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CHAPITRE XXIII

c'était d'asservir la Prusse à son alliance en la brouillant avec l'Angleterre et la Russie, ce qu'il fît en lui imposant un traité par lequel il lui cédait le Hanorvre. En échange du Hanovre, le roi de Prusse devait abandonner quelques lambeaux du territoire d'Anspach, la principauté de Neufchâtel et le duché de Glèves.

Le dilemme était posé : Haugwitz avait à choisir immédiatement entre une guerre qui pouvait entraîner la ruine de son pays et une convention qui donnait à la Prusse un territoire toujours convoité, un notable accroissement de. force, une ligne de défense qui lui manquait et lui assurait enfin le cours de l'Elbe et le commerce du nord de rAUemagiie. Haugwilz signa la convention le i5 décembre : c'était le jour même où , d'après la convention de Potsdam , la Prusse devait commencer les hostilités.

Il y eut bien à Berlin quelques scrupules : on avait des engagements avec l'Angleterre relativement an Hanovre ; mais enfin, après une assez longue hésitation, l'intérêt ou plutôt la nécessité l'emporta el le traité fut ratifié, sauf quelques modifications pour lesquelles Haugwitz fut ên-

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(i TRADITIONS ET SOUVENIRS.

voyé à Paris et dont nous reparlerons plus tard.

Tandis que Napoléon grandissait ainsi la Prusse pour la séparer de la coalition et la mieux dominer, sa main s'appesantissait sur les Bourbons de Naples. De par la toute-puissance de l'épée d'Austerlitz , il déclarait que la dynastie de Naples avait cessé de régner : < son existence, disait-il, est incompatible avec le repos de l'Europe et l'honneur de ma couronne. » En même temps ; une armée française commandée par Gouvion Saint-Cyr s'avançait à marches forcées pour exécuter cet arrêt. L'expiation qu'il imposait était singulièrement sévère; mais, il faut le dire, la mauvaise foi avait été insigne. Au commencement de la guerre, Napoléon avait reconnu la neutralité de Naples; le roi s'était engagé à repousser par la force toute atteinte portée à cette neutralité; mais bientôt, à la vue de la coalition puissante qui se formait contre la France, les têtes s'égarèrent, la reine, l'ardente Marie- Caroline, crut que la dernière heure de la puissance de Napoléon avait sonné : les traités étaient-ils sacrés à l'égard d'un tel homme?

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