CHAPITRE XXIV
de belles phrases dans un rapport : « Envoyez-moi des états de situation bien ^ts; sachez qu'aucune lecture ne m'est plus agréable. »
Il apportait la même attention aux approvisionnements, qui, successivement placés dans des lieux de dépôt ou suivant les mouvements de l'armée, en assuraient la subsistance. Le service des hôpitaux et des ambulances était pour lui l'objet d'tme sollicitude incessante; l'état des places fortes, des arsenaux, lui était toujours présent ; en un mot, son regard se portait sur tout, pénétrait tout, et cette vigilance, qui de l'ensemble descendait aux moindres détails, embrassait son immense empire.
Dans les préparatifs de la guerre contre la Prusse, on le vit redoubler, s'il était possible^ de soins et de prévoyance. L'armée prussienne était encore entourée pour lui du prestige de la gloire et du génie de Frédéric. Il s'en faisait une haute idée ; aussi disait-il à ses généraux : fl Ce ne sera pas comme à Ulm ; nous aurons de la terre à remuer; » et dans cette prévision, chaque corps d'armée était muni de pelles, de
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68 TBADITIONS ET SOUVENIRS.
pioches, et il avait attaché à chacun d'eux trois officiers du génie.
Tout était donc prêt du côté de Napoléon. Il tenait concentrés dans ses mains 1 80,000 hommes, qui n'attendaient que le signal. Ce fut la Prusse qui se chargea de le donner, et le 7 arriva à Bamberg l'ultimatum que M. de Knobelsdorf venait de remettre à M. de TiiUeyrand. 11 était accompagné d'une longue lettre du roi et se résumait ainsi: a On sommait Napoléon d'évacuer immédiatement l'Allemagne, et sa réponse à l'ultimatum devait être envoyée avant le 8 au quartier général prussien. » Sommation hautaine, contraire à tous les usages des puissances entre elles et qui semblait être un défi jeté à Napoléon; aussi dit-il à Berthier : a On nous donne un rendez-vous, nous n'y manquerons pas. » Puis, s' adressant à son armée dans ce langage qui va remuer au fond des âmes tout ce qu'il y a d'instincts patriotiques, d'orgueil militaire, d'amour de la gloire, il leur disait :
« Soldats , l'ordre pour votre rentrée en France était parti ; vous vous en étiez déjà rapprochés de plusieurs marches. Des fêtes triom-
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