CHAPITRE XXIV
Mayn, se trouvait rassemblée en deux masses principales à Wnrtzbourg et à Bamberg.
Toutes ces forces s'élevaient à 1 70,000 hommes, sans compter les contingents allemands ni l'armée avec laquelle le roi de Hollande occupait Wesel.
On admire la facilité avec laquelle Napoléon fait mouvoir d'immenses armées , les amenant avec sûreté, à jour fixe, au point désigné par son génie, et s'assurant tout d'abord la victoire stratégique. Ainsi , à Marengo , dès qu'il a franchi leSimplon; à l}lm,dès qu'il a tourné parDonawerth la droite de l'armée autrichienne, il est assuré de la victoire; de même à Bamberg, dans la campagne qui va s' ouvrir, débordant la gauche de l'armée prussienne, il est déjà assuré de la gagner par sa droite, et de la devancer toujours sur l'Elbe et sur l'Oder.
Les résultats obtenus par ces combinaisons tiennent du prodige : ce sont des armées entières anéanties d'un seul coup; voilà ce que tout le monde voit, admire; mais, ce qui est également digne d'attention, rempli d'enseignements, ce sont les détails, les soins minutieux, enfm la
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66 TRADITIONS ET S0UVENIR;S.
prévoyance en quelque sorte surhumaine avec laquelle Napoléon préparait l'exécution de sa pensée. C'est une étude qu'on ne saurait trop recommander non-seulement aux hommes de guerre, mais encore aux hommes d'État, surtout à ceux qui se figurent la conduite de grandes armées chose facile, et qui croient que le succès s'improvise*.
A chaque instant il avait présents la situation de chacun de ses corps d'armée, des régiments qui les composaient, l'état de leur armement, de leur équipement, de leur habillement, ce qu'il y avait dans les magasins de souliers, de capotes, etc. Si un régiment était en marche, il savait à jour donné où il devait être. Avide de tous les renseignements qui devaient l'éclairer sur l'état réel et l'effectif de ses troupes, il écrivait un jour au prince Eugène, qui lui faisait
' La Corittpondanix de f/apaUon et le PrécU des évémritientt militairtt, par le général HilhteD Dumas, qai contient toutes les letlm adreuéea par Berlhier aux maréchaux, par oi'dre et sous l'inspiration de l'empereur, foruteiU déjà les étéments les plus précieuK de celle étude. Il serait désirable qu'ils fussent complété* par la publication de la correspondance des maréchaux eux-mêmes a*ec l'empercurel le major général; c'est ce que, dan* de* limite» fort r«s- Ireinles, j'ai essuyé de faire dans ce livre.
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