‹ Traditions et souvenirsChapitre 33 sur 160 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

phales vous attendaient, et les préparatifs pour vous recevoir étaient commencés dans la capitale.

a Mais, lorsque nous nous abandonnions à cette trop con6ante sécurité, de nouvelles trames s'ourdissaient sous le masque de l'amitié et de l'alliance. Des cris de guerre se sont fait entendre à Berlin. Depuis deux mois, nous sommes provoqués tous les jours davantage.

K La même faction, le même esprit de vertige qui, à la faveur de nos dissensions intestines, conduisit, il y a quatorze ans, les Prussiens au milieu des plaines de la Champagne, domine dans leurs conseils. Si ce n*est plus Paris qu'ils veulent brûler et renverser jusque dans ses fon- - déments, c'est aujourd'hui leur drapteau qu'ils se vantent de planter dans les capitales de nos alliés; c'est la Saxe qu'ils veulent obliger à renoncer, par une transaction honteuse, à son indépendance, en la rangeant au nombre de leurs provinces ; c'est enfin vos lauriers qu'ils veulent arracher de votre front. Ils veulent que nous évacuions l'Allemagne à l'aspect de leurs armesj Les insensés! Qu'ils sachent donc qu'il serait

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mille fois plus facile de détruire la grande capitale que de flétrir l'honneur des enfants du grand peuple et de ses alliés ! Leurs projets furent confondus alors; ils trouvèrent dans les plaines de la Champagne la défaite, la mort et la honte. Mais les leçons de l'expérience s'effacent, et il est des hommes chez lesquels le sentiment de la haine -et de la jalousie ne meurt jamais.

« Soldats, il n'est aucun de tous qui veuille retourner en France par un autre chemin que par celui de l'honneur. Nous ne devons y rentrer que sous des arcs de triomphe.

ce Eh quoi ! aurions-nous donc biavé les saisons, les mers, les déserts, vaincu l'Europe plusieurs fois coalisée contre nous, porté notre gloire de l'Orient à l'Occident, pour retourner aujourd'hui dans notre patrie comme des transfuges, après avoir abandonné nos alliés, et pour entendre dire que l'aigle française a fui épouvantée à l'aspect des armées prussiennes!

« Mais déjà ils sont arrivés sur nos avantpostes. Marchons donc, puisque la modération n'a pu les faire sortir de cette étonnante ivresse.

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