont au>des3U3 d'Erfurt et lusse mon avant-garde pour couvrir la route de Weimar. La convention conclue sur ces entrefaites rendit ces mesures superOues et il fallut les remplacer par les dispoûUons nécessiûres à la sortie de la garnison.
L'armée entra à Erfurt le 16 à midi, traversa la ville et marcha sans s'arrêter jusqu'à Grafintoone,
La cavalene du Prince était à Langensalzs où l'ennemi avait défilé pendant toute la nuit dans un désordre affreux.
Au moment de notre sortie d'Erfurt on rencontra une colonne prussienne d'environ 4 mille hommes, qui avait ordre d'y entrer et qui mit bas les armes sans résistance.
Ces difTéreuts événements ont valu 10 à 12 mille prisonniers dont 4 mille blessés.
Le iTaumatin, le corps d'armée partit de (jrafiotooDe, marcha toute la journée et toute la nuit pour Herckstd>en et Sunderbausen sur Nordbausen, où il va se refaire cette nuit des faUgues d'une marche de 15 lieues.
Je le porterai demain sur la direction d'Halberstadt, suivant l'ordre de mouvement d-joint, auquel j'ai ajouté quelques mesures relativement à la discipline dont le relâ> chement est porté au point que la vie des officiers n'est plus en sûielé. Votre Altesse jugera peut-être convenable d'appuyer ces mesures qui ne sauraient être efficaces sans
être générales :
Net.
Rapport su Maréchal Ney sur la bataillk d'Iiïna.
NordbauMt), ig ociobre 1806, Sire,
Conformément aux ordres de Votre Majesté, j'avais fait toutes mes dispositions pour pouvoir prendre part à l'attaque générale qu'elle avait méditée le 14 octobre sur l'armée prussienne : le corps d'armée était posté k Roda ; mon avant-garde vers léna.
Dana cette position reculée, il était difficile que le corps d'armée pût entrer en ligne pour l'attaque, et le grand brouillard qui survint devait encore y mettre obstacle.
Je pris donc la résolution de marcher avec mon avantgarde composée de troupes d'élite, afin d'avoir au moins quelque part aux glorieux événements qui se préparaient. Malgré tous tes obstacles, je parvins à 111' établir h la gauche du Maréchal Lannes.
Lorsque je fus arrivé à quelque distance de Krippendorf, je trouvai une ligne ennemie établie, la droite au bois, le centre couvert par te village, et la gauche se prolongeant sur le long rideau de hauteurs qui bordent le champ de bataille.
Informé que le corps du Maréchal Âugereau devait déboucher à ma gauche, je pensais qu'en' m' établissant entre le bois et le village, toute la droite de l'ennemi pourrut être coupée, et la direction du feu sur ma droite me prouvait que ce résultat serait inévitable.
Malgré le peu de forces que j'avais à ma disposition, je résolus de faire chaîner sur les pièces d'artillerie dont le feu incoaunodait beaucoup.
Le 10* de chasseurs, en cotonne par escadron, marcha & la faveur d'un petit taillis, changea vivement de dîrec- UoQ, se jeta sur l'artiUene et enleva sept pièces.
Je fis appuyer le mouvement par le 3* de hussards qui se prolongent à gauche : il changea de direction à droite et se jeta sur le flanc des gendarmes et cuirassiers de Keinkel qui commençaient à ramener le 10°.
J'avais également lait former deux petits carrés par mes deux batûllons de grenadiers et de voltigeurs réunis pour secourir la cavalerie, si elle était ramenée.
Les cuirassiers arrivèrent à vingt pas sans qu'il partit un seul coup de feu. Cette contenance vigoureuse réunie à l'apparition du 3' de hussards tes fit rebrousser, et la division de cavalerie légère du Général {la place du nom est restée en blanc) étant alors arrivée, ils prirent la fuite.
La ligne d'infanterie ennemie était couverte par une artillerie trop formidable pour que l'on pût tenter de l'entamer avec des hussards seulement; il étEÛt néanmoins de la plus grande importance, en attendant l'arrivée de quelques renforts, de faire des démonstrations qui empêchassent l'ennemi de faire un mouvement offensif.
Je fis avancer mon carré de grenadiers vers le bouquet de bois au centre, celui des voltigeurs sur le village à droite, et le 25* régiment d'infanterie légère sur le bois à gauche.
Dans cet instant le feu d'artillerie et de mousqueterie devint terrible sur toute la ligne.
Le chef de bataillon Lamour, mon aide de camp, se maintint longi.emps dans le village qui fut incendié.
Le l)ataillun de grenadiers tint également avec courage à l'issue du bouquet de bois.
Gomme je n'avûs que tnns ou quatre pièces de canon avec VavaDt-garde, et que je a'mais aucun autre moyen à ma dispo^tion, le feu de l'enneim devenait trop 9iq>érieur, et je fis fidre un petit mouvement en arrière, ce qui s'exéCDta avec un aplomb sans exemple.
Le corps du Maréchal Lannes aviùt continné sou mouvement; celui du Maréchal Augereau et mes divisions d'in- Tanterie commençaient également à arriver ; la marche en avant fut aussitôt reprise. Votre Majesté ordonna ellemême les dispo^tioDs nécessaires pour enlever la droite de l'ennemi qui restait engagée un peu sur la gauche.
Dès cet instant, la deuxième divi^on de mon corps appuya le mouvement des dragons du prince Murât : ta cavalerie légère en ût autant, et chai^ea la colonne qm se retirait sur Weimar.
Je suis an désespoir que la force irrésistible des choses m'ùt empêché de rendre compte à Votre Majesté d'événements plus déci^fe que l'arrivée de mes divisions n'aanùt pas rendus douteux, mais je puis assurer Votre Majesté que jamais troupe ne chargea avec plus d'enthousiasme que cette faible avant-garde. Mon état-major a fût des effi)rts dignes des plus grands élevés.
Je me fus un devoir de rendre un témoignage éclatant du courage et du zèle du général Bertrand, aide de camp de Votre Majesté, qui a suivi tous les mouvements de l'avant-^arde.
Le général Colbert a soutenu dans cette circonstance. sa réputation de courage et de talent ; il fera un excellent généra] de division.
Le capitaine Gbodron, que j'avais pris pour aide de camp deux jours avant la bataille, a en la jambe emportée par
un boulet; je supplie Votre Majesté de vouloir biea accorder à cet officier le grade de chef de bataillon aide de camp : c'est une récompense & laquelle douze campagnes et quatre blessures lui donnent de grands titres.
J'ai cru devoir garder auprès de moi jusqu'à ce jour l'adjudant commandant Jomini, qui avùt obtenu de Votre Majesté la permission de me siùvre pendant l'action ; cet ofQcier a justifié dans cette occasion ta bonne (^inion que j'avais de sa valeur et de sa capacité; je le recommande de nouveau k la bienveillance de Votre Majesté.
Je termine ce rapport en suppliant Votre Majeté de nommer Général de brigade le colonel Lebrun \ qui peo> dant toute l'action a conduit son rég^moit avec beaucoup de distinction , et de donnei* le commandement du 3* de hussards au chef d'escadron Lapointe du 10* de chasseurs, dont les titres & cette grâce sont rapportés au tableau cijoint.
La perte de mon avant- garde s'élève au moins à 600 tués ou blessés.
J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de Votre Majesté l'état des officiers pour lesquels je demande de l'avancement; tous ceux qui y sont portés sont dignes de votre bienveillance.
Daignez agréer, Sire, l'hommage de respect et de dévouement avec lequel je suis,
De Votre Majesté Impériale et Royale,
Le trës-bumble et très-obéissant serviteur et fidèle sujet. Le Mahïchal Nev.
> Lebrun, connu depuU mub le nom de duc Charte» de Phiunce, était fils de Lebrun, architrteorier de TEmpire.